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Les infrastructures scolaires, un dossier trop politisé au Nouveau-Brunswick

Kim Adair-MacPherson.

La vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick, Kim Adair-MacPherson, présente le premier volume de son rapport de 2020.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Radio-Canada

Le Nouveau-Brunswick doit mieux planifier la construction et l’entretien des écoles, selon la vérificatrice générale, Kim Adair-MacPherson, qui présente mardi le premier volume de son rapport de 2020.

Elle souligne dans le chapitre consacré aux écoles que le ministère de l’Éducation et les districts scolaires font des efforts considérables pour préparer chaque année un budget d’immobilisations et malgré tout les décisions du Cabinet sur le financement ne sont pas toujours objectives ou fondées sur des données probantes.

Dans plusieurs cas, le ministère n’a pas suivi son outil et son processus d’évaluation des projets et dans d’autres, le Cabinet a approuvé le financement de projets qui différaient de ceux avancés par le ministère, affirme Mme Adair-MacPherson, citée dans un communiqué de son bureau.

Elle donne comme exemples dans son rapport les projets d’écoles à Moncton et à Hanwell.

Le Nouveau-Brunswick doit aussi améliorer sa planification de l’entretien des écoles vieillissantes. Selon la vérificatrice générale, si la province ne change pas ses processus actuels elle devra probablement réduire les normes de qualité des écoles ou même fermer certaines d’entre elles.

Le plus préoccupant est le fait que le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance n’a pas de plan précis pour l’infrastructure scolaire vieillissante, pas même de stratégie globale pour régler les importants problèmes liés à l’entretien différé, qui nécessite 282,7 millions de dollars, souligne Kim Adair-MacPherson.

L’école Hanwell

Kim Adair-Macpherson estime, en particulier, que la décision controversée de bâtir une école à Hanwell, dans la circonscription du ministre de l'Éducation, n'était pas objective.

Dès son arrivée au pouvoir en 2018, le gouvernement Higgs a annulé plusieurs projets de rénovation d'écoles en cours. Fredericton a plutôt donné la priorité à la construction d'une toute nouvelle école à Hanwell.

Sur l'échelle des priorités, cette école est passée de la 43e place à la 3e, explique Kim Adair-Macpherson.

Au premier rang, en 2019-2020, il y avait la rénovation à l'école secondaire Mathieu-Martin de Dieppe. Au 2e rang, on retrouvait des travaux de rénovation à l'école Amirault de Dieppe.

Une file d'attente devant l'école Amirault alors que le soleil se lève.

Des élèves attendent avant d'entrer à l'école Amirault de Dieppe, en septembre 2020.

Photo : Radio-Canada / Louis-Philippe LeBlanc

Aucun de ces deux projets n'a toutefois été approuvé. Seule la construction de l'école de Hanwell, pourtant au 3e rang, a été approuvée.

La vérificatrice générale se demande si la construction de cette école était le besoin le plus pressant, puisqu'aucune preuve n'indique que c'était le cas.

Chaque dollar dépensé devrait répondre aux besoins les plus grands, et ils devraient être dépensés en se basant sur des preuves, affirme Kim Adair-Macpherson.

Interférence politique ou non

À peine deux ans après avoir été annoncée par le gouvernement Higgs, la construction de l’école Hanwell va bon train.

Elle est située dans la circonscription du ministre de l’Éducation, Dominic Cardy, qui aujourd’hui nie fermement toute forme d’ingérence politique dans ce dossier et indique n’avoir jamais eu la chance de discuter avec la vérificatrice générale.

Selon ce dernier, ce n’était pas lui, mais bien le ministère qui a fait une analyse des projets et décidé que Hanwell était en premier rang. Il y avait jamais d’influence politique dans aucune de mes décisions, et à l’envers, j’ai essayé d’aller encore plus loin pour m’enlever de toutes ces décisions, se défend Dominic Cardy.

Le ministre de l'Éducation, Dominic Cardy, le 12 octobre 2020.

Le ministre de l'Éducation, Dominic Cardy, le 12 octobre 2020.

Photo : Radio-Canada

Selon lui, les accusations du rapport sont complètement hors de fondement. Il ajoute avoir combattu toute sa vie contre l’interférence politique.

Or, selon le Parti vert, l'interférence politique existe depuis longtemps.

Les gouvernements successifs ont faire des décisions sans l'évidence, sans cause, beaucoup de temps, affirme le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon.

En ce qui concerne ce gouvernement Higgs que les décisions relatives au financement du budget capital sont soumises à des décisions politiques, indique Rob McKey, député libéral de Moncton-Centre.

Kim Adair-Macpherson déplore aussi le manque de plan à long terme en ce qui concerne la rénovation des écoles.

Au total, 60 % des écoles ont plus de 40 ans, et nécessiteront des travaux de plusieurs centaines de millions de dollars.

Recommandations de la vérificatrice générale en immobilisations scolaires

  • Améliorer davantage l’outil et le processus d’évaluation
  • Produire un rapport public annuel
  • Appliquer un processus budgétaire à long terme qui intègre les meilleures pratiques de gestion du cycle de vie des biens
  • Améliorer la base de données

Elle estime aussi que la province manque de données sur l’état de ses écoles. Il n’y a pas d’approche cohérente pour guider les districts scolaires en la matière, dit-elle. Il est donc difficile de faire des comparaisons pour faire une planification et établir les priorités.

J’estime qu’en tant que propriétaire des biens, le ministère devrait exercer son rôle de manière plus proactive et selon un plan global pour s’assurer que l’affectation des fonds du budget d’immobilisations est optimale, ajoute Kim Adair-MacPherson.

La vérificatrice générale juge décevante la réponse du ministère aux 14 recommandations présentées à ce sujet dans son rapport. Elle se dit loin d’être convaincue que les améliorations recommandées seront mises en œuvre.

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