•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pas de liste d’éclosions pour les services de garde au Québec

Le ministère de la Famille évoque une question de confidentialité pour justifier l’absence d’une telle liste, a appris Radio-Canada.

Un enfant s'amuse dans les jeux extérieurs du CPE le Cheval sautoir.

Les services de garde réclament aussi de l'aide financière additionnelle au ministère de la Famille, pour pallier les coûts des mesures sanitaires.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Depuis le début de la pandémie, il est impossible de connaître la liste exacte des services de garde touchés par des éclosions de COVID-19. Et cela n'est pas près de changer.

Bien que le gouvernement Legault publie désormais, avec une mise à jour régulière, un inventaire des établissements scolaires (Nouvelle fenêtre) ayant au moins un cas confirmé, il n’en fera pas de même pour les centres de la petite enfance, les garderies et autres milieux de garde familiaux.

Le mois dernier, Québec admettait pourtant « travailler » sur cette « possibilité ».

Quelles sont les raisons de ce refus? Officiellement, le ministère de la Famille évoque une question de confidentialité.

Selon Québec, il serait difficile de protéger pleinement l’identité des personnes touchées, particulièrement en ce qui concerne les milieux familiaux.

Les services de garde éducatifs à l’enfance n’étant pas des lieux publics, et régulièrement des milieux plus petits comme une résidence personnelle, il est donc jugé sensible de communiquer des données à l’échelle nationale.

Bryan St-Louis, porte-parole du ministère de la Famille

Une autre raison explique également ce choix : la complexité de la collecte de ces données. Depuis la rentrée, Québec reçoit déjà des critiques concernant des inexactitudes ou des oublis dans l’énumération des écoles touchées.

Même s’ils sont régis par une loi gouvernementale et reconnus par le ministère de la Famille, les services de garde restent des organismes indépendants ou des entreprises privées.

Contrairement au réseau scolaire public, les services de garde, ce sont des organisations autonomes, souligne Geneviève Bélisle, directrice de l’Association québécoise des CPE (AQCPE).

Nos membres seraient favorables à avoir une telle liste, ils l’ont demandée pour voir si on continue de faire de bonnes choses, mais collecter et colliger ces informations, on comprend que ça devient complexe, reconnaît-elle.

Les parents concernés contactés par la santé publique

Malgré l’absence d’une telle liste, Québec assure que tous les parents d’un enfant exposé à un cas positif sont contactés par la santé publique. Selon les règles en vigueur, si un enfant a été déclaré positif, les autres enfants du même groupe sont invités à se faire tester et à s’isoler durant 14 jours, même en cas de test négatif.

Des cas en augmentation, mais peu d’inquiétude

À l’heure actuelle, les services de garde sont plutôt épargnés par les cas d’éclosion. Depuis la mi-mars et le début de la pandémie, 304 cas ont été recensés (147 enfants, 157 membres du personnel) dans 213 établissements, selon les dernières données communiquées par le ministère de la Famille.

Une importante hausse a cependant été notée ces dernières semaines. On dénombre 179 personnes infectées, dont 88 enfants, depuis le 1er septembre, dans 110 services de garde. Rien d’alarmant, cependant, soutient Québec.

Ça suit la vague et les infections qui se retrouvent dans la population en général, mentionne-t-on du côté du cabinet du ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, tout en rappelant qu’il y a plus de 15 000 services de garde en activité au Québec.

Près de 16 000 services de garde

Au total, il y a plus de 305 000 enfants dans un service de garde au Québec, dans 15 683 installations. Selon le dernier décompte du ministère de la Famille, on dénombre actuellement 1582 CPE, 716 garderies subventionnées, 1282 garderies non subventionnées et 12 103 milieux familiaux.

Aide financière réclamée

Par ailleurs, les services de garde réclament de l'aide financière additionnelle au ministère de la Famille, pour pallier les coûts des contraintes et mesures à mettre en place.

Pour se conformer aux règles sanitaires en vigueur, les CPE assurent avoir besoin d’embaucher du personnel, particulièrement pour aider les éducatrices lors de l’arrivée et du départ des enfants. On évoque une facture de plusieurs dizaines de milliers de dollars par établissement cette année.

Une rencontre virtuelle a eu lieu à ce sujet la semaine dernière entre les représentants de ces services de garde et le ministre Lacombe. Des discussions sont toujours en cours.

À l'heure actuelle, la circulation des parents dans ces établissements n’est pas recommandée, mais en l’absence d’aide pour embaucher des préposés à ces tâches – qui nécessiteront du temps en hiver lorsqu'il faudra mettre ou enlever les vêtements des jeunes enfants – certains services de garde n’ont pas le choix de permettre à un nombre restreint d’adultes d'entrer à l'intérieur.

Du côté du cabinet du ministre Lacombe, on chiffre les demandes à près de 110 millions de dollars. Cette somme permettrait, selon les CPE, de combler ce besoin de personnel, de payer des produits de nettoyage et de fournir des équipements additionnels de protection, en complément des millions de masques et visières fournis par Québec.

On a demandé un coup de main. Il y a déjà eu des investissements qui ont été faits et il y a des besoins importants. Ça met à risque nos organisations.

Geneviève Bélisle, directrice de l’AQCPE

Les CPE, ce sont de toutes petites organisations. Il y a une pression sur le réseau. Ce qui est inquiétant, c’est que plus ça tarde pour avoir des réponses, plus la possibilité de s’organiser sera difficile, reprend Geneviève Bélisle.

Du côté de l'entourage du ministre Lacombe, on affirme comprendre ces besoins. Des négociations seraient en cours avec le ministère des Finances et le Conseil du Trésor, précise-t-on.

On sait que la situation actuelle amène des défis supplémentaires [pour les services de garde].

Antoine de la Durantaye, porte-parole du ministre de la Famille

Le travail et les discussions se poursuivent pour voir ce qu’on pourrait avoir comme aide supplémentaire pour les services de garde, indique Antoine de la Durantaye, l’attaché de presse du ministre Lacombe.

Bien que refusant de s’engager sur un échéancier précis, le ministère de la Famille promet néanmoins des avancées dans les prochaines semaines.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !