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Analyse

Les dépenses électorales en disent long sur l’humeur des républicains et des démocrates

Au-delà des sondages, les déplacements et les investissements de Donald Trump et de Joe Biden sont révélateurs de la dynamique de la lutte électorale.

Donald Trump brandit son poing au ciel.

Le président Trump lors d'un événement partisan.

Photo : Reuters / Carlos Barria

4 novembre 2018. Sur le tarmac de l’aéroport de Macon en Georgie, Air Force One, l’avion présidentiel, arrive au loin, sous les applaudissements des partisans du président.

Ce jour-là, tout juste avant les élections de mi-mandat, Donald Trump vient donner un coup de main à un important allié : Brian Kemp, candidat républicain au poste de gouverneur de la Georgie. Le président n’est pas lui-même sur les bulletins de vote, mais il vient mobiliser la base à l’approche d’un scrutin qui s’annonce très serré.

Air Force One est derrière une foule de partisans.

Des partisans républicains participent à un rassemblement où Donald Trump s'est déplacé à Macon en Georgie.

Photo : Reuters / JONATHAN ERNST

Près de deux ans plus tard, Donald Trump monte à nouveau sur une scène installée dans le même aéroport de la petite ville à une heure et demie de route d’Atlanta.

Cette fois-ci, c’est sa propre candidature que Donald Trump vient défendre.

Le choix de l’arrêt peut paraître surprenant. En 2016, Donald Trump a gagné la Georgie par une marge confortable de plus de 5 % sur Hillary Clinton. Une victoire bien plus décisive que celle dans les États-clés du Michigan, du Wisconsin et de la Pennsylvanie, où le président l’a remporté par moins d'un point de pourcentage.

Autre arrêt étonnant dans l’horaire de Donald Trump, la semaine dernière : l’Iowa, où le candidat républicain a obtenu près de 10 % de plus que son adversaire démocrate il y a quatre ans.

Le président, qui multiplie les visites dans les États pivots, assure qu’il est passé à l’offensive. Ces derniers jours, il a visité l’Arizona et même le Nevada, État où son équipe a longtemps entretenu des espoirs de l'emporter sur les démocrates. Donald Trump a même assuré avoir bon espoir de gagner en Californie, où il s’est arrêté pour une activité de financement (Hillary Clinton l’a emporté avec plus de 61 % des voix en 2016).

N’empêche, les arrêts du président à quelques semaines du vote dans certains États où il avait obtenu de bons résultats il y a quatre ans donnent plutôt l’impression d’une stratégie de repli de la part des républicains, qui doivent également protéger des sièges de sénateurs en Iowa et en Georgie.

Des millions en publicité

Autre indication de la dynamique de la course : l’argent investi en publicité… et surtout les endroits choisis pour dépenser ces montants.

Au cours du mois dernier, des médias ont rapporté que la campagne de réélection du président a diminué ses investissements au Michigan et au Wisconsin. Cette semaine, des contrats de publicité ont également été annulés en Ohio et au Minnesota (État que le camp Trump dit vouloir ravir aux démocrates cette année).

Lundi, la campagne Trump, conjointement avec le Parti républicain, a finalement annoncé un nouvel investissement de 55 millions de dollars pour des publicités notamment destinées aux marchés d'Arizona, de Caroline du Nord, de Floride, de Georgie, de Pennsylvanie, du Michigan du Wisconsin.

Joe Biden porte des lunettes de soleil et sourit à une foule qui l'applaudit.

Le candidat à la présidentielle et ancien vice-président américain Joe Biden.

Photo : Getty Images / Drew Angerer

Côté démocrate, où le camp Biden a recueilli un montant record de 383 millions de dollars en septembre, les investissements se concentrent beaucoup en Floride, en Arizona, puis au Michigan, au Wisconsin et en Pennsylvanie.

La campagne Biden montre aussi des signes de sa volonté d’étendre sa carte électorale. Plus tôt ce mois-ci, 6 millions de dollars ont été investis dans le château fort républicain du Texas, une somme que les démocrates n’avaient pas dépensée dans cet État depuis un bon moment.

Le danger de la complaisance

Pour la première fois depuis longtemps, remporter le Texas est possible. Ne le sentez-vous pas?, a demandé la femme de Joe Biden, Jill, lors d’une visite dans le sud de l’État la semaine dernière.

Chez les démocrates, les visées expansionnistes de certains soulèvent des questions. Le parti doit-il saisir son avantage financier et tenter de faire des gains qui n’auraient pas été imaginables il y a quelques mois à peine, ou doit-il se concentrer sur les États qui lui ont échappé il y a quatre ans et qui ont contribué à la victoire de Donald Trump?

Chose certaine, beaucoup de militants ont encore en tête la campagne de 2016. À la toute fin, l’entourage d’Hillary Clinton, en avance dans les sondages, avait dépensé en publicité au Texas et avait investi un million de dollars pour encourager la participation au Missouri et en Indiana.

Le colistier d’Hillary Clinton, Tim Kaine, avait même visité l’Utah, un État qui n’a pourtant voté qu’à une seule reprise pour un tandem démocrate depuis 1952.

Or, pendant cette période, Hillary Clinton elle-même ne s’est pas rendue dans le Wisconsin. En fait, la candidate démocrate n’a pas mis les pieds de la campagne dans cet État considéré comme faisant partie du mur bleu démocrate. Le 8 novembre 2016, Donald Trump l’a emporté par une mince avance.

Cette année, le camp Biden espère un scénario différent.

Nous ne pouvons pas être complaisants, la vérité est que Donald Trump peut encore gagner cette course, écrivait récemment aux militants la directrice de campagne Jen O’Malley Dillon dans une note obtenue par le Washington Post.

Même si 30 millions d’Américains ont déjà voté, l’entourage du candidat démocrate veut éviter que, face à l’avance de Joe Biden dans les intentions de vote, certains sympathisants ne se déplacent pas vers les bureaux de scrutin, alors que le président peut toujours compter sur une base fidèle.

Au cours du dernier mois, pendant mes déplacements à travers le pays, autant de militants républicains que démocrates m’ont indiqué ne pas faire confiance aux sondages, citant l’expérience de 2016.

Dans le sprint final, ce sont peut-être davantage les déplacements et investissements de Donald Trump et de Joe Biden qui seront révélateurs de la dynamique de la course, et de l’humeur des troupes.

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