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Le cri du coeur du chorégraphe Harold Rhéaume

Le chorégraphe Harold Rhéaume s'inquiète pour l'avenir du milieu de la danse à Québec. Homme à lunettes, habillé en noir.

Le chorégraphe Harold Rhéaume s'inquiète pour l'avenir du milieu de la danse à Québec.

Photo : Daniel Richard

Le chorégraphe Harold Rhéaume célèbre cette année les 20 ans de sa compagnie, Le fils d'Adrien danse. Rencontre avec un homme de coeur, qui s'inquiète pour le milieu de la danse.

Harold Rhéaume est fier du chemin parcouru en deux décennies : Je pense que d'avoir construit une compagnie de danse contemporaine à Québec et d'avoir aussi contribué à l'essor d'un milieu, ce n'est pas rien, avance l'artiste.

Il y a 20 ans, le milieu de la danse se résumait à quelques danseurs. Il n'y avait qu'une compagnie, se rappelle-t-il. Elle s'appelait Danse partout.

Depuis, celle-ci est devenue un groupe consacré à la promotion de la danse, qui réunit La Rotonde, la Maison pour la danse et l'École de danse de Québec. Au fil du temps, la communauté des danseurs à Québec s'est étoffée. Tant et si bien qu'aujourd'hui, c'est une cinquantaine d'interprètes qui vivent leur art dans la capitale.

20 ans déjà !

Les célébrations du 20e anniversaire de la compagnie de Harold Rhéaume devaient se déployer en de nombreuses activités, notamment des festivals et des représentations, le point d'orgue étant le spectacle Les dix commandements 2020, une chorégraphie créée en 1998 et revisitée 20 ans plus tard. Malheureusement, la pandémie est venue bouleverser les plans.

«Les dix commandements» en répétition

«Les dix commandements» en répétition

Photo : Radio-Canada / @Facebook / Le fils d'Adrien danse / D LT

L'arrêt forcée imposé à la culture depuis mars dernier a demandé énormément d'imagination aux acteurs du milieu culturel.

J'ai transformé le projet que je viens de réaliser, je ne sais plus de combien de façons.

Harold Rhéaume, chorégraphe, au sujet de son spectacle « Les dix commandements 2020 »

Le spectacle-événement qui devait être présenté du 21 au 23 octobre au Diamant est finalement devenu une performance filmée qui devrait être offerte en ligne d'ici quelques semaines.

Un milieu fragilisé

C'est tout le milieu de la danse qui est fragilisé depuis le 12 mars dernier et Harold Rhéaume est parfois tenté d'abandonner quand il voit de nombreux interprètes réorienter leur carrière.

Ça m'attriste énormément de voir des interprètes rediriger leur carrière, confie le chorégraphe.

Il y a énormément d'expertise qui se perd depuis les sept derniers mois et ça, c'est d'une tristesse sans nom pour un milieu comme le milieu de la danse, qui se bâtit pierre par pierre.

Harold Rhéaume, chorégraphe

Selon lui, on ne parle pas assez des impacts à long terme de la pandémie sur le milieu de la culture.

Ç'a créé un bouchon au niveau des salles de spectacle comme ça n'a pas de bon sens, affirme celui qui est aussi le codirecteur général du Fils d'Adrien danse. Parce que là, imaginez tous les reports de spectacle, toutes les nouvelles créations qui continuent d'arriver sur le marché. Ça n'a juste pas de bon sens. Les gens ne vont pas tous pouvoir remonter sur scène en même temps.

Dans quel état sera la culture quand la vie reprendra son cours normal?, s'interroge le fondateur du Fils d'Adrien danse.

Harold Rhéaume poursuit pourtant avec acharnement ses activités et projets. Pourquoi?

La réponse fuse instantanément : Je pense à ces interprètes qui ont dédié leur vie à cet art-là. C'est ce qui me motive à me lever chaque matin et je pense que c'est pareil pour mon équipe. J'essaie de préserver le travail qu'on leur a promis, conclut le chorégraphe.

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