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Arméniens et Azerbaïdjanais s'accusent de nouvelles attaques dans le Haut-Karabakh

Un homme en treillis militaire dans une tranchée bordée de murets en pierres.

Un soldat arménien, dans une tranchée située sur la ligne de front.

Photo : Getty Images / AFP/ARIS MESSINIS

Agence France-Presse

Arméniens et Azerbaïdjanais se sont accusés de nouvelles attaques lundi matin, une « trêve humanitaire » censée entrer en vigueur la veille restant toujours lettre morte dans le conflit de la région séparatiste du Haut-Karabakh.

Cette tentative d'organiser un cessez-le-feu, la deuxième depuis la reprise des hostilités le 27 septembre, intervient alors que le conflit dans ce territoire, aussi appelé Nagorny-Karabakh, entre dans sa quatrième semaine de combats acharnés.

La première trêve, négociée sous l'égide de Moscou pour le 10 octobre, n'a jamais été respectée.

Lundi matin, le ministère azerbaïdjanais de la Défense a accusé les forces séparatistes arméniennes de bombarder le territoire du district d'Agjaberdi, et dans la nuit ceux de Geranboy, Terter et Agdam.

Une carte du Caucase mettant en évidence le Haut-Karabakh.

L'Arménie et l'Azerbaïdjan s'affrontent dans la région du Haut-Karabakh.

Photo : Radio-Canada / Google

Pour sa part, le ministère de la Défense du Haut-Karabakh a accusé l'Azerbaïdjan d'avoir procédé à des tirs d'artillerie dans la nuit dans différents secteurs du front et de poursuivre ses attaques dans la matinée.

L'armée du Karabakh prend des mesures proportionnées, a-t-il assuré.

La nuit à Stepanakert, capitale séparatiste qui a subi des bombardements depuis le début des hostilités, a été calme, selon un journaliste de l'AFP.

Des femmes cousent un mur de camouflage.

À Erevan, des Arméniennes confectionnent un équipement de camouflage destiné aux soldats au front.

Photo : Getty Images / AFP/KAREN MINASYAN

Sur Twitter, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a accusé les forces séparatistes de violer impudemment le cessez-le-feu, et d'avoir tué des civils en tirant sur des quartiers résidentiels.

Il a également revendiqué la conquête de 13 nouvelles localités.

La reprise des combats, il y a trois semaines, a fait au minimum quelque 700 morts. Mais les pertes sont sans doute bien plus élevées, chaque camp disant avoir tué des milliers d'ennemis.

L'Azerbaïdjan annonce quasi quotidiennement des gains territoriaux. Les séparatistes ont reconnu avoir dû reculer, mais jugent la situation sous contrôle.

La trêve annoncée pour dimanche, mais qui n'a pas été respectée jusqu'ici, intervenait au lendemain d'un bombardement séparatiste dans la deuxième ville d'Azerbaïdjan, Gandja, qui a fait 13 morts.

Trois hommes assis sur des pierres tombales dans un cimetière.

Dans un cimetière de Ganja, en Azerbaïdjan, des membres d'une même famille pleurent la mort de cinq des leurs, tués lorsque leur résidence a été frappée par une roquette.

Photo : Getty Images / AFP/BULENT KILIC

Outre une potentielle crise humanitaire, la communauté internationale craint une internationalisation du conflit, la Turquie soutenant l'Azerbaïdjan.

L'Arménie, qui soutient financièrement et militairement les séparatistes, fait partie d'une alliance militaire avec la Russie.

Le Haut-Karabakh, majoritairement peuplé d'Arméniens chrétiens, a fait sécession de l'Azerbaïdjan, musulman chiite turcophone, peu avant la dislocation de l'URSS en 1991, entraînant une guerre qui a fait 30 000 morts.

Un cessez-le-feu, émaillé de heurts, était en vigueur depuis 1994.

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