•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’origine de 43 % des nouveaux cas de COVID-19 est inconnue en Alberta

Une femme manipule un téléphone intelligent avec une application de traçage de la COVID-19 à l'écran.

L'Alberta possède déjà une application de traçage des cas de COVID-19, mais la province négocie avec Ottawa la possibilité de recourir à l'application fédérale.

Photo : Getty Images / Dirk Waem

Radio-Canada

Alors que le nombre de cas de COVID-19 continue d’augmenter en Alberta, des médecins se disent inquiets des conséquences de la difficulté à retracer leur origine.

Des 1812 nouveaux cas de COVID-19 rapportés la semaine dernière, 772 (43 %) ont une origine inconnue. De même, la source de plus de 1000 des quelque 2800 cas actifs de la province reste un mystère.

La médecin spécialiste en maladies infectieuses Lynora Saxinger, de l’Université de l’Alberta à Edmonton, ne cache pas son mécontentement face à ces statistiques.

C’est l’une des bases de l’endiguement de la pandémie. Si on ne peut trouver la chaîne d’exposition et empêcher le coronavirus de se répandre, les résultats seront affreux, soutient-elle.

Le traçage, numérique ou en personne, consiste à retracer la transmission du virus d’une personne à l’autre et à informer les porteurs potentiels.

L’équipe de traçage de la province communique avec les personnes déclarées positives afin de savoir avec qui elles ont été en contact durant les 14 jours précédents. L’équipe contacte ensuite avec les personnes identifiées afin de leur demander de s’isoler et de subir un test de dépistage.

Quand la mémoire oublie

La directrice par intérim de l’équipe d’intervention contre les éclosions de Services de santé Alberta (AHS) à Red Deer, Lori Henneigh, note toutefois que les gens ont souvent de la difficulté à se souvenir de ce qui s’est passé dans les 14 derniers jours.

Si vous pensez à vous-mêmes et tentez de vous souvenir de ce que vous avez fait ces 14 derniers jours, vous réaliserez que ce n’est pas facile de se souvenir de tout, précise-t-elle.

On peut leur demander de regarder leurs factures ou autres états de compte qu’ils ont sous la main, ça les aide à se souvenir.

Selon le directeur adjoint des communications du ministère de la Santé, Tom McMillan, la province travaille au renforcement de sa capacité de traçage. Ces efforts incluent notamment une entente de prêt de service avec le gouvernement fédéral.

Grâce à celle-ci, une quinzaine d’employés de Statistique Canada prêtent main-forte aux quelque 1000 membres de l’équipe de traçage albertaine depuis septembre.

La tâche est toutefois ardue. Certains employés disent n’être en mesure de traiter qu’un ou deux cas par jour et leur capacité de le faire dépend entre autres du bon vouloir des gens qu’ils appellent.

La médecin hygiéniste en chef de la province, Deena Hinshaw, notait récemment que de plus en plus d’Albertains sont réticents à donner l’information dont les autorités ont besoin pour effectuer un traçage efficace.

On comprend que les gens sont fatigués de la COVID-19 et en colère à cause de ses effets dans leur vie. Malheureusement, en refusant d’aider l’équipe de traçage, ils n’aident personne. Au contraire, ils nuisent, soulignait-elle.

La transition vers l’appli fédérale se fait attendre

Les réticences des citoyens à déclarer leurs allées et venues sont l’une des raisons évoquées pour promouvoir le recours aux applications de traçage, mais la transition de l’appli albertaine vers celles du gouvernement fédéral annoncée en août n’est toujours pas terminée.

Vendredi, le premier ministre Justin Trudeau a indiqué que son gouvernement continue de travailler avec l’Alberta pour que la province adopte la technologie fédérale.

Les discussions vont bon train, confirme Tom McMillan. On travaille avec le gouvernement fédéral à la transition de centaines de milliers d’utilisateurs de l’application albertaine vers le programme fédéral.

Avec les informations de Sarah Rieger

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !