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De la Syrie à Gatineau : le long parcours d'une famille de réfugiés, cinq ans plus tard

Portrait de la famille sur un divan.

La famille Al Hassan a fui la guerre en Syrie et est arrivée à Gatineau il y a cinq ans.

Photo : Gracieuseté : famille Al Hassan

Stéphane Leclerc

Arrivée en Outaouais en plein mois de février 2016, la famille Al Hassan n'avait presque rien. Ni une idée claire de l’hiver ni un seul mot de français. Ses membres ont toutefois découvert une nouvelle culture et, surtout, une grande famille d'adoption qui les accompagne encore aujourd'hui, bon gré, mal gré.

Tawassif et Yaser Al Hassan ont fui la guerre en Syrie et quitté leur village rural pour se réfugier au Liban, le pays voisin. Une situation plus sécuritaire, mais loin d'être idéale. Il était très difficile de trouver du travail, et leurs quatre enfants n'avaient pas vraiment accès à l'éducation.

Finalement, le Canada a ouvert ses portes aux réfugiés syriens vers la fin de 2015. Parmi les 25 000 ressortissants de ce pays, la famille Al Hassan a fait le saut. À son arrivée, le 11 février 2016, elle a vécu le premier d'une série de chocs.

C'est beaucoup de choses différentes. Il y a la neige. Il y a d'autres langues, l'anglais et le français. Chez nous, il y a juste l'arabe. Aller à l'hôpital, à l'école, c'est tout gratuit. Chez nous, ce n'est pas comme ça.

Tawassif Al Hassan

La famille d'accueil à Gatineau

Le gouvernement canadien a parrainé près de la moitié des familles syriennes venues ici. Les autres ont été accueillies par des organisations religieuses ou communautaires et par des groupes de citoyens.

Lorsque la famille Al Hassan est arrivée ici, elle a eu tout un comité d'accueil. Sami Bibi et une dizaine d'amis regroupés sous le nom Plateau uni pour les réfugiés travaillaient déjà depuis des semaines pour accumuler de l'argent. Avec le soutien de l'Église chrétienne du Plateau et l'encadrement d'Accueil parrainage Outaouais, ils ont préparé un logement pour la famille.

Donc, avant leur arrivée, nous étions dans l'appartement. Nous l'avons nettoyé, nous avons installé les meubles et tout. À leur arrivée, l'appartement était prêt.

Sami Bibi, parrain de la famille Al Hassan

Un engagement soutenu

Tawassif Al Hassan parle de ses parrains comme d'une famille élargie.

Une grande famille, une belle famille, dit-elle, qui les a accompagnés, elle, ses enfants et son mari, dans tout le processus d'adaptation à leur société d'accueil. Ces parrains auraient pu se limiter à leur mandat initial, qui était d'accumuler de l'argent, soit 15 000 $, pour donner un revenu d'appoint à la famille pendant un an. Leur engagement se poursuit cependant jusqu'à maintenant.

Portrait du couple devant un arbre aux feuilles jaunes.

Yaser et Tawassif Al Hassan considèrent leurs parrains comme une famille élargie.

Photo : Gracieuseté : famille Al Hassan

Sami Bibi, un Canadien d'origine tunisienne, explique que le parcours des immigrants est généralement parsemé de défis. Même pour ceux qui ont un niveau d'éducation supérieur. Cependant, pour certains réfugiés, comme les membres de la famille Al Hassan, c'est encore plus difficile.

C'est vraiment deux fois rien, mille fois rien pour moi par rapport aux défis de quelqu'un qui est originaire d'un milieu rural, qui ne parle pas la langue, explique Sami Bibi. L'usage d'un micro-ondes, d'une cuisinière, du chauffage : on mesure à quel point certaines choses nous sont vraiment acquises, alors que, pour eux, ce sont vraiment des défis, ajoute le parrain de la famille Al Hassan.

Mais surtout, surtout, surtout la langue. On ne peut rien faire sans la langue.

Sami Bibi, parrain de la famille Al Hassan

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