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Des millions de dollars pour les infrastructures de Winnipeg dorment dans un fonds

Des camions sur une route de gravier.

Plusieurs résidents attendent le pavage de la rue Liberty, dans Charleswood-Tuxedo-Westwood.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton/CBC

Depuis plusieurs décennies, des millions de dollars pour la construction d’infrastructures telles des trottoirs et des lampadaires ou pour le pavage de rues, demeurent inutilisés dans un compte de la Ville de Winnipeg.

L’argent dort dans un compte devant servir aux services futurs. Il est donné à la Ville par des développeurs pour payer pour une portion des futures infrastructures qui seront nécessaires à la réalisation de leurs projets.

Depuis 1970, la Ville a utilisé ces fonds pour clore près de 120 projets différents, mais près de 140 autres partout en ville sont toujours en attentes d’infrastructures. C’est 6,92 millions de dollars qui se trouvent dans le fonds, alors que la Ville estime qu’il en coûterait 9,1 millions pour exécuter les travaux en suspens.

C’est lorsque le conseiller de St-Vital Brian Mayes était à la tête du comité du service de l’urbanisme, des biens et de l’aménagement qu’il a commencé à demander comment les fonds étaient utilisés, incitant même la production d’un rapport sur la question.

Si les projets en attente se trouvent aux quatre coins de la ville, une bonne partie d’entre eux sont dans le quartier Charleswood-Tuxedo-Westwood.

Dès 1994, la Ville a commencé à récolter des fonds pour paver la route de gravier de la rue Liberty, près du boulevard Wilkes.

Mordre la poussière

En 2020, la route n’a toujours pas été pavée, alors que plusieurs résidents se plaignent des nuages de poussière qui se déposent sur leurs véhicules et leurs terrains.

C’est terrible. Surtout au printemps, c’est à ce moment que ça commence. La poussière recouvre tout. Quand vous sortez dehors, vous respirez même cette poussière, dit Gary Smith, l’un des résidents.

Même si la Ville a les fonds nécessaires pour résoudre le problème à long terme, elle continue d’envoyer chaque année une équipe pour ajouter de la gravelle, niveler la route et épandre un produit chimique pour tenter de garder la poussière au sol.

Un homme dehors, devant une route de gravier.

Gary Smith, un résident de la rue Liberty.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton/CBC

Gary Smith se demande pourquoi personne à la Ville n’utilise l’argent du fonds pour une solution permanente.

C’est au-delà de ma compréhension. S’ils ont l’argent, pourquoi ne le font-ils pas? Je ne comprends pas, mentionne M. Smith.

Kevin Klein, le conseiller de Charleswood-Tuxedo-Westwood, a reçu plusieurs plaintes liées à la poussière et à l’état des routes depuis son élection. Ce n’est que plus tard qu’il a appris l’existence du compte pour les services futurs.

Le projet a été longuement discuté, on savait qu’il devait aller de l’avant, mais on n’avait pas l’argent pour le faire et ensuite on se rend compte que cet argent dormait dans ce compte tout ce temps-là dit M. Klein.

Pour Kevin Klein, il est temps que la Ville commence à travailler sur un meilleur contrôle du budget et une meilleure gestion de la bureaucratie.

Un homme en habit portant des lunettes.

Le conseiller de Charleswood-Tuxedo-Westwood, Kevin Klein.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik/CBC

Un rapport remis au comité du service de l’urbanisme, des biens et de l’aménagement formule certaines de ces recommandations.

Un employé de la Ville reconnaît que dans quelques cas, les fonds pour les services futurs ont dormi pendant plusieurs années.

Le département du service de l’urbanisme, des biens et de l’aménagement collecte les fonds des développeurs, mais la planification des projets est fait par un autre département, soit les travaux publics ou le service des eaux et des déchets.

Dans le passé, il y a eu un fossé dans les communications interdépartementales en ce qui concerne les sources de financements, dit Mike McGinn, un gestionnaire des finances à la Ville.

M. McGinn espère que les communications vont aller en s’améliorant et que les nombreux services verront que de l’argent est disponible pour leur permettre de clore certains projets.

Pour le conseiller de Charleswood-Tuxedo-Westwood, Kevin Klein, les choses ne bougent pas assez vite, alors qu’une douzaine de routes ont besoin d’être pavées, en plus des trottoirs à construire et des lampadaires à ériger.

Le conseiller municipal de St-Vital, Brian Mayes, est quant à lui enthousiaste à l'idée de pouvoir installer quelques lampadaires pour un résident.

Le fonds contient déjà 500 $ pour son projet, mais M. Mayes est certain de trouver les quelques milliers de dollars manquants à cause de l’inflation des coûts depuis que l’argent a été mis de côté, il y a déjà de ça quelques décennies.

Avec les informations de Sean Kavanagh

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