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COVID-19 : un adulte canadien sur huit a encore besoin d’aide gouvernementale

Trois chèques reçus.

La prestation canadienne d'urgence a pris fin le 3 octobre, mais les gens peuvent continuer de soumettre des demandes rétroactives jusqu'au 2 décembre.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Le système d'assurance-emploi a dû absorber près de 1,3 million de personnes de plus au cours des trois dernières semaines, révèlent de nouvelles données. Une conséquence directe de la fermeture du programme de Prestation canadienne d'urgence (PCU) créé pour soutenir les victimes des répercussions de la pandémie de COVID-19.

D'après les prévisions d'Ottawa, ce sont 2,8 millions de Canadiens qui auraient besoin de l'aide de l'assurance-emploi et environ un million de personnes de plus qui auraient besoin des trois autres programmes.

Cela représente en tout 12 % de la population âgée de 15 ans et plus au Canada.

Dès le premier jour, ce sont 240 640 personnes qui ont demandé la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) qui remplace la PCU.

Le même lundi, ce sont 107 150 personnes qui ont demandé la Prestation pour proches aidants et 58 560 personnes qui ont demandé l'aide du programme de deux semaines de congé de maladie lié à la COVID-19.

Une analyse des nouvelles inscriptions au service simplifié de l'assurance-emploi montre qu'il y a eu un total d'un peu plus de 1,5 million de demandes déposées en date de la semaine dernière. Parmi celles-ci, 1,15 million de dossiers ont fait l'objet d'un transfert automatique dû à l'échéance de la PCU.

Des chiffres qui donnent le tournis

Ces chiffres sont gigantesques pour un système qui a dû gérer en une seule journée, ce mois-ci, quelque 246 000 demandes. Au printemps dernier, les autorités craignaient qu'une explosion de 87 000 demandes en une seule journée, en mars, n'entraîne l'effondrement du système informatique désuet.

Selon des chiffres obtenus par La Presse canadienne, on observe que plus de 84 % des demandes ont été traitées, ce que les experts ayant révisé cette analyse ont qualifié de signe positif d'une transition efficace de l'après-PCU.

Toutefois, si l'on combine ces chiffres aux plus de 300 000 Canadiens ayant demandé le soutien des nouveaux programmes d'aide du gouvernement fédéral dès leur lancement, on obtient un aperçu de l'ampleur des besoins malgré la reprise du marché de l'emploi.

Un homme devant un ordinateur.

Le site de L'Agence du revenu du Canada et de la Prestation canadienne d'urgence (PCU)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

En avril dernier, la ministre de l'Emploi Carla Qualtrough avait reconnu que les données sur les demandes d'aide offraient un coup d'œil partiel, mais pertinent, de l'impact de la pandémie sur l'emploi au pays.

La PCU a pris fin le 3 octobre, mais les Canadiens peuvent continuer de soumettre des demandes rétroactives jusqu'au 2 décembre. Le gouvernement s'attendait à ce que quatre millions de Canadiens se prévalent du nouveau programme d'assurance-emploi ainsi que des trois nouveaux programmes d'aide.

Le Centre canadien de politiques alternatives avait estimé que seulement 5000 personnes se tourneraient vers ces prestations de maladie. Selon son économiste principal, David Macdonald, les données largement plus fortes semblent laisser croire que les personnes concernées trouvaient ce moyen plus simple que celui de l'assurance-emploi.

Il va y avoir énormément de confusion honnête parmi les gens qui se demandent où ils doivent faire une demande et ils risquent de se tourner vers le moyen le plus simple.

David Macdonald, économiste principal du Centre canadien de politiques alternatives

De l'avis du professeur et économiste spécialisé en emploi de l'Université de Waterloo, Mikal Skuterud, on doit également s'attendre à ce que de nombreuses personnes admissibles à l'assurance-emploi préfèrent se tourner vers la PCRE pour d'autres raisons comme la rapidité d'accès aux versements, la durée et la manière dont l'impôt est prélevé à la source.

Jusqu'ici, l'économie a récupéré environ 2,3 millions des trois millions d'emplois perdus en raison de la pandémie au Canada. Les nouvelles restrictions imposées pour lutter contre une nouvelle vague de contagion pourraient toutefois mettre en péril ces gains.

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