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Hommages et rassemblements en France au lendemain de l’attentat terroriste

L’auteur de l’attentat, né en 2002 à Moscou et d'origine tchétchène, bénéficiait d’un statut de réfugié.

Des fleurs devant les portes du collège où enseignait la victime de l'attentat terroriste.

Samuel Paty, professeur d'histoire et de géographie, a été décapité hier alors qu'il rentrait chez lui.

Photo : Reuters / CHARLES PLATIAU

Radio-Canada

Des dizaines d’élèves et de parents se sont succédé pour déposer des fleurs au pied des grilles du collège du Bois d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine, au lendemain d’un « attentat terroriste islamiste », selon les autorités françaises, qui a sidéré le pays.

Un hommage national sera organisé par l’Élysée avec la famille de Samuel Paty, décapité hier à Conflans-Saint-Honorine, une ville dans la banlieue nord-ouest de Paris, à la sortie du collège – école secondaire en France – où il était professeur d’histoire et de géographie.

Dimanche, un rassemblement est prévu à la place de la République, à Paris.

L’auteur de l’attentat, né en 2002 à Moscou et d'origine tchétchène, bénéficiait d’un statut de réfugié.

Il n’était pas connu des services de renseignement pour radicalisation, mais il était connu des services de police pour des faits de droit commun et il n’avait jamais été condamné.

En conférence de presse, le procureur antiterroriste Jean-François Ricard a précisé qu'un message de revendication publié sur Twitter juste après le meurtre, faisant le lien avec Mahomet, émanait bien de cet individu. Les investigations ont pu confirmer qu'il s'agissait bien d'un compte appartenant à l'auteur des faits, a-t-il déclaré.

Citoyens et élus rassemblés devant le collège du Bois d'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine.

Citoyens et élus se sont rassemblés devant le collège du Bois d'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine.

Photo : Reuters / CHARLES PLATIAU

Selon les éléments dévoilés par le magistrat, Samuel Paty avait organisé avec ses élèves un débat, prévu dans le cadre des cours d'éducation civique, au cours duquel il a montré des caricatures du prophète Mahomet. Il avait alors proposé aux élèves qui le souhaitaient de ne pas regarder certains dessins.

Le magistrat a par ailleurs confirmé que neuf personnes se trouvaient en garde à vue, dont le père d'un élève, qui avait pris à partie le professeur sur les réseaux sociaux.

Il a précisé que la demi-sœur de cet homme avait rejoint l'organisation État islamique en 2014 en Syrie et qu'elle fait à ce titre l'objet d'un mandat de recherche par un juge d'instruction antiterroriste.

Une cellule psychologique a été mise en place au collège du Bois d’Aulne, où enseignait Samuel Paty.

Cet attentat est le second acte terroriste commis depuis le début du procès des complices des assaillants des attentats de janvier 2015 contre le journal satirique Charlie Hebdo, durant lesquels 12 personnes avaient été tuées, en représailles à la publication de ces mêmes caricatures.

Il y a trois semaines, un ressortissant pakistanais a attaqué au hachoir deux personnes rue Nicolas-Appert, dans le XIe arrondissement de Paris, où se trouvait la rédaction de l'hebdomadaire satirique lors de la tuerie.

Des fleurs, une chandelle, et des messages sur lesquels on peut lire « Je suis enseignant ».

Des appels à la défense de la liberté d'expression ont été lancés en France.

Photo : Reuters / CHARLES PLATIAU

Une communauté opaque

Le grand flou qui entoure la communauté tchétchène, dont l'auteur présumé serait issu, est une difficulté supplémentaire, explique le politologue Asiem El Difraoui, spécialiste du djihadisme, cité par l’agence Reuters.

On ne sait pas trop ce qui se passe dans la diaspora tchétchène, parce qu'il y a peu de gens qui en parlent la langue dans les services de renseignement. C'est une communauté qui a une structure très clanique et patriarcale et qui baigne depuis longtemps dans une atmosphère de violence en raison de la répression qu'elle a subie, affirme-t-il.

Ce problème a été trop longtemps négligé, regrette le politologue, en rappelant que l'auteur de l'attaque au couteau qui avait fait un mort et quatre blessés en mai 2018 près de l'opéra de Paris était aussi un Tchétchène de 20 ans sans antécédent judiciaire, mais radicalisé.

Selon des chiffres provenant du renseignement français, repris dans un rapport du Centre d'analyse du terrorisme, 7 à 8 % des Français impliqués dans les filières djihadistes vers la Syrie et l'Irak (velléitaires, soutiens ou combattants sur zone) sont d'origine tchétchène.

Depuis le début de la vague d’attentats djihadistes en France amorcée en 2015, 259 personnes ont été tuées.

Avec les informations de Le Monde, Reuters, et Agence France-Presse

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