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Planification des naissances : sans accompagnateur, les femmes sont fragilisées

Une femme tient un test de grossesse négative dans ses mains

Les femmes ont été plus nombreuses à se poser des questions à la suite d'un test de grossesse positif durant la pandémie.

Photo : Getty Images / Adene Sanchez

Les restrictions liées à la crise sanitaire forcent les hôpitaux à refuser les accompagnateurs lors de presque tous les types de rendez-vous. Des exceptions existent pour les suivis de grossesse, mais pas pour les femmes qui sont dans le processus de décider si elle garde l'enfant ou non. Une situation qui cause plusieurs inquiétudes.

La première vague de COVID-19 a mis en lumière de nombreuses incertitudes chez les femmes qui approchent l’organisme SOS Grossesse à Québec, souligne sa directrice générale Sylvie Pedneault.

Toute l’accessibilité à l’accompagnement, l'incertitude par rapport à l’accès aux services et les temps d’attente avant d’avoir un rendez-vous, tout ça a énormément augmenté lors du premier confinement, explique-t-elle.

Sans partenaire

Mme Pedneault précise que, comme pour plusieurs soins offerts dans les hôpitaux et les cliniques, les délais avant d’obtenir un rendez-vous pour une interruption de grossesse s’allongent en raison de la pandémie.

Et les femmes qui pensent opter pour une interruption de grossesse doivent se présenter seules lors du rendez-vous, alors qu’avant, il était possible d’être accompagnée à certaines étapes.

On a certaines femmes qui nous ont nommés cette situation. Et il ne faut pas oublier que c’est un choix difficile, et le partenaire fait partie de ce choix parfois, et ces femmes veulent être accompagnées. On a besoin de quelqu’un. C’est extrêmement fragilisant pour la personne, ajoute Sylvie Pedneault.

Différent lors des grossesses

Une bonne nouvelle dans le milieu hospitalier est que les partenaires, hommes ou femmes, peuvent accompagner les femmes enceintes lors des échographies obstétricales et les accouchements.

Une des rares exceptions dans les hôpitaux depuis le début de la pandémie, et ce ne sont pas tous les établissements qui le permettent.

Au CHU de Québec, le porte-parole Bryan Gélinas explique qu’il existe quelques exceptions pour ce qui est des rendez-vous accompagnés.

Photo d'une femme enceinte assise en tailleur, les mains sur son ventre.

Les femmes enceintes qui décident de poursuivre la grossesse peuvent rencontrer des délais d'attente plus élevés dans les maisons de naissance, durant la pandémie.

Photo : iStock

Les mineurs peuvent venir avec un parent, et les patients avec troubles cognitifs peuvent aussi être accompagnés. Certains suivis de grossesse et les accouchements peuvent l'être également.

Dans le cas des suivis en planification des naissances, il précise que le premier rendez-vous a toujours lieu seule avec le professionnel de la santé, pandémie ou pas.

Pour les autres rendez-vous, c’est notamment un enjeu d’espace dans les deux départements de planification des naissances de Québec qui expliquent pourquoi les partenaires ne peuvent être présents.

Il n'y a pas de clinique d'interruption de grossesse privée à Québec.

Et si la pandémie perdure?

La directrice générale de SOS Grossesse comprend très bien les consignes et l’importance de les appliquer à la lettre.

Cependant, elle estime que certains ajustements pourraient être effectués pour mieux servir les femmes qui doivent faire un choix entre garder un enfant, se tourner vers l’adoption ou demander une interruption de grossesse.

Donner de l’information précise et cohérente, pour diminuer le stress et permettre aux femmes de pouvoir être accompagnées par la personne de leurs choix, dans les salles de repos après une interruption de grossesse, et bien sûr lors des accouchements, poursuit-elle.

Mme Pedneault souhaite aussi que les hôpitaux et les cliniques continuent d’être sensibles aux vulnérabilités mentales.

Avec l’arrivée de la COVID-19 en mars, SOS Grossesse a observé une augmentation marquée des visites sur son site web. Difficile de dire si c’est seulement lié à la pandémie, mais la directrice générale indique que les questions en lien avec la COVID-19 sont aussi plus nombreuses.

Parfois, les gens se demandent tout simplement si c’est encore possible de se faire avorter présentement, dit-elle.

Dans la plupart des cas, ce sont des femmes qui entrent en contact avec SOS Grossesse, mais aussi des filles et garçons, et parfois des hommes.

L'organisme continue de leur offrir sa ligne d’écoute téléphonique et son service d’aide par clavardage. Les ateliers dans les écoles, eux, sont sur pause, en raison de la crise sanitaire.

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