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Des Montréalais à la rescousse du boisé Steinberg dans Hochelaga-Maisonneuve

Des personnes sont éparpillées dans un terrain vague où elles plantent des arbres.

L'existence de ce rare îlot de nature dans l'est de la ville est menacée par un projet de bretelle d'autoroute.

Photo : Elisabeth Greene/Facebook

Radio-Canada

Une centaine de personnes se sont donné rendez-vous, samedi, pour planter des arbres dans le boisé Steinberg, un ancien site d'entrepôt de la chaîne de supermarché, où la nature a repris ses droits. Ils souhaitent contribuer à la préservation d'un des rares îlots de nature dans l'est de la ville, menacé par un projet de bretelle d'autoroute.

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) souhaiterait prolonger le boulevard de l'Assomption sur le territoire du boisé, qui est situé au sud de la rue Hochelaga, entre la rue Viau et le boulevard en question.

L'objectif serait de créer une grande boucle pour relier le boulevard de l'Assomption à la rue Souligny, et ainsi rendre la circulation des camions plus fluide entre l'autoroute 25, la rue Notre-Dame et le port.

Or, de nombreuses personnes profitent de ce boisé urbain et s'opposent au projet. Le député solidaire de Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc, leur a donc lancé une invitation à y planter des arbres, afin de lancer un message au MTQ.

Mon idéal, ce serait qu’il n’y ait pas de développement industriel ici et qu’on en fasse un nouveau grand parc naturel, a expliqué le député en entrevue au 15-18. D’un point de vue peut-être un peu plus réaliste, si j’ose dire, je voudrais au moins qu’on garde cette section du boisé.

Si on veut un minimum d’acceptabilité sociale pour l’ensemble du projet, il va falloir qu’il y ait une section qui soit préservée et accessible aux citoyens, a-t-il prévenu.

C'est le seul point de nature pour les gens de Viauville, a pour sa part résumé François Plourde, un habitant de Rosemont qui se passionne depuis quelques années déjà pour cet espace naturel et milite activement pour sa préservation.

En ce moment, encore plus qu’avant alors que la ville, par exemple, est en train de créer un parc à l’ouest, il y a une équité environnementale qui n’est vraiment pas existante. Il faut arrêter de penser l’est comme si c’était intrinsèquement industriel et donc gris, a lancé Patricia Clermont, une résidente du quartier, présente samedi pour planter des arbres.

Des personnes sont réunies sur un terrain boisé.

Environ une centaine de personnes, dont beaucoup de familles avec de jeunes enfants, ont répondu à l'appel du député pour la préservation du boisé urbain.

Photo : Elisabeth Greene/Facebook

Un « projet d'un autre siècle » dénoncé

L'année dernière, l'Office de consultation publique de Montréal (OCPM) a produit un rapport sur le développement de ce secteur. Il recommande notamment de revoir le tracé de la bretelle.

Le prolongement du boulevard de l'Assomption fait toutefois partie des 181 projets d'infrastructure que le gouvernement Legault souhaite réaliser en accéléré grâce au projet de loi 66.

Sachant que ça va créer des nuisances de pollution sonore, pollution de l’air, et que ça ne va pas désengorger la rue Notre-Dame, contrairement à ce qui nous est annoncé, on considère que c’est une mauvaise idée de perdre un boisé qui sert de poumon, qui sert de rein également puisque c’est un milieu humide, au profit d’un projet du 20e siècle, a ainsi fait savoir Cassandre Charbonneau-Jobin, qui était présente samedi.

Bien des Montréalais sont d'ailleurs d'autant plus inquiets que le ministère des Transports est venu accomplir du travail dans le boisé avec de la machinerie, il y a quelques semaines.

Le ministère affirme que ces travaux n'avaient pas pour but de préparer le terrain ni de détruire la végétation, mais bien de retirer les herbes nuisibles et de ramasser les dépôts sauvages de matériaux de construction qu'on trouvait sur le site.

Hydro-Québec a déjà également démontré de l'intérêt afin d'installer un poste de transformation dans le boisé.

Avec les informations de Philippe-Antoine Saulnier

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