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La lutte contre la pauvreté complexifiée par la pandémie

Des gens qui marchent à Rimouski.

Les organismes communautaires croient que la précarité financière augmentera au printemps prochain, alors que les impôts sur le revenu devront être payés (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

En pleine pandémie, une « nouvelle pauvreté » et d’importants besoins appréhendés compliquent la tâche d’organismes communautaires qui travaillent à assurer les besoins de base de leurs bénéficiaires.

La crise sanitaire, sociale et économique que nous traversons actuellement creuse davantage les inégalités, avancent dans une lettre les Centraide du Québec à l'occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, soulignée le 17 octobre.

L’une des signataires de la lettre est Josée Mailloux, directrice générale de Centraide Haute-Côte-Nord Manicouagan.

Elle observe que sur la Côte-Nord, où des inégalités existaient déjà entre les revenus des femmes et des hommes, la pandémie a un impact particulier sur le secteur des services, où les femmes sont plus nombreuses.

On a l’impression que ça s’est creusé encore plus avec la COVID, les femmes étant souvent dans des emplois de services, donc moins bien rémunérés, indique Mme Mailloux.

La saison des impôts redoutée

Les organismes communautaires croient aussi que la précarité financière connaîtra une augmentation au printemps prochain, alors que les impôts sur le revenu devront être payés.

Pour nombre de personnes à faible revenu, la Prestation canadienne d’urgence (PCU) a augmenté leur revenu et représentera une importante charge fiscale qu’il faudra budgéter.

On est persuadés qu’il va y avoir de la misère l’an prochain, indique Guy Berthe, le président du Comptoir alimentaire de Sept-Îles (CASI).

Les tablettes du comptoir alimentaires de Sept-Îles sont pleines.

Le CASI prévoit présentement ses distributions de paniers de Noël.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Présentement, les demandes d’aide alimentaire au CASI sont semblables à celles de la même période l’an dernier et se sont stabilisées après la première vague de la COVID-19.

M. Berthe croit qu’il y aura sûrement une détresse financière chez une partie de la population lors de la saison des impôts et qu’elle pourrait être plus ou moins grave selon les modalités de paiement imposées par Québec et Ottawa.

Le son de cloche est similaire du côté de Centraide Haute-Côte-Nord Manicouagan.

Pour avoir sondé un peu notre clientèle, malheureusement les économies n’ont pas été faites en fonction de ce qui allait arriver au printemps prochain. Donc oui, on va avoir des familles qui vont se retrouver très affectées financièrement de par les engagements qu’ils ont pris et de par leur situation, prévoit-elle.

C’est certain qu’au printemps, on appréhende une recrudescence des besoins dans la communauté.

Josée Mailloux, directrice générale de Centraide Haute-Côte-Nord Manicouagan

Une nouvelle pauvreté

Bien qu’elle déteste utiliser l’expression, la directrice générale de Centraide Haute-Côte-Nord Manicouagan dit rencontrer nombre de nouveaux pauvres en raison des conséquences économiques de la pandémie.

Je pense à des couples où les deux [personnes] ont perdu leur emploi, illustre Mme Mailloux.

Ces personnes qui découvrent d’un coup sec la précarité ne sont pas familières avec les ressources disponibles pour les personnes dans le besoin.

Ils ne [connaissent pas] les organismes, ce ne sont pas des demandeurs habituels, ils n’ont pas de problématiques habituellement dans leur vie, explique Josée Mailloux, ajoutant que Centraide est souvent la porte d’entrée de ces personnes vers l’aide dont ils ont besoin.

Outre la précarité matérielle, Mme Mailloux observe aussi une grande détresse psychologique chez plusieurs personnes dont la vie a été chamboulée dans les derniers mois.

Elle remarque toutefois que le travail constant et coordonné des différents organismes communautaires permet d’assurer un certain filet de sécurité en Haute-Côte-Nord et dans Manicouagan.

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