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Analyse

Les élections se suivent et se ressemblent… ou pas!

Un jeune homme portant une veste aux couleurs du drapeau américain.

Un partisan de Donald Trump lors d'un rassemblement au New Jersey. La gestion de la pandémie a fait baisser la cote du président ce printemps.

Photo : Getty Images / Spencer Platt

Il y a quatre ans, à 15 jours de l’élection présidentielle, la moyenne des sondages donnait la candidate démocrate Hillary Clinton avec six points ou plus d’avance sur le républicain Donald Trump. On sait ce qui est arrivé.

Aujourd’hui, la moyenne des sondages donne une avance entre huit et dix points au candidat démocrate Joe Biden. La même chose pourrait-elle arriver? En tout cas, les partisans de Donald Trump en sont convaincus. Les organisateurs démocrates le disent aussi, surtout pour mettre en garde leurs partisans de ne pas relâcher.

Mais les situations ne sont quand même pas identiques.

Dans les 15 derniers jours d’une campagne électorale, il y a toujours un tassement dans l’opinion publique. Un certain nombre de partisans qui étaient tentés de voter de l’autre bord décident finalement de voter encore une fois pour le parti qu’ils ont toujours supporté.

Mais, surtout, la situation de Donald Trump n’est pas du tout la même qu’en 2016. Il est le président sortant, qui a un bilan à défendre, et qui peut difficilement agir comme s’il était le chef de l’opposition.

Une base à 43 pour cent

Depuis plusieurs jours, le discours que véhicule M. Trump est celui d’une longue série de griefs contre un peu tout le monde, des médias à ses adversaires démocrate et même contre certains républicains qui se tournent contre lui en cette fin de campagne. C’est un discours qui plaît à sa base, mais quand on dépasse rarement les 42 ou 43 pour cent dans les sondages, il ne sert à rien de prêcher aux convertis.

La campagne Trump a mis beaucoup d’espoir dans le scandale Hunter Biden, le fils de Joe Biden. Des courriels — trouvés dans un ordinateur qui lui aurait appartenu et serait ensuite tombé aux mains de Rudy Giuliani, l’avocat personnel du président — prouverait que Hunter a tenté d’organiser une rencontre entre un homme d’affaires chinois et son père alors qu’il était vice-président.

Mais jusqu’à maintenant, le scandale en question n’a vraiment été repris que dans l’écosystème des médias qui appuient M. Trump sans aucune réserve, comme le New York Post ou la chaîne Fox News. D’autant que le FBI, la police fédérale, enquête, non pas sur le prétendu scandale, mais plutôt pour savoir si ce n’est pas une nouvelle tentative de la Russie d’influencer la campagne américaine, comme il y a quatre ans.

Ironiquement, à la fin de la campagne de 2016, c’était justement la reprise de l’enquête du FBI sur les courriels perdus de Hillary Clinton qui avait fait la une des médias et amené une baisse dans ses appuis au plus mauvais moment. En fait, beaucoup de démocrates avaient choisi de ne pas aller voter, ce qui a probablement fait la différence dans de nombreux États-clés.

Sur le terrain, avance Biden

La situation sur le terrain est aussi assez différente d’il y a quatre ans. M. Biden est en avance dans la dizaine d’États traditionnellement démocrates qui ont donné la victoire à M. Trump il y a quatre ans. C’est une avance parfois ténue, mais une avance tout de même.

M. Biden peut se payer le luxe de ne pas tous les gagner. M. Trump ne peut se permettre d’en perdre plus d’un ou deux.

Et, enfin, il y a la question de la pandémie de COVID-19. Les États-Unis ont passé le cap des 220 000 morts et des 8 millions de personnes infectées et il faut en ajouter 55 000 chaque jour.

Pendant ce temps, M. Trump fait campagne dans des assemblées où peu de gens portent un masque ou respectent les règles de distanciation. Et il se plaît à dire que les choses s’améliorent et que la pandémie sera bientôt chose du passé alors que tous les indicateurs disent le contraire.

Mais surtout, la gestion de la pandémie par l’administration Trump est ce qui a fait baisser la cote du président ce printemps et, depuis, il n’a jamais réussi à reprendre le terrain perdu. C’est un boulet qu’il traîne depuis des mois et qui restera avec lui jusqu’à la fin.

Cela ne veut pas dire que M. Trump n’a aucune chance d’être réélu. Ce n’est pas probable, mais ça reste possible. Mais il n’a guère de marge de manœuvre et, au mieux, il pourrait répéter une victoire au Collège électoral mais sans obtenir la majorité des voix.

Joe Biden est plus à l’aise. Il pourrait échapper certains des États clés comme la Floride ou la Caroline du Nord et gagner quand même. Rien n’est acquis, mais il reste que, depuis quelques jours, certains de ses adversaires républicains commencent à craindre une défaite historique pour leur parti.

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