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Des conditions de travail difficiles pour les immigrants du domaine de la santé

Les aides-soignants et préposés aux bénéficiaires sont souvent des nouveaux arrivants. La pandémie entraîne un sentiment d’insécurité chez certains.

Dorilin et Arturo Macam.

Dorilin et Arturo Macam sont tous deux originaires des Philippines et travaillent dans le secteur de la santé au Manitoba.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Selon Statistique Canada, le fait que les immigrants travaillent souvent dans des professions essentielles les rend plus à risque de contracter la COVID-19. Trois immigrants manitobains qui travaillent dans le secteur de la santé dénoncent les conditions difficiles auxquelles ils font face pendant la pandémie.

Dorilin Macam est originaire des Philippines et travaille près de 50 heures par semaine. Son mari est aide-soignant et accumule tout autant d'heures de travail, ce qui a des conséquences sur leur vie sociale.

Avant, j’avais deux emplois et, donc, plus d’amis avec qui parler. Maintenant, je n’en ai plus qu’un, je vois les mêmes personnes tout le temps, explique Dorilin Macam.

C'est la même situation pour Magalie Sibomana. Cette aide-soignante à domicile et infirmière de formation dit avoir arrêté de travailler au mois d’août pour sa propre sécurité et celle de sa famille. J’étais stressée, je me contrôlais tout le temps. Quand j’étais chez un client, je me lavais les mains tout le temps! C’était trop pour moi, explique-t-elle.

Masque non obligatoire pour les clients

Magalie Sibomana dénonce le fait que ses clients ne devaient pas obligatoirement porter de masque, une information corroborée par les lignes directrices de Soins communs Manitoba : Les clients et les membres de leur famille ne doivent pas obligatoirement porter des masques.

Ils disent que c’est [nous] qui allons apporter le virus, mais c’est l’inverse. [Les clients et leurs familles] vont dehors, ils parlent entre eux sans le masque. Ce n’est pas juste l'aide qui devrait le porter, dit Mme Sibomana.

Une femme assise sur un fauteuil.

Magalie Sibomana dit avoir arrêté de travailler pour sa propre sécurité et celle de sa famille.

Photo : Remise par Magalie Sibomana

Sylvie Mukabaha travaille, pour sa part, dans un foyer de soins pour personnes âgées. Elle a souvent l'impression qu'elle pourrait transmettre le virus. Ça devient un stress quand on travaille sans repos. On ne sait pas qui va contaminer qui.

Un grand nombre de ses collègues ont abandonné leurs postes. On n'a pas beaucoup de staff, ce qui fait que les gens travaillent doublement, ajoute-t-elle.

On ne se sent pas à l’aise de travailler, mais on a des obligations alors on le fait quand même, ajoute Sylvie Mukabaha.

Rester optimiste

Au Canada, le tiers de tous les aides-infirmiers, aides-soignants et préposés aux bénéficiaires sont des immigrants.

Au cours des 20 dernières années, la proportion des immigrants au sein de ces professions a augmenté plus rapidement que celle des immigrants au sein de l’ensemble des autres professions.

Selon les données de Statistique Canada de juin 2020, la proportion d’immigrants dans ces professions est de 37 %.

Le mari de Dorilin Macam, Arturo, travaille chaque nuit de 23 h à 7 h. Malgré le stress, il a bon espoir qu’un jour la pandémie sera chose du passé et demeure optimiste.

N’abandonnez pas, soyez fort et gardez espoir!, lance-t-il à l’intention de ses collègues dans le secteur de la santé. La pandémie se terminera bien un jour.

Selon des informations de Zoé Le Gallic-Massie

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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