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Chute mortelle d'un jeune homme : la communauté veut des réponses du chef Sloly

Anthony Aust a chuté mortellement de l'appartement dans lequel il habitait avec sa famille.

Anthony Aust a chuté mortellement de l'appartement dans lequel il habitait avec sa famille après que des agents de l'unité tactique y ont pénétré.

Photo : Courtoisie : Raymond Aust

Radio-Canada

Directrice générale de Nord-Sud développement racines et cultures Canada, Ketcia Peters souhaite poser de nombreuses questions au chef du Service de police d'Ottawa, Peter Sloly, concernant la chute mortelle d'Anthony Aust, 23 ans, le mercredi 7 octobre dernier, à la suite de l'entrée chez lui de 8 agents de l'unité tactique.

Une vidéo a capté le moment où des policiers lourdement armés ont fait irruption dans un appartement du 12e étage d'un immeuble d'Ottawa. Il est un peu avant 9 h du matin, et la télévision est allumée lorsque le calme relatif de la matinée est violemment interrompu.

La porte d'entrée est ouverte de force avec un bélier, puis un agent crie deux fois Police, ne bougez pas! avant de lancer une grenade assourdissante. Alors que la fumée remplit la pièce, au moins huit agents de l’unité tactique du SPO s'infiltrent dans l'appartement avec leurs fusils semi-automatiques braqués à la recherche de leur suspect.

Dans l'une des chambres, ils ont trouvé un garçon de 12 ans réveillé de son sommeil, mais leur cible n'était pas là, a déclaré la famille. La moustiquaire de la fenêtre à côté du lit superposé avait été ouverte et la police pouvait voir le corps d'Anthony Aust, 23 ans, sur l'herbe 12 étage plus bas.

Le beau-père d'Anthony Aust, Ben Poirier a dit à CBC qu'il était sur le balcon pour boire son café et fumer quand les agents ont défoncé la porte qui, selon M. Poirier, n'était même pas fermée à clé. Il a raconté que des agents l'ont poussé au sol et l'ont menotté, les bras derrière le dos. L'homme de 68 ans a déclaré avoir eu trois AVC et avoir commencé à ressentir des douleurs à la poitrine. Il a dit que les agents ne l'ont pas cru jusqu'à ce qu'ils le voient s'effondrer.

À peu près au même moment, Nhora Aust, 50 ans, essayait frénétiquement de rentrer chez elle. Le bureau de probation de son fils venait de l'appeler pour l'informer que le bracelet de cheville GPS d'Anthony avait déclenché une alarme. Il n'avait pas respecté les conditions de sa mise en liberté sous caution, car il n'était ni dans l'appartement ni avec les personnes qui se sont portées garantes.

Quand Nhora Aust est rentrée chez elle, au 2020 croissant Jasmine, dans le secteur de Gloucester, elle a vu que le stationnement grouillait de policiers et d'ambulanciers. Le corps d'Anthony gisait sous une bâche jaune près de l'entrée latérale de la tour d'habitation. Elle a dit à CBC qu'elle était en état de choc.

Dans mon cœur et mon esprit, il était encore vivant. J'ai besoin de le toucher. Seulement de le toucher. J'ai besoin de l'embrasser, sanglote Mme Aust, en racontant comment elle a supplié la police de la laisser voir son fils aîné.

Anthony avait emménagé dans l'appartement de sa mère en mars. Il a été libéré de prison au début de la pandémie de COVID-19 après avoir obtenu une caution. Il faisait face à 11 chefs d'accusation. Il aurait été pris avec de la drogue et un pistolet lors d'un contrôle routier en janvier.

Sa mise en liberté sous caution Anthony impliquait qu'il ne puisse quitter l'appartement qu'avec sa mère, son père ou son oncle, qui étaient ses garants.

Enquête de l'UES

Le jour même, l’Unité des enquêtes spéciales (UES) de l’Ontario a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances entourant le mort d'Anthony Aust.

Selon son site Internet, l’UES est un organisme civil d’application de la loi qui enquête sur les événements à l’origine de blessures graves, de décès ou d’allégations d’agressions sexuelles et mettant en cause des agents de police.

Questions liées aux procédures

Directrice générale de Nord-Sud développement racines et cultures Canada, Ketcia Peters dit vouloir des réponses du chef du SPO, Peter Sloly.

Nous ne connaissons pas les procédures de l’unité tactique en détail, mais ce qu’on voit c’est qu’il y avait des témoins qui étaient innocents. On a des préoccupations par rapport aux gens innocents qui étaient impliqués dans cette situation, lance-t-elle en entrevue, tout en soulignant que l'équipe tactique a une technologie qui leur permet de savoir qui est derrière les portes.

Une femme noire regarde la caméra. Elle porte un chandail rose.

Ketcia Peters est la directrice générale de l’organisme Nord-Sud développement racines et cultures Canada.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

Elle se demande aussi les raisons qui ont poussé le SPO à avoir recours à cette entrée dynamique, rappelant que ce type d'intervention fait l'objet de recommandations très spécifiques du juge d'Ottawa.

Y a-t-il des données et des statistiques par races par rapport aux fréquences des entrées dynamiques, s'interroge aussi Mme Peters.

Avant de prendre sa retraite, en 2018, Jeff Kilcollins était inspecteur au SPO et a fait partie de l'équipe tactique pendant deux décennies.

Concernant les entrées dynamiques, il explique que la police en mène des centaines par an en Ontario.

Mais la plupart du temps, ce type d'intervention est choisi quand on craint que les suspects tentent de détruire des preuves si la police n'agit pas rapidement et avec surprise.

Avec les informations d'Ismaël Sy et de Judy Trinh

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