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Les élèves défavorisés surreprésentés dans les classes virtuelles à Toronto

Un enfant devant un ordinateur regarde son enseignant écrire des additions au tableau.

En Ontario, les élèves ont le choix de suivre les cours en ligne ou en présentiel.

Photo : getty images/istockphoto / pinstock

Radio-Canada

Les élèves des minorités visibles et vivant dans des foyers à plus faibles revenus sont plus enclins à choisir les cours en ligne plutôt qu’en présentiel, selon un document émis à ses administrateurs par le Conseil scolaire public anglais de Toronto (TDSB).

Selon les statistiques du TDSB, les élèves issus de familles à statut socio-économique élevé sont deux fois plus susceptibles d'opter pour l'enseignement en personne que l'apprentissage virtuel.

Les enfants originaires d'Asie du Sud et d'Asie de l'Est, ceux ayant un statut socio-économique inférieur et ceux dont les parents n'ont pas fait d'études universitaires représentent, en contrepartie, un nombre disproportionné des 70 000 étudiants inscrits dans le système scolaire virtuel du TDSB cet automne, selon les données.

Selon certains spécialistes, ces statistiques démographiques démontrent l’importance de ne pas laisser pour compte ces enfants qui apprennent à distance.

Il y a un énorme besoin de soutien supplémentaire pour les étudiants qui ont recours à l'apprentissage virtuel , a déclaré Anna Katyn Chmielewski, professeure agrégée à l'Institut d'études pédagogiques de l'Ontario.

Elle soutient notamment que les enseignants ont du mal à adapter rapidement leurs méthodes aux nouvelles salles de classe virtuelles. Il est difficile pour les enseignants de garder un œil sur les élèves qui éprouvent des difficultés et qui pourraient être laissés pour compte, encore plus lorsque ces élèves sont dans les classes virtuelles , a-t-elle déclaré.

Des élèves déjà plus susceptibles de rencontrer des défis

Les enfants qui sont plus susceptibles de rencontrer des défis sont les mêmes que ceux qui sont plus susceptibles de suivre un apprentissage en ligne, a déclaré Annie Kidder, directrice exécutive du groupe People for Education.

C'est la situation la plus urgente que nous ayons actuellement dans le domaine de l'éducation et nous devons nous assurer de faire quelque chose à ce sujet.

Annie Kidder, directrice exécutive du groupe People for Education

Il est vital qu'il y ait plus de soutien en place pour ces enfants afin qu'ils ne soient pas seuls. Sinon, certains vont vraiment perdre pied et cela aura un impact sur leur vie, ajoute Mme Kidder.

Selon elle, la province doit s'assurer de fournir suffisamment de financement pour embaucher du personnel spécialisé qui peut aider les étudiants défavorisés à faire face aux défis de l'apprentissage en ligne.

Il n'est pas durable ou équitable de simplement supposer que nous pouvons compter sur les familles [pour les soutenir sur le plan scolaire]. Ce sont des familles qui ont également du mal à mettre de la nourriture sur la table.

Une peur de la COVID-19 plus présente

Les statistiques d'inscription semblent suggérer que les familles de couleur et les familles plus pauvres de Toronto pensent que leurs enfants courent un plus grand risque d'attraper le nouveau coronavirus à l'école que les familles blanches plus riches.

Cela correspond à l'analyse des données de Mme Chmielewski et de son collègue Omar Khan, qui ont constaté que dans les quartiers de Toronto avec un taux d'infections à la COVID-19 supérieur à la moyenne, les parents sont généralement plus enclins à opter pour le modèle d'apprentissage à domicile.

Je pense que beaucoup de parents pensent que l'école est potentiellement plus risquée pour leurs enfants et pour que leurs enfants rapportent le virus à la maison, a déclaré Omar Khan, un informaticien défenseur des droits des réfugiés.

Il soutient que les parents s'inquiètent probablement aussi des risques potentiels pour leur propre santé et leur capacité à travailler.

Selon lui, les résultats soulèvent la question de savoir si la province et les conseils scolaires ont fait suffisamment d'efforts pour réduire le risque d'infections dans les écoles des quartiers les plus durement touchés par le COVID-19.

Vous avez une tonne d'enfants défavorisés qui restent à la maison, lance M. Khan. Comment les ramener dans la salle de classe où nous savons qu'ils apprennent mieux? Que pouvons-nous faire dans ces écoles pour que les parents se sentent en sécurité pour renvoyer leurs enfants?

Autres faits saillants des données du TDSB :

  • 65 % des élèves qui ont choisi l'enseignement en classe ont un parent avec une formation universitaire, contre 49 pour cent des élèves qui ont choisi l'apprentissage virtuel

  • 37 % des élèves qui ont choisi l'enseignement en classe sont issus de familles à statut socio-économique élevé, contre 15 % des élèves qui ont choisi l'apprentissage virtuel

  • Les élèves blancs représentent 36 % des inscriptions à l'enseignement en personne, contre 14 % des inscriptions à l'apprentissage virtuel

  • Les statistiques ne montrent pas de différence significative dans la proportion d'élèves noirs qui choisissent l'apprentissage virtuel plutôt que l'enseignement en personne

Avec les informations de CBC News

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