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Projet d’expansion des prisons du Nord : le syndicat railleur

Une vue extérieur le soir de la prison de Thunder Bay.

La prison de Thunder Bay est plus que centenaire.

Photo : CBC/Jody Porter

Radio-Canada

Les projets d’expansion et de rénovation des prisons de Thunder Bay et de Kenora, annoncés par la solliciteure générale de l’Ontario, Sylvia Jones, mardi, suscitent des réactions dubitatives de la part des associations concernées.

Je n'y crois pas. Être opérationnel d'ici le printemps 2022? Vous rêvez en couleurs! Nous sommes déjà à la fin de 2020, a déclaré, railleur, le président du syndicat des gardiens de prison du centre correctionnel de Thunder Bay, Shawn Bradshaw. Celui-ci a fait ces déclarations à CBC News.

Il a ajouté que les gardiens de prison à Thunder Bay sont en situation permanente de pénurie de main d’œuvre.

L’annonce de l’expansion temporaire de ces prisons, dans le but de pallier les situations de surpeuplement et les installations désuètes, ne comprend aucun engagement formel. Mme Jones a déclaré dans son annonce que les annexes seraient prêts à accueillir des détenus d’ici le printemps 2022. 

Cependant, les dimensions, les plans architecturaux, les coûts et les budgets qui y sont consacrés n’ont pas été dévoilés. Ces détails dépendent des résultats de l’évaluation environnementale en cours, selon la solliciteure générale.

En plus du syndicat des travailleurs, le grand chef adjoint de la Première Nation Nishnawbe Aski, Derek Fox, s’est lui aussi dit méfiant face à l’annonce. C’est mieux que le statu quo, a-t-il expliqué, résigné, à CBC News.

94 % des détenus à la prison de Kenora sont Autochtones, selon un témoignage examiné lors d'une décision de la Cour de justice de l'Ontario plus tôt ce mois-ci dans laquelle le juge a fait référence aux expériences brutales des Premières Nations qui y ont eu lieu.

Situation hors de contrôle

M. Fox affirme que la situation à la prison de Kenora est critique. Il déplore des problèmes profondément enracinés, [des situations] hors de contrôle et des crimes commis à la prison.

Je pense que si vous êtes en mesure de fournir une mesure provisoire pour la sécurité de tous ceux qui se trouvent dans nos installations pendant que nous continuons à travailler sur des solutions à long terme, je pense que c'est mieux que le statu quo.

M. Fox a souligné que des travaux sont en cours pour développer le Kenora Justice Centre, une initiative créée avec le soutien du gouvernement provincial et conçue pour réduire les taux de criminalité et s'attaquer aux causes profondes de la surreprésentation des Autochtones dans le système de justice pénale.

Un problème persistant

L’annonce de la solliciteure générale fait écho à une longue série de choquantes révélations sur les conditions dans les établissements correctionnels du nord-ouest de l'Ontario.

La majorité des personnes qui y sont incarcérées sont en attente de leur procès.

Les cellules construites pour contenir deux personnes sont souvent occupées par quatre personnes, ce qui oblige une personne à dormir à côté des toilettes et une autre sous la couchette du bas, selon le directeur de la prison de Kenora.

Celui-ci a déclaré à la Cour de justice de l'Ontario que des problèmes de violence à la prison signifie que les gardiens doivent fréquemment enfermer les détenus dans leurs cellules pendant plusieurs heures. Ceci signifie que les détenus doivent passer des heures confinés et à proximité.

La situation à Thunder Bay est elle aussi bien documentée. 

Des enquêtes sur les décès dans l'établissement ont mis souligné des problèmes permanents de surpeuplement, des niveaux élevés de violence et de surdoses, la surreprésentation des populations autochtones et des problèmes persistants de dotation en personnel. Un porte-parole du ministère du Solliciteur général a confirmé qu'il y avait eu un total de 13 décès à la prison du district de Thunder Bay depuis 2002, dont au moins sept étaient des hommes autochtones.

La construction du complexe correctionnel de Thunder Bay, promis depuis longtemps et qui comprendra 325 lits, ne sera pas prêt avant la fin de 2024.

Ce nouvel immeuble remplacerait à la fois la prison du district de Thunder Bay et le centre correctionnel de Thunder Bay.

Avec les informations de CBC News

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