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Des milliers de femmes manifestent contre Trump aux États-Unis

Une foule compacte de manifestants.

De nombreux cortèges disséminés à travers les États-Unis ont élevé leurs voix contre la nomination de la juge Amy Coney Barrett et la possible réélection de Donald Trump.

Photo : Reuters / MICHAEL MCCOY

Agence France-Presse

Des milliers d'opposantes à Donald Trump ont défilé, samedi, aux États-Unis pour manifester contre la nomination à la Cour suprême d'une juge conservatrice et contre la réélection du milliardaire.

La magistrate Amy Coney Barrett, une fervente catholique, a été désignée pour remplacer l'icône progressiste Ruth Bader Ginsburg, décédée le 18 septembre, et le président américain mise sur la majorité républicaine au Sénat pour valider son choix avant l'élection du 3 novembre.

Plus de 100 000 personnes étaient attendues, selon les organisateurs, dans les quelque 430 cortèges disséminés à travers les États-Unis, dans le cadre d'un mouvement de protestation national baptisé Marche des femmes 2020, inspiré par celle ayant eu lieu en 2017 à Washington, et qui avait réuni des millions de protestataires dans le monde.

Dans la capitale, si la foule était plus réduite qu'en 2017 en raison de la pandémie, plusieurs milliers de personnes avaient rejoint en début d'après-midi le cortège qui devait passer devant la Cour suprême et le Congrès américain.

Des manifestantes brandissant des pancartes anti-Trump.

À New York, des manifestantes invitent à faire barrage à la réélection du président Trump par les urnes.

Photo : Reuters / EDUARDO MUNOZ

Un groupe de manifestantes portait la tunique rouge et le bonnet blanc du roman La servante écarlate, qui décrit une Amérique transformée en dictature patriarcale où certaines femmes deviennent des esclaves sexuelles.

D'autres portaient la célèbre collerette blanche et la tunique noire de Ruth Bader Ginsburg, surnommée RBG, championne de la cause des femmes, un marteau de juge à la main.

Contre une politique misogyne

À New York, où cinq manifestations différentes étaient prévues, environ 300 manifestantes se sont rassemblées sur la place Washington Square, coiffées d'un bonnet rose ou portant des affiches de soutien à Joe Biden, le candidat démocrate à la présidentielle, ou en mémoire de RBG.

Deux jeunes manifestantes noires portant des masques.

La marche a fédéré plusieurs générations de femmes dans la dénonciation de la «politique misogyne» du président américain.

Photo : Reuters / EDUARDO MUNOZ

Une pancarte la montrait avec des gants de boxe et le slogan Battez-vous comme RBG.

C'est vraiment important d'être ici et d'encourager les gens à voter contre Donald Trump et sa politique misogyne, a affirmé à l'AFP Yvonne Shackleton, venue d'Albany, la capitale de l'État de New York.

La manifestante a dénoncé une nomination à la hâte de la juge Barrett et un geste politique irréfléchi à deux semaines du scrutin et alors que Joe Biden est en tête des sondages.

Pia Otero, 49 ans, a assuré que les femmes devaient se battre.

Nos droits fondamentaux sont menacés par ce président et ce gouvernement, notre droit à l'avortement est attaqué.

Pia Otero, manifestante.

À Brooklyn, le quartier natal de la juge Ginsburg, le rassemblement a réuni près de 400 personnes. Cette manifestation veut vraiment honorer l'héritage de Ruth Bader Ginsburg et s'opposer à la nomination de sa remplaçante alors que l'élection a déjà commencé avec le vote anticipé, a expliqué à l'AFP Lia Minkoff, l'organisatrice de ce rassemblement.

Je veux que les gens pensent qu'on peut encore faire une différence dans ces derniers jours, a-t-elle ajouté, alors que l'élection présidentielle est dans 17 jours.

Auditionnée cette semaine par la commission judiciaire du Sénat, Amy Coney Barrett a juré tenir sa foi à l'écart de son travail de juge, en refusant toutefois de s'expliquer sur une série de sujets brûlants, à commencer par le droit des Américaines à avorter auquel elle est personnellement opposée.

Elle a au contraire laissé entendre que l'arrêt de la haute Cour ayant reconnu ce droit en 1973 n'était pas gravé dans le marbre. Elle doit être confirmée par un vote de la Chambre haute à partir du 22 octobre. Le temple du droit compterait alors six juges conservateurs sur neuf, une solide majorité.

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