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Insultes, attaques : les campagnes de Biden et de Trump se tendent davantage

Une casquette «Make America Great Again» brûle sur le sol.

Une casquette «Make America Great Again» brûle sur le sol après que des contre-manifestants y ont mis le feu lors d'un rassemblement de soutien au président américain, à Boston, dans le Massachusetts.

Photo : Reuters / BRIAN SNYDER

Agence France-Presse

Donald Trump dans le Nevada, son adversaire démocrate, Joe Biden, en Caroline du Nord : les deux candidats à la présidentielle américaine se sont rendus dimanche dans des États-clés de l'élection avant une semaine cruciale de campagne, marquée par un regain d'agressivité.

Comme en 2016, Donald Trump fait une campagne de terrain effrénée avec plusieurs déplacements par jour. Arrivé samedi soir à Las Vegas, il s'est mêlé à des centaines de fidèles dimanche dans une église évangélique de la ville.

Donald Trump assoupi.

Le président américain Donald Trump à une messe dominicale dans une église évangélique de Las Vegas, le 18 octobre.

Photo : Reuters / CARLOS BARRIA

Peu pratiquant, le milliardaire a déposé plusieurs billets de 20 dollars dans la corbeille de dons. Il devait ensuite s'exprimer devant ses partisans à Carson City, capitale du Nevada, État où il est devancé de cinq points par l'ancien vice-président.

Après avoir lui aussi participé à la messe à Wilmington et s'être recueilli sur la tombe de son fils Beau, Joe Biden s'est rendu à Durham, en Caroline du Nord. Il a appelé ses partisans à ne pas attendre le 3 novembre pour voter, notamment l'électorat afro-américain sur qui il compte pour l'emporter dans cet État où il devance de 2,7 points son adversaire.

Joe Biden entouré d'hommes en vestons dans un cimetière.

Joe Biden s'est recueilli sur la tombe de son fils Beau à Wilmington, dans le Delaware.

Photo : Reuters / TOM BRENNER

Cette nation est assez forte pour affronter avec honnêteté le racisme systémique et offrir des rues sûres aux familles et aux petits commerces qui sont trop souvent les plus touchés par les pillages et les incendies, a-t-il lancé, rendant notamment hommage à George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier blanc fin mai à Minneapolis.

Sa mort avait provoqué des émeutes dans la ville et une vague historique de colère contre le racisme.

Vétéran de la politique, Joe Biden mène avec neuf points de pourcentage dans la moyenne nationale des sondages. Mais surtout, avec une marge plus étroite, dans les États qui peuvent basculer d'un parti à l'autre à chaque élection.

Terrain miné avant l'ultime débat

Avant que les deux candidats se retrouvent jeudi à Nashville pour le dernier débat présidentiel, le camp Trump a intensifié depuis quelques jours ses attaques contre M. Biden.

Joe Biden est un homme politique corrompu, et tout le monde le sait, a affirmé dimanche le milliardaire sur Twitter.

Dans un rassemblement samedi dans le Michigan, un autre État crucial pour l'élection, il avait traité Joe Biden de criminel qui représentait un risque pour la sécurité nationale.

Donald Trump sans masque face à une foule derrière des barrières.

Donald Trump a toujours été réticent à porter un masque, comme ici à l'aéroport de Santa Ana, en Californie.

Photo : Reuters / CARLOS BARRIA

Il s'en était aussi pris à la gouverneure démocrate de l'État, Gretchen Whitmer, qui a décrété des restrictions sévères pour lutter contre la pandémie de coronavirus, alors que la foule scandait : Mettez-la en prison.

Mme Whitmer a été visée par un groupe d'extrême droite qui projetait de l'enlever et de la juger pour trahison. Les individus ont été arrêtés la semaine dernière avant d'avoir pu mener à bien leur projet.

C'est incroyablement perturbant que le président inspire, encourage et incite ce genre de terrorisme intérieur, a commenté dimanche sur NBC Gretchen Whitmer.

Les gens sont frustrés de cette gouverneure et cela n'a rien à voir avec cette tentative d'attaque contre elle, a affirmé sur CNN Laura Trump, la belle-fille du président, assurant que celui-ci ne faisait absolument rien pour inciter les gens à menacer Mme Whitmer, mais qu'il s'amusait.

Le président doit se rendre compte que les mots d'un président des États-Unis ont du poids, a répondu sur ABC la cheffe des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi.

Injecter des tactiques d'intimidation au sein de notre dialogue politique, en particulier au sujet d'une femme gouverneure et de sa famille, est tellement irresponsable, a-t-elle déploré.

Joe Biden et sa petite-fille, masqués.

Le candidat démocrate Joe Biden et sa petite-fille Finnegan à l'embarquement pour se rendre, en avion de campagne, en Caroline du Nord.

Photo : Reuters / TOM BRENNER

La gestion de la pandémie

L'ancien vice-président a aussi dénoncé dimanche la gestion très critiquée de la pandémie par la Maison-Blanche, alors que selon lui la situation empire aux États-Unis, avec plus de huit millions de cas positifs et près de 220 000 morts.

Le président savait dès janvier combien le virus était dangereux et il l'a caché au pays, a-t-il lancé à Durham, après les révélations d'un journaliste selon lequel M. Trump avait été averti fin janvier du danger d'une pandémie.

Plus tôt, il avait fustigé dans un communiqué un président qui continue à minimiser la COVID-19.

Donald Trump, qui a toujours été réticent à porter un masque, avait été hospitalisé trois nuits après avoir contracté le virus début octobre. Il a depuis repris sa campagne au pas de course, s'affirmant immunisé.

Dimanche, il a défendu son programme de tests généralisés. Plus vous testez, plus vous détectez des cas positifs. Très simple!, a-t-il dit sur Twitter.

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