•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Donald Trump prêt à retirer le Soudan de la liste noire américaine

Donald Trump parle avec l'index levé.

Donald Trump met de la pression pour que Khartoum normalise ses relations avec Israël avant l'élection présidentielle.

Photo : Associated Press / Alex Brandon

Agence France-Presse

Donald Trump a ouvert la voie lundi au retrait du Soudan de la liste noire américaine des États soutenant le terrorisme, un tournant aussitôt salué par Khartoum qui réclamait la levée de cette lourde sanction en vigueur depuis près de 30 ans.

Excellente nouvelle! Le nouveau gouvernement du Soudan, qui fait de vrais progrès, a accepté de payer 335 millions de dollars aux victimes américaines du terrorisme et à leurs familles. Une fois qu'ils auront été versés, je retirerai le Soudan de la liste des États soutenant le terrorisme, a tweeté le président des États-Unis, sans préciser de calendrier.

Merci beaucoup président Trump!, a aussitôt répondu sur Twitter le premier ministre soudanais Abdallah Hamdok. Nous sommes sur le point de nous débarrasser de l'héritage le plus lourd du régime défunt, a dit celui qui dirige un gouvernement de transition depuis la chute de l'autocrate Omar El-Béchir, en 2019.

L'Union européenne s'est aussi réjouie d'une décision capitale qui renforce l'intégration du Soudan dans la communauté internationale et son accès à l'économie mondiale.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait évoqué en septembre un projet d'accord prévoyant le versement sur un compte bloqué de ces indemnités soudanaises, pour les familles des victimes des attentats perpétrés en 1998 par la nébuleuse djihadiste Al-Qaïda contre les ambassades des États-Unis au Kenya et en Tanzanie, qui avaient fait plus de 200 morts.

Le Soudan, jadis paria de la communauté internationale pour avoir accueilli le chef d'Al-Qaïda Oussama ben Laden dans les années 1990, a été condamné à verser de telles indemnisations par la justice américaine.

Le secrétaire d'État Mike Pompeo.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

Photo : Associated Press / Jeff Chiu

D'après l'accord, ces fonds ne seront toutefois transférés aux plaignants qu'une fois que le Soudan aura été retiré de la liste noire. Mike Pompeo avait dit le mois dernier que cela interviendrait très probablement avant la fin octobre.

Nous exhortons le Congrès à adopter immédiatement la loi nécessaire pour mettre en œuvre l'accord.

Edith Bartley, porte-parole des familles des Américains tués à l'ambassade de Nairobi

Cet accord ne peut pas être victime des blocages et querelles des élus, a-t-elle estimé, alors qu'une poignée d'influents sénateurs démocrates ont jusqu'ici exprimé leurs réserves.

Relations avec Israël

Parallèlement, Washington a multiplié les pressions pour que Khartoum normalise ses relations avec Israël avant l'élection présidentielle américaine du 3 novembre, comme l'ont fait ces dernières semaines les Émirats arabes unis et Bahreïn.

L'administration Trump, sans nier cette demande insistante, assure qu'aucun lien direct n'existe avec la levée des sanctions, mais plusieurs observateurs et médias ont rapporté le contraire. Lundi, ni la Maison-Blanche ni Khartoum n'ont évoqué un éventuel accord israélo-soudanais.

Malgré des négociations bien avancées, Abdallah Hamdok avait accusé le 11 octobre les États-Unis de mettre en danger la démocratisation de son pays, semblant ainsi s'agacer d'un revirement ou d'un retard américain.

Abdallah Hamdok parle dans un micro.

Le premier ministre soudanais Abdallah Hamdok.

Photo : Reuters / MOHAMED NURELDIN ABDALLAH

Khartoum assure en effet depuis le mois dernier avoir réuni le montant des indemnités. Le Soudan est depuis 1993 sur cette liste noire américaine, synonyme d'entrave aux investissements pour ce pays pauvre.

Washington a renoué avec Khartoum déjà sous l'ex-président démocrate Barack Obama, lorsque Omar El-Béchir a commencé à coopérer dans la lutte antiterroriste et joué le jeu de la paix au Sud-Soudan. La révolution qui a balayé Omar El-Béchir n'a fait qu'accélérer le mouvement.

Les États-Unis ont une fenêtre unique et étroite pour soutenir le gouvernement de transition dirigé par un civil au Soudan, qui s'est enfin débarrassé de la dictature islamiste, avait écrit Mike Pompeo dans une lettre à des sénateurs, en septembre.

Difficiles négociations

Les négociations semblent avoir été compliquées, plus récemment, par le dossier israélien.

Abdallah Hamdok avait douché les espoirs américains, en affirmant, lors d'une visite de Mike Pompeo à Khartoum fin août, qu'il n'avait pas de mandat pour trancher cette question sensible.

Les tractations se sont néanmoins poursuivies en coulisses avec des positions peut-être moins figées, et de possibles divisions sur ce sujet épineux entre les civils et les militaires.

Le général Abdel Fattah al-Burhane, chef du Conseil souverain au Soudan, avait en effet rencontré en février le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, avant de discuter en septembre avec une délégation américaine du rôle du Soudan dans l'avenir de la paix arabo-israélienne.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !