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Le temps d’attente des résultats de tests de dépistage décourage des familles

Des gens font la file devant le centre de dépistage de la COVID-19 situé au Thunderbird House, à Winnipeg.

Les Winnipégois doivent parfois attendre pendant plusieurs heures devant les centres de dépistage de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Lyzaville Sale

Radio-Canada

Les longues files d’attente devant les centres de dépistage de la COVID-19 et les jours qui s'écoulent avant d'obtenir les résultats des tests poussent certaines familles winnipégoises à remettre en question leur utilité.

Le fils de Siobhan Loeza Aceves, Tristan, a été renvoyé chez lui par son école, le 6 octobre, parce qu'il avait des symptômes de COVID-19.

Après cinq heures d’attente au téléphone pour parler à un conseiller de la ligne Info Santé, Siobhan Loeza Aceves a été dirigée vers le centre de dépistage de la Thunderbird House sur la rue Main.

Toutefois, elle précise que les deux heures d’attente sur place, le 7 octobre, ont été très difficiles pour son fils de 12 ans atteint du trouble du spectre de l’autisme.

Trois jours après le test de dépistage, la mère n’avait toujours pas reçu les résultats. Elle tente alors de joindre la ligne Info Santé afin d'obtenir le résultat par téléphone. Trois heures d’attente plus tard, elle apprend qu'il peut s'écouler jusqu'à 7 jours avant que les résultats soient disponibles.

Le lendemain, elle a toutefois pu consulter les résultats en ligne. Ils étaient négatifs. En raison du long week-end de l’Action de grâce, Tristan n’a, quant à lui, repris le chemin des classes que le mardi 13 octobre, soit une semaine après avoir dû rentrer à la maison en raison de ses symptômes.

Cet engrenage d’attente fait aujourd’hui dire à Siobhan Loeza Aceves qu’elle passera probablement outre l’étape du test de dépistage la prochaine fois et gardera son fils 10 jours à la maison après l’apparition de symptômes, comme le conseille la santé publique.

Elle dit qu’elle suspectait que les symptômes de son fils étaient liés à une allergie, mais qu’elle avait choisi de lui faire passer un test de dépistage de la COVID-19 dans l’espoir qu’il puisse retourner à l’école plus rapidement.

En vérité, ça a seulement permis de le faire retourner à l’école deux jours plus tôt que s’il avait attendu les 10 jours, déplore la mère de famille.

Il y a des progrès, dit la Santé publique

Depuis des semaines, le gouvernement provincial s’efforce de travailler sur les retards pris dans les procédures de test. Malgré l’augmentation de la capacité du nombre de tests cet été, avec environ 3000 tests par jour, les Manitobains continuaient, au début du mois, de déplorer les jours d’attente entre le test et l'obtention des résultats.

Le temps d'attente semble, depuis, s'être amélioré. Le médecin hygiéniste en chef de la province, le Dr Brent Roussin, a indiqué, jeudi, que le temps d’attente médian pour les résultats était de 41 heures.

Cela n'est toujours pas suffisant, selon un épidémiologiste.

C’est malheureux que nous parlions encore de temps d’attente pour passer un test, et qu'une fois l’échantillon envoyé, il faille encore attendre plusieurs jours pour obtenir les résultats à ce moment-ci de la pandémie, fait remarquer le Dr Nazeem Muhajarinele, un professeur au département de santé communautaire et d’épidémiologie du collège de médecine de l’Université de la Saskatchewan.

Il explique que plusieurs études soulignent l'importance de recevoir les résultats dans les 48 heures afin de briser la chaîne de transmission du virus. Plus cette information se fait attendre, plus les occasions de transmission se multiplient, note-t-il.

Je dirais que le temps médian idéal serait de 24 heures.

Dr Nazeem Muhajarine, professeur au département de santé communautaire et d’épidémiologie du collège de médecine de l’Université de la Saskatchewan

Ce qui est dommage, c’est que dans un pays comme le nôtre, nous devrions avoir un système et une capacité de test efficace et rapide afin de donner les résultats aux gens, explique-t-il

S’isoler avec ou sans test

D’autres parents se questionnent quant à la nécessité de faire passer un test à leur enfant.

Karen Ouellette a, elle aussi, amené sa fille, une élève de 9e année, passer un test de dépistage le 7 octobre. Elles ont attendu deux heures et demie avant de passer le test.

Les résultats négatifs sont arrivés le samedi 10 octobre, mais les symptômes de sa fille continuant, cette dernière n’a pu retourner en classe que le mercredi suivant.

Quand vous y pensez, vous devez de toute façon vous auto-isoler. Quel intérêt de faire [toutes ces procédures] si vous vous isolez de toute manière?

Karen Ouellette, mère d'une élève de 9e année ayant subi un test de dépistage

Bien qu’elle comprenne qu’un résultat positif permettra un traçage des contacts, elle estime qu’il n’y a guère d’avantage pour elle de savoir que les symptômes sont dus à la COVID-19, à moins que ces derniers soient sévères.

Le Dr Nazeem Muhajarine, de son côté, ne recommande pas de se lancer soi-même dans un auto-isolement. Il défend l’importance de se faire tester, notamment en raison des patients asymptomatiques qui peuvent transmettre le virus.

Avec des informations de Cameron MacLean

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