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Renouveau en pleine crise de la COVID-19 pour des entrepreneurs de la Saskatchewan

Le copropriétaire du Core Coffee, Tim Weisgarber.

Le Core Coffee déménagera dans les locaux laissés vacants par la galerie Slate.

Photo : Radio-Canada / Etienne Ravary

Étienne Ravary Ouellet

Alors que les entreprises de la province tardent à reprendre des activités normales en raison de la crise de la COVID-19, certaines entreprises ont profité du contexte afin de se renouveler.

Pour le copropriétaire de l’entreprise Everyday Kitchen, Mark Shmelinski, la crise de la COVID-19 a été un point tournant.

On a vu les ventes augmenter pendant la crise d’environ 30 à 40 %. En réalité, on a dû engager trois nouveaux employés à temps plein. [...] On a été chanceux d’être soutenu par la communauté , dit-il.

Le succès de l’entreprise, qui a moins d’un an, repose notamment sur la rapidité avec laquelle le copropriétaire et sa femme, Katie ont innové pour faire face à la crise.

On est devenu très accessible pendant la [crise]. On a réagi rapidement. On a mis en place des options de ramassage et de livraison en moins de trois jours, afin d’être capable de maintenir nos activités .

Un propos qui fait écho à ceux de la vice-présidente de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, Marilyn Braun-Pollon. Selon elle, le succès attribuable aux entreprises de la province ayant progressé pendant la crise est la preuve d’une créativité et d'un sens pour l’innovation.

Quand vous regardez ces entreprises [qui ont bénéficié de la crise], elles ont toute trouvé une manière de s’adapter rapidement à une nouvelle réalité pour maintenir des revenus

Mark Shmelinski, copropriétaire du Everyday Kitchen.

Le copropriétaire du Everyday Kitchen renchérit en ajoutant que la petite boutique jouit d’une place unique dans le cœur des habitants de la capitale, principalement parce que le produit qu’il offre est unique, selon lui.

On a la chance d’offrir un produit exclusif. On est la seule pâtisserie à offrir des beignes sans levain en Amérique du Nord. De toute évidence, de pouvoir offrir une pâtisserie artisanale quotidiennement, même pendant la pandémie, ça nous a aidés à garder une place privilégiée auprès des gens.

La crise a également profité à l’entrepreneur afin de finaliser l’ouverture d’un nouveau local, qui verra le jour l’an prochain si tout va comme prévu.

Une pancarte annonce les futurs locaux, au milieu d'un champ nu.

L'entreprise Everyday Kitchen ouvrira un nouveau local, avec le fabriquant de crème glacée artisanale, Dandy's.

Photo : Radio-Canada

Pour une petite entreprise qui a à peine un an [septembre 2019], ouvrir une seconde succursale, c’est immense.

Une opportunité pour se renouveler

Gina Fafard, la propriétaire et directrice de la galerie Slate a également profité de la crise afin de se renouveler.

En plus d’avoir changé de local, la directrice de la galerie, fille de l’artiste fransaskois renommé, Joe Fafard, offre désormais toutes ses expositions en ligne grâce à une numérisation 3D de la galerie, réalisée avec une conceptrice et photographe d’une entreprise de Regina.

Son objectif était non seulement de pouvoir continuer à exposer les œuvres, mais également de permettre aux artistes de continuer à créer.

La galerie Slate, en version numérique en ligne où il est possible de « visiter » l'espace à partir d'un ordinateur.

La galerie Slate de Regina offre désormais toutes ses expositions en version numérique en 3D.

Photo : Radio-Canada / capture d'écran

Et le pari semble avoir fonctionné. Une des expositions réalisées en pleine pandémie, en juin, lui a permis de vendre presque l’ensemble des œuvres exposées.

Ç’a été un premier projet très réussi. On a presque vendu toutes les œuvres à travers le pays. J’ai livré des œuvres de Halifax à Victoria.

Gina Fafard, propriétaire et directrice de la galerie Slate.

Gina Fafard avoue même avoir fait les choses à l’envers, offrant accès à l’exposition en ligne avant même de la rendre accessible physiquement, dans les nouveaux locaux de la galerie, dans le quartier Cathedrale.

L’exposition a été accessible au public quelques semaines en juin, quand on a rouvert l’espace de la galerie, mais elle était déjà accessible en ligne depuis le début du mois de mai. Ça a été une bonne manière de rester connecté.

Grâce à son innovation, la galerie Slate sera d’ailleurs l’une des quelques galeries à offrir une exposition toute numérique lors du prochain festival d’art, Toronto Art, qui se tiendra pour la première fois principalement à distance.

Gina Fafard à la galerie Slate.

La propriétaire de la galerie Slate, Gina Fafard a profité de la crise pour créer des numérisation 3D de ses expositions.

Photo : Radio-Canada / Etienne Ravary

Pour elle, il était primordial de continuer à offrir une tribune aux artistes. Sans forcément faire plus de profit, la directrice avoue avoir vu une progression dans ses ventes. Une situation qui a peut-être quelque chose à voir avec la pandémie, explique-t-elle.

On est une entreprise, mais on est également une tribune offerte aux artistes. Nous vivons de l’art, mais c’est aussi une manière de nourrir l’âme des gens, particulièrement pendant la crise que nous vivons.

Une occasion pour être solidaire

Alors que le contexte de pandémie nuit à plusieurs cafés de la province, le Core Coffee en a profité pour rebrasser les cartes et déménager dans le bâtiment laissé vacant par la galerie Slate, tout près de l’actuel local.

La crise a été profitable pour le café, mais plus difficile financièrement pour la petite boutique de vêtements rétro, liée aux locaux du café, précisent les propriétaires Amy et Tim Weisgarber.

Malgré la crise et l’incertitude, l'opportunité de changer d’emplacement était trop bonne pour laisser la passer.

Pour nous [le fait de déménager de local] n’était pas forcément une question financière, mais on a plutôt été guidé avec notre instinct

Amy Weisgarber, copropriétaire du Core Coffee et de la boutique de vêtement T+A.

Le couple a organisé depuis trois ans 56 évènements culturels et sociaux, de la musique aux arts. Une scène vitale pour l’écologie artistique et culturelle, selon le couple d’entrepreneurs, mais qui demeure encore trop fragile.

On vit grâce à la communauté, et on a toujours voulu lui rendre, explique Tim. On veut aider les artistes ajoute Amy, en précisant que le nouveau local, faisant plus du double de la superficie, leur permettra encore plus de mettre de l’avant les évènements culturels et sociaux, une vocation que se donne comme mandat le couple.

Notre entreprise a grandi en même temps que le quartier. On vit ici depuis 12 ans. Si on rentre du travail, c’est certain qu’on va rencontrer quelqu’un qu’on connaît. [...] On est très attaché , ajoute Tim.

Quand on regarde ce qu'a apporté la [crise] de la COVID-19, on parle plus souvent de fermeture qu’autre chose. Je crois que les gens sont très excités pour nous, de voir qu’on déménage dans un nouveau local , conclut Tim.

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