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Ayo Akinola, l'étoile montante du Toronto FC qui a combattu pauvreté et sans-abrisme

Ayo Akinola botte le ballon en direction du filet adverse.

Ayo Akinola a inscrit un tour du chapeau contre l'Impact de Montréal le 17 juillet dernier, lors d'un duel de la phase de groupes du tournoi de relance de la MLS, en Floride.

Photo : Associated Press / John Raoux

Ayo Akinola, la nouvelle coqueluche des partisans du Toronto FC, rêvait d'une carrière de footballeur professionnel à 12 ans, mais il n'en rêvait pas comme tous les enfants de son âge.

Il ne pensait pas encore aux grands clubs. Il ne songeait pas non plus à la gloire et aux trophées. Il aspirait simplement à aider sa mère, Ronke, et son frère, Tom, à ne plus craindre les fins de mois.

Je sais que c'est jeune, mais en tant que fils aîné, je ressentais le poids de beaucoup de responsabilités, a-t-il confié lors d'un entretien téléphonique, à peine plus de trois mois après avoir animé le début du tournoi de relance de la MLS.

Né aux États-Unis, mais arrivé au Canada à l'âge d'un an, Ayo Akinola a grandi à Brampton, à l'ouest de Toronto, en Ontario. Sa famille et lui vivaient de peu. Ils ont été évincés de leur appartement à quelques occasions, forcés de vivre parfois dans un refuge pour sans-abri.

J'ai compris que nous n'étions pas dans une bonne situation, et j'y ai vu une occasion d'aider. J'étais prêt à faire n'importe quoi pour éviter à ma mère et mon frère de vivre tout ça à nouveau.

Ayo Akinola

Les deux frangins disent avoir appris à jouer dans la cour arrière d'un énorme complexe où ils habitaient avec leur mère. Ils se frottaient à qui voulait bien jouer pour améliorer leur niveau de jeu.

On a toujours vu le soccer comme une voie de sortie rapide pour échapper à notre environnement et aux mauvaises influences. Par définition, on n'avait pas le choix de prendre le sport au sérieux, explique Tom Akinola, qui étudie désormais à l'Université Robert Morris, en Pennsylvanie, grâce à une bourse d'études.

Une question d'opportunités

Ayo Akinola est félicité par ses coéquipiers après avoir inscrit un but important.

Ayo Akinola a marqué son premier but avec la première équipe du Toronto FC en demi-finale du Championnat canadien le 26 juillet 2018.

Photo : La Presse canadienne / Mark Blinch

Au cours de leur enfance, les frères Akinola ont tiré de bonnes leçons de leurs expériences, aussi difficiles ont-elles été.

Quand les occasions se présentent, il faut en tirer le meilleur parti, dit Ayo, d'un an l'aîné de Tom.

Chaque étape de leur carrière respective porte la marque de cette devise, et de la persévérance aussi.

Ayo n'a pas rejoint l'académie du Toronto FC à sa première tentative. Il a été recalé deux fois, avant de finalement percer à 14 ans. Son frère s'est aussi joint à l'académie, avant de prendre la route des collèges américains.

L'aîné a trimé dur pour finalement rejoindre la première équipe du TFC, en décembre 2017. Il a obtenu une première chance de se démarquer en demi-finale du Championnat canadien l'été suivant, marquant à son deuxième match, contre le Fury d'Ottawa. Akinola a ensuite connu un passage à vide, puis est venu le tournoi de relance de la MLS, en juillet 2020.

Quand les équipes se sont mises à guider l'entraînement de leurs joueurs de façon virtuelle, je lui ai dit : "Va courir 10 kilomètres par jour. Fais-en plus pour arriver à Orlando et être le joueur le plus en forme de tous", raconte son agent, Nick Huoseh.

Son tournoi parle maintenant de lui-même.

Ayo Akinola a inscrit cinq buts à ses deux premiers matchs, faisant figure de révélation de la compétition. Le coup d'éclat est venu lors du deuxième match de Toronto, contre l'Impact de Montréal, alors que l'attaquant a réussi un tour du chapeau.

J'avais quelque chose à prouver. Je savais qu'il s'agissait de ma première chance d'occuper un rôle important et que je devais en tirer le meilleur parti. Je ne voulais pas bousiller cette chance!

Ayo Akinola
Ayo Akinola est félicité par ses coéquipiers après avoir inscrit un tour du chapeau.

Ayo Akinola s'est révélé au grand jour lors du tournoi de relance de la MLS.

Photo : La Presse canadienne / John Raoux

Les buts d'Akinola résonnent dans l'esprit de bon nombre d'experts, mais ce qui fait la fierté de l'athlète, c'est ce que ses succès sur le terrain lui ont permis d'accomplir à l'extérieur de la surface de jeu.

J'ai appelé [ma mère] tout de suite après. Elle me disait qu'elle avait pleuré pendant le match, qu'elle était si fière. La rendre heureuse m'a fait tellement de bien. Je l'ai sentie en paix, et de la savoir ainsi m'a apaisé.

Quelques mois plus tôt, l'attaquant a aussi pu acheter une maison à sa mère, à Brampton, où ils vivent ensemble.

J'ai pu lui prouver que tous nos efforts n'ont pas été en vain et lui démontrer toute ma reconnaissance, dit-il.

C'était l'un de mes buts. Je ne savais pas à quel âge j'allais y arriver, mais je savais qu'un jour je voulais acheter une maison à ma mère. Heureusement, j'ai pu le faire très jeune. J'avais 19 ans.

Ayo Akinola

Un avenir prometteur

Maintenant qu'il sait les siens en sécurité, plus du tout inquiétés par les fins de mois, l'athlète de 20 ans peut se consacrer pleinement à son sport. Les clubs européens lui font les beaux yeux, assure son agent, mais ils ne sont pas les seuls.

Son rêve est de jouer en Europe un de ces jours, explique Nick Huoseh. Et il rêve de jouer avec l'équipe nationale, mais si vous me demandez laquelle, je ne sais pas du tout quoi vous répondre!

Ignoré par l'équipe canadienne, Akinola a grandi sous l'aile du programme américain, puisqu'il détient la double citoyenneté, étant né à Détroit, au Michigan. Le Canada pourrait encore l'appeler, cela dit. Le Nigeria, le pays natal de sa mère, a aussi signifié de l'intérêt pour le voir jouer avec sa sélection lors des prochains grands rendez-vous internationaux.

Les options sont donc nombreuses, mais dans tous les cas, Ayo Akinola, comme son agent, prône la patience, puisque toute bonne chose vient à qui sait attendre.

Une fois la chance offerte, il ne lui manquera plus qu'à épater. Et, ça, il sait déjà faire.

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