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Une pénurie criante de 6000 préposés aux soins en Ontario

Le gouvernement Ford le sait depuis début juillet, mais n'a pas réussi à combler la grande majorité de ces postes.

La ministre ontarienne des Soins de longue durée, Merrilee Fullerton, lors du point de presse quotidien de la province.

La ministre ontarienne des Soins de longue durée, Merrilee Fullerton, lors du point de presse quotidien de la province.

Photo : The Canadian Press / Nathan Denette

Le gouvernement Ford a été mis au courant au début de l'été d'une pénurie criante de 6000 préposés en soins de longue durée et communautaires, mais n'a pas réussi depuis à combler la grande majorité de ces postes.

C’est ce qu’ont déclaré de hauts fonctionnaires des ministères de la Santé et des Soins de longue durée devant la commission d'enquête indépendante sur la COVID-19 dans les foyers de soins de longue durée en Ontario. Les transcriptions de ces témoignages ont été rendues publiques au courant du week-end.

Le juge de la Cour supérieure Frank Marrocco, qui préside la commission, a demandé plus tôt ce mois-ci à la sous-ministre associée aux services de santé Melanie Fraser, les actions qui avaient été prises pour remédier au problème et le nombre de préposés que le gouvernement Ford espérait embaucher à court terme.

Celle-ci a énuméré des mesures, notamment un programme pour inciter les préposés qui ont quitté la profession à revenir au travail, qui devrait ajouter environ 1400 préposés dans le système dès novembre — bien loin des 6000 préposés nécessaires. Plus de la moitié de ces postes vacants sont en foyers pour aînés.

Contrairement au Québec, le gouvernement Ford n'a pas lancé de campagne de recrutement massive au printemps pour recruter et former 10 000 préposés aux bénéficiaires, mais promet désormais un plan complet de recrutement d'ici la fin décembre.

La cheffe de l'opposition officielle, Andrea Horwath, a vivement réagi, en disant que le gouvernement Ford tente d'économiser de l'argent en permettant qu'une pénurie de personnel dévastatrice perdure dans les centres de soins de longue durée.

Lundi, la ministre des Soins de longue durée, Merrilee Fullerton, s'est montrée combative envers les journalistes qui la pressaient sur le sujet. Il ne suffit pas de claquer des doigts et de faire apparaître 6000 préposés. S'il y avait 6000 préposés disponibles, on les aurait embauchés. Peu après, Merrilee Fullerton a quitté brusquement le point de presse.

Un portail qui n'aide pas vraiment

La sous-ministre Fraser a aussi indiqué à la commission que le portail de recrutement pour bénévoles lancé par le gouvernement Ford en avril n'avait pas aidé, tel qu'espéré, à pallier la pénurie de main-d'oeuvre en foyers pour aînés. On a eu des jumelages, mais ce n'est pas la seule solution, surtout pour les soins de longue durée.

La commission a aussi entendu le témoignage du président de l'Association des hôpitaux de l'Ontario, Anthony Dale, qui a déploré que l'Association des soins de longue durée ait été écartée pendant des semaines de la table de planification provinciale pour la COVID-19 lors de la première vague.

Anthony Dale dans son bureau.

Le PDG de l'Association des hôpitaux de l'Ontario, Anthony Dale.

Photo : Association des hôpitaux de l'Ontario / Ontario Hospital Association

Ils n'ont pas été invités et ça a pris des semaines pour qu'ils le soient, a déploré le Dr Dale, en ajoutant que le secteur des soins de longue durée avait eu l'impression d'être mis à l'écart des décisions du gouvernement durant le plus fort de la crise.

Incroyable, a lancé en chambre la députée libérale Amanda Simard aux révélations du Dr Dale. Elle a rappelé que l'impact de la deuxième vague en soins de longue durée était prévisible. Comment est-ce que ce gouvernement a réussi à échouer non pas une fois, mais deux fois à protéger les aînés qui dépendent de nous?

Selon le Dr Dale, le gouvernement Ford n'aurait jamais dû créer, en 2019, le minuscule ministère des Soins de longue durée en le séparant du ministère de la Santé, puisque les décisions se prennent en silo et que cette structure n'a fait qu'empirer selon lui la situation en contexte pandémique. Je ne pense pas que [...] c'était une sage décision.

Ces témoignages s'ajoutent à ceux d'experts qui ont déjà expliqué à la commission que les foyers de soins de longue durée de l'Ontario ont été négligés pendant que la province concentrait ses efforts sur la préparation des hôpitaux au début de la pandémie de COVID-19.

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