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Nouvelle-Écosse : un débat d'urgence entre accusations et appels au dialogue

Justin Trudeau aux Communes.

Justin Trudeau s'est défendu des accusations d'immobilisme lancées par le chef conservateur (archives).

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

De l'appel au dialogue aux accusations d'immobilisme : le Parti libéral a été la cible de tirs groupés aux Communes, lundi soir, dans le cadre d'un débat d'urgence sur les tensions en Nouvelle-Écosse entre pêcheurs commerciaux et Autochtones micmacs.

Le gouvernement a eu cinq ans pour régler le dossier; cinq ans d'inaction. Et pendant quatre de ces années, tous les députés des provinces atlantiques étaient libéraux, a lancé le chef conservateur Erin O'Toole, dans le cadre d'une attaque en règle contre les troupes libérales.

De son côté, le premier ministre Justin Trudeau a de nouveau condamné les actes de violence envers les pêcheurs micmacs de Nouvelle-Écosse, dont l'un des bâtiments a notamment été incendié, dans la foulée d'une série d'actes de violence et d'intimidation contre la population autochtone de la région.

Nous condamnons fermement les actes de violence contre les Micmacs; il n’y a pas de place pour le racisme au Canada. Nous allons continuer de travailler avec la Nouvelle-Écosse et la GRC pour s’assurer que tous soient en sécurité, a-t-il déclaré.

Comme l'a d'ailleurs rappelé le premier ministre, le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a accepté il y a quelques jours une demande de mobilisation d'effectifs policiers supplémentaires pour assurer la sécurité.

M. Trudeau a aussi souligné que le vrai travail de réconciliation doit inclure tous les paliers de gouvernement et tous les Canadiens.

Il ne faut pas simplement reconnaître les traités, mais mettre en œuvre leur intention et leur esprit. Je sais que c'est difficile, mais c'est une obligation.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Cela n'a pas suffi, aux yeux de M. O'Toole, qui a martelé, à plusieurs reprises, qu'il y a peu de leadership au sein de ce gouvernement.

Pour le chef de l'opposition, le gouvernement espère que les problèmes se régleront d'eux-mêmes; le conflit ne va pas disparaître, a-t-il indiqué.

M. O'Toole presse ainsi les libéraux d'avoir les deux communautés autour d'une table. Trouver un compromis fait partie de nos valeurs canadiennes, a-t-il ajouté.

Aux yeux du Nouveau Parti démocratique et du Bloc québécois, cependant, les conservateurs sont tout autant à blâmer que les libéraux dans ce dossier.

Cela fait 21 ans que la Cour suprême a confirmé le droit des Micmacs à effectuer une pêche de subsistance convenable, a souligné le député néo-démocrate Gord Johns. Sans que le dossier ne soit réglé, a déploré le représentant de la circonscription de Courtenay-Alberni, en Colombie-Britannique.

M. Johns a d'ailleurs repris la déclaration de son chef, Jagmeet Singh, qui avait évoqué un acte de « terrorisme » lorsque le bâtiment a été incendié, la fin de semaine dernière – une déclaration que M. Singh a répétée à plusieurs reprises, lundi soir.

Il y a des actes de terrorisme domestique contre les Micmacs, qui ne faisaient que faire respecter leurs droits ancestraux, a affirmé M. Johns.

Pour les Canadiens, [les actes de violence en Nouvelle-Écosse], c'est horrible à regarder; on attend que le gouvernement fasse appliquer les lois, a-t-il ajouté.

Même son de cloche du côté du Bloc québécois, qui a attaqué autant les conservateurs que les libéraux sur ce dossier, soit les deux partis qui se partagent le pouvoir depuis le jugement rendu il y a 21 ans sur les droits des pêcheurs micmacs.

Une définition à établir

Au cœur du débat, juge la bloquiste Marilène Gill, on trouve la définition, ou plutôt l'absence de définition de l'expression « subsistance convenable », autour de laquelle s'articule la décision de la Cour suprême.

En Nouvelle-Écosse, tant les non-Autochtones que les Autochtones veulent des réponses, a-t-elle poursuivi, en évoquant un « vide conceptuel ».

Au-delà de la notion de subsistance, ont mentionné plusieurs députés, il faut aussi régler la question de la conservation des stocks de homards.

Le chef conservateur, Erin O'Toole, a d'ailleurs affirmé que les pêcheurs commerciaux craignent pour l'état des populations de homards, puisque lorsque la pêche se produit hors-saison, cela peut mettre les stocks en danger.

La ministre de Pêches et Océans Canada, Bernadette Jordan, a elle aussi fait savoir que les discussions entamées par le fédéral tiendront toujours compte de la notion de conservation des espèces.

Nous voulons que les pêcheurs autochtones et les pêcheurs commerciaux pêchent côte à côte, et je crois que c'est faisable.

Bernadette Jordan, ministre de Pêches et Océans Canada

La députée néo-démocrate Leah Gazan a toutefois déclaré qu'il n'y avait pas d'équivalence entre les casiers installés par les Micmacs et ceux que les pêcheurs commerciaux utilisent : Pour l'instant, dit-elle, les Micmacs ont moins de 0,5 % des casiers dans la région.

De fait, les membres de la Première Nation Sipekne'katik utilisent présentement 750 casiers à homard, contre 391 200 pour les pêcheurs commerciaux, en saison, dans la zone de pêche faisant l'objet du conflit.

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