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Le policier Daniel Montsion reconnu non coupable

L'agent Daniel Montsion à l'extérieur du palais de justice d'Ottawa.

L'agent Daniel Montsion a été reconnu non coupable mardi de l'homicide involontaire d'Abdirahman Abdi. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Judy Trinh

L'agent de la police d'Ottawa Daniel Montsion a été reconnu non coupable des trois chefs d'accusations qui pesaient contre lui à la suite à la mort d’Abdirahman Abdi. C'est la décision qu'a rendue le juge Robert Kelly mardi.

Daniel Montsion faisait face à trois chefs d'accusation à la suite d'une intervention musclée survenue le 24 juillet 2016.

Il était accusé d'homicide involontaire, de voie de faits graves et d’agression armée. Il a été blanchi des trois chefs d'accusation.

Il avait plaidé non coupable des trois chefs d'accusation pesant sur lui.

Deux hommes masqués devant les micros des journalistes.

Les avocats de l'agent Daniel Montsion, Solomon Friedman, à gauche, et Michael Edelson

Photo : Radio-Canada / Lorian Bélanger

De toute évidence, il [M. Montsion] se sent vraiment soulagé après quatre ans de litige et il a hâte de retourner au travail.

Michael Edelson, avocat de la défense

En point de presse après le jugement, les deux avocats de M. Montsion se sont adressés aux journalistes. C'était un procès avec beaucoup de complexité, mais qui évoluait autour d'enjeux légaux de base, a dit Me Solomon Friedman. Nous avons tenté de le présenter de la sorte au juge et nous pensons que le verdict est bien lié à notre interprétation.

Abdirahman Abdi, un Canadien d'origine somalienne âgé de 37 ans, est mort à la suite d’une arrestation à laquelle Daniel Montsion a participé le 24 juillet 2016.

La Couronne soutenait que des coups de poing injustifiés infligés par l’agent Montsion à la tête de la victime avaient mené à sa mort.

La poursuite n'a pas su convaincre le juge Robert Kelly, hors de tout doute raisonnable, que la force utilisée par l'agent Montsion était injustifiée dans les circonstances.

Portant un masque chirurgical, le juge Kelly a lu un résumé de sa décision. Le document entier, qui a été communiqué aux médias, fait 112 pages. Le procès était diffusé par vidéoconférence. Dans la salle d'audience se trouvaient deux journalistes, les avocats de la Couronne et de la défense, la conjointe de M. Montsion et le frère de M. Abdi.

Les événements, qui se sont terminés par la mort tragique de M. Adbi, ont touché tant de personnes dans la communauté de Hintonburg et au-delà, a lu M. Kelly. Le procès de l’agent Montsion fut long et difficile. Ma tâche était d'écouter et de réfléchir avec un esprit ouvert sur toutes les preuves et les soumissions des deux parties. Mon seul devoir était de décider sans passion, sur la base de la preuve admissible et de la loi applicable, si la Couronne s'est acquittée de son fardeau de prouver la culpabilité de M. Montsion sur chaque accusation au-delà de tout doute raisonnable.

En fin de compte, je me retrouve avec un doute raisonnable sur chacun des trois principaux enjeux, a poursuivi le juge.

Je ne suis pas convaincu que la Couronne a prouvé, selon la norme pénale, un acte illégal ou une conduite criminellement négligente pour le chef d'homicide involontaire ou de voies de fait injustifiées. J’ai aussi des doutes raisonnables à savoir si les gestes de M. Montsion ont causé les blessures nasales à M. Abdi et, même si c’était le cas, si ces gestes ont causé sa mort, a-t-il lu avant de prononcer le verdict de non-culpabilité.

L’avocat Lawrence Greenspon, qui représente la famille Abdi dans un litige civil, a pris la parole à la suite du prononcé de la décision. Il a indiqué que la famille est dévastée.

Un homme marche sur le trottoir.

L’avocat Lawrence Greenspon représente la famille Abdi.

Photo : Radio-Canada / Giacomo Panico

Abdirahman Abdi venait d'un pays de guerre civile, il est venu dans ce pays en quête de liberté et de sécurité. Avant le 26 juillet 2016, il n'avait jamais eu une égratignure sur son corps, soutient M. Greenspon.

Cela dit, je dois vous dire que la famille ne s'attendait pas à ce que le système criminel soit le moyen de résoudre les problèmes systémiques, y compris les défis d’intervenir auprès de personnes qui ont des problèmes de santé mentale. La famille ne s'attendait pas à ce que le système de justice criminelle soit le moyen d'influencer le changement. Malgré le verdict, il existe encore un besoin très réel de changement significatif. Un seul, c’est de trop, a exprimé l'avocat.

Le jugement est rendu une vingtaine de mois après l’ouverture du procès, fort médiatisé, en février 2019.

Une conférence de presse du groupe Justice for Abdirahman Abdi est prévue pour 16 h 30 afin de réagir à cette décision. 

Avec les informations de Laurie Trudel

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