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La diversification économique d'Asbestos est bien enclenchée

Un ouvrier travaille en usine.

Le fonds de diversification économique de la MRC des Sources a permis d’investir 48 millions de dollars dans 65 entreprises.

Photo : Radio-Canada

Marie-Claude Morin

En se donnant un nouveau nom, la ville d'Asbestos espère se dissocier de l'amiante et refléter ce qu'elle est et ce qu'elle veut devenir. Depuis une dizaine d'années déjà, la communauté d'environ 7000 habitants travaille activement à diversifier son économie. Et les efforts commencent à porter fruit.

Après plus de 100 ans d'exploitation minière, Asbestos s'est retrouvée avec un vide à combler, dans tous les sens du terme, quand la mine d'amiante Jeffrey, qui employait 800 travailleurs, a fermé définitivement ses portes en 2012.

Il fallait trouver d'autres employeurs... et vite! Le gouvernement Marois, alors au pouvoir, a octroyé 50 millions de dollars à la MRC des Sources pour diversifier l'économie du coin.

Le plus compliqué a été de se donner une vision unanime au niveau de la Ville, mais aussi au niveau de la MRC. On ne voulait pas être en compétition avec nos voisines, mais plutôt travailler en partenariat, explique Hugues Grimard, maire d'Asbestos depuis plus de 10 ans.

Après des consultations, les élus ont ciblé six créneaux d'avenir. Le premier s'est présenté naturellement : valoriser les montagnes de résidus miniers, qui contiennent jusqu'à 25 % de magnésium.

Alliance Magnésium est en train de construire une première usine de 150 millions de dollars qui emploiera une centaine de personnes et elle prévoit faire travailler de 250 à 300 personnes quand elle sera construite.

Hugues Grimard debout dans son bureau.

Hugues Grimard, maire d'Asbestos.

Photo : Radio-Canada

La Ville mise aussi le bioalimentaire. Canards du Lac-Brome, par exemple, s'est installé dans la municipalité, de même que la Fromagerie L'Oiseau Bleu, spécialisée dans les fromages latinos.

Mais le créneau qui retient le plus l'attention est celui touchant le développement de matériaux écologiques. Un centre d'innovation a été mis sur pied pour permettre aux entreprises de tester leurs innovations, un peu comme une usine pilote.

Un développement vert

M. Provencher répond aux questions de la journaliste Marie-Claude Morin.

Michel Provencher est directeur général de Nature Fibres.

Photo : Radio-Canada

Nature Fibres représente bien ce que tente d'attirer Asbestos. L'entreprise fabrique des panneaux isolants pour la construction et, depuis six mois, des isolants pour les boîtes d'aliments et de produits pharmaceutiques.

C'est la seule solution écologique qui existe présentement, explique Michel Provencher, directeur général de Nature Fibres. C'est 100 % naturel, compostable, biodégradable. La demande est énorme.

Grâce à ses deux marchés, Nature Fibres compte quintupler son chiffre d'affaires d'ici deux ans à 10 millions de dollars et passer de sept employés à une vingtaine.

D'ici un an ou deux, on devrait avoir une deuxième usine. Une usine pour la conservation du froid et une autre pour les matériaux de construction.

Michel Provencher, directeur général de Nature Fibres

Faciliter l'implantation le plus possible

Martin Lafleur sur le bord d'une route devant des entreprises.

Martin Lafleur est le directeur de la Corporation de développement socioéconomique d'Asbestos.

Photo : Radio-Canada

Martin Lafleur, le directeur de la Corporation de développement socioéconomique, parle fièrement du parc industriel d'Asbestos.

Cette nouvelle rue ne comptait aucune entreprise, dit-il en pointant la rue de l'Ardoise. Tout ce que vous voyez actuellement, ce sont des entreprises qui ont été bâties au cours des cinq dernières années.

Asbestos a construit une quinzaine d'usines dans son parc industriel. Des bâtiments dessinés sur mesure, selon les besoins des entreprises qui veulent s'y installer. Ces dernières peuvent les louer, puis les racheter pendant cinq ans en récupérant la portion de capital qu'elles ont payée.

On n'est pas des vendeurs de terrains, on est des vendeurs de sites d'accueil, précise Martin Lafleur. On accueille les gens avec une approche globale. On leur bâtit une usine selon leurs besoins. On trouve des emplois aux autres membres de la famille. On aide au recrutement de la main-d’œuvre. Bref, on leur offre tout ce dont ils ont besoin pour s'établir dans notre région.

Des entreprises en croissance

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Jimmy Vigneault dans son usine devant de la machinerie.

Asbestos... Val-des-Sources se diversifie !

Photo : Radio-Canada

L'approche a séduit Jimmy Vigneault, propriétaire de Métal Pless, un fabricant de lames pour chasse-neige de Plessisville. Ses employés à Asbestos devraient passer de 45 (sur un total de 275) à une centaine d'ici trois à cinq ans.

L'entrepreneur a acheté il y a deux ans Concept Promet, un sous-traitant spécialisé dans la peinture en poudre. Puis, il a construit tout près une usine d'assemblage. Et de fil en aiguille, il a acheté un terrain de plus d'un million de pieds carrés.

Il compte y construire dès l'an prochain une plus grande usine pour regrouper ses activités locales, prendre de l'expansion et entreposer des milliers de lames prêtes à l'expédition.

Il y a un instinct de survie qui s'est installé à Asbestos comparativement à des villes mieux nanties. Des fonds incitatifs ont été mis en place avec une volonté particulière d'être plus facilitateurs, d'acquiescer à différentes demandes. Ils sont très proactifs, c'est simple de faire des affaires à Asbestos.

Jimmy Vigneault, propriétaire de Métal Pless, qui compte près de 50 employés à Asbestos

Cap sur l'avenir

Du fonds de diversification économique de la MRC des Sources de 50 millions de dollars, des investissements de 48 millions de dollars ont été autorisés dans 65 entreprises. Ils ont permis – ou vont permettre – la création ou la sauvegarde de 753 emplois.

Le maire Hugues Grimard est conscient qu'il reste du travail à faire pour pallier la disparition des centaines d'emplois de la mine Jeffrey. Mais il est encouragé par l'arrivée de nouvelles entreprises et de jeunes familles.

À quatre heures, c'était vraiment tranquille sur les artères, mais maintenant il y a du trafic, se réjouit M. Grimard. Je suis vraiment fier qu'on ait été capables de faire tourner la roue et d'amener une richesse collective, qui est le développement économique. Même si une entreprise ferme, il y en a d'autres qui vont prendre le relais.

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