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Violence en Nouvelle-Écosse : Ottawa tente de dénouer l'impasse

Décombres d'un incendie.

Décombres de l'incendie d'un bâtiment servant à entreposer du homard, le 17 octobre 2020 à Pubnico-Ouest-le-Centre, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Héloïse Rodriguez-Qizilbash

Radio-Canada

Les violences des derniers jours sont «un assaut contre la Première Nation micmaque qui essaie d’exercer son droit de pêche légitime soutenu par la Cour suprême du Canada», selon le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller.

En entrevue à RDI-Matin week-end, M. Miller a insisté sur le fait que le rétablissement de l’ordre est nécessaire pour toute conversation subséquente. Il a précisé que des discussions de nation à nation sont en cours avec la Première Nation micmaque afin de jeter les bases de ce en quoi consiste cette pêche.

En 1999, la Cour suprême avait confirmé le droit des Autochtones à pêcher pour leur subsistance sans que la notion de pêche de subsistance ne soit clairement définie.

Des négociations élargies avec les pêcheurs commerciaux (non autochtones) qui ont le droit d’être écoutés auront ensuite lieu a promis le ministre qui a souligné que le souci de la conservation du homard sous-tend toute les discussions.

Samedi, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, a autorisé un renforcement de la présence de la GRC dans la région, à la demande du procureur général de la province.

Les actes de violence récents en Nouvelle-Écosse sont inacceptables et je les dénonce fortement, a-t-il déclaré dans un communiqué.

La promesse d'une présence policière accrue pour contenir la violence dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse a été bien accueillie par le chef de la Première Nation de Sipekne'katik, Mike Sack.

Ce dernier déplore toutefois que cette aide n'ait pas été fournie plus tôt.

Bien que les dégâts, la destruction, le racisme, le harcèlement et l'intimidation auraient pu être pris en compte beaucoup plus tôt, comme nous l'avons demandé à maintes reprises (...), nous sommes reconnaissants du soutien que nous recevons.

Mike Sack, chef de la Première Nation de Sipekne'katik

Justin Trudeau « atterré »

Dans un message publié sur Twitter samedi soir, le premier ministre Justin Trudeau s'est dit « atterré » à la suite de l'incendie qui a détruit un bâtiment servant à entreposer du homard à Pubnico-Ouest-le-Centre.

Je suis atterré par les actes de violence, d'intimidation et de destruction qui ont lieu en Nouvelle-Écosse. Les auteurs devront répondre de leurs actes, a-t-il déclaré, en disant avoir pour objectif d'assurer la sécurité de tous.

Pour deux des chefs d'opposition, ce soutien accru à la police fédérale en Nouvelle-Écosse est insuffisant.

Le chef conservateur, Erin O'Toole, a déclaré que le gouvernement ne prend pas les mesures nécessaires pour trouver une résolution pacifique à cette crise.

M. Trudeau ne peut pas ignorer ses responsabilités, selon lui.

Le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, a pour sa part assimilé la violence contre les pêcheurs autochtones à du terrorisme.

La communauté craint d’autres violences

Le préfet de la municipalité d’Argyle, Danny Muise, craint une escalade des tensions et s’inquiète aussi pour la sécurité des citoyens.

Il affirme que la municipalité est normalement un endroit très calme. C’est dur de voir cela se passer dans notre communauté. Danny Muise ajoute que la population se fait du souci.

Ils ont peur que quelque chose de très très tragique arrive.

Danny Muise, préfet de la municipalité d’Argyle, en Nouvelle-Écosse

Aucune accusation n’a encore été déposée en lien avec cette affaire.

Les pêcheurs autochtones sont la cible de violences depuis l'ouverture de leur propre saison de pêche.

Les pêcheurs non autochtones affirment que cette pêche est illégale, car elle s'effectue hors des saisons de pêche déterminées par le ministère fédéral des Pêches et des Océans. Un jugement de la Cour suprême garantit cependant aux Autochtones le droit à une pêche de subsistance.

Deux affrontements violents ont impliqué mardi quelque 200 personnes dans le sud de la province. Un véhicule a été incendié, notamment, et des prises ont été détruites.

Le bâtiment qui a brûlé dans la nuit de vendredi à samedi est un entrepôt avec lequel font affaire les pêcheurs autochtones de homard de la région. Personne ne se trouvait à l'intérieur du bâtiment au moment où il a pris feu. La police rapporte toutefois qu'un homme – possiblement une personne d'intérêt dans l'enquête – a été hospitalisé pour des blessures qui mettent sa vie en danger.

Quelques heures avant que l'incendie n'éclate, la police a arrêté et accusé un homme pour une agression perpétrée, plus tôt cette semaine, contre le chef Mike Sack.

Avec les informations de La Presse canadienne

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