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À la rencontre de Denise Daguerre, qui accueille les gens à Val-Gagné

Une femme devant une maison en bois rond.

Denise Daguerre accueille quiconque veut s'y rendre pour un café et une conversation.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Dans un espoir de garder la langue française vivante dans son village du Nord de l'Ontario, Denise Daguerre rassemble, nourrit et accueille tous ceux qui s’arrêtent à sa maison en bois rond.

Val-Gagné est l’un des plus anciens villages du Nord de l’Ontario. Il a longtemps été un phare important de la francophonie canadienne.

Le village aurait bien pu devenir un autre village fantôme du Nord de l’Ontario. Notre école a fermé, le magasin général aussi, on devait faire une heure de voiture pour acheter nos provisions, raconte Mme Daguerre.

Voilà que depuis quelques années, avec l'arrivée d'une soixantaine de familles mennonites dans la région, l’allemand et l’anglais sont parlés davantage.

Une femme avec une cafétière.

Denise Daguerre pense à chaque détail afin de rendre ses invités confortables.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Il n’y avait plus d’endroit pour se rencontrer dans ce petit village au nord de Timmins. Mme Daguerre a ainsi transformé sa maison en résidence communautaire, un endroit où tous sont les bienvenus pour discuter autour d’un café.

Denise reçoit les gens pareil comme si elle était un Tim Hortons.

Carole Decaire, résidente d'Iroquois Falls

Ici, tu peux rentrer n’importe quel jour, n’importe quel temps, tu es le bienvenu, elle a toujours du manger de prêt, ajoute Norman Denault qui réside dans le village voisin d'Iroquois Falls.

Un homme mange une soupe.

Norman Denault ne connaissait pas la famille Daguerre avant 2016, mais participe à des projets de construction avec la famille Denaut depuis 4 ans.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Denise Daguerre le fait en s’inspirant de ses parents, elle turlute tout en cuisinant pour les prochains visiteurs qui franchiront le pas de sa porte.

Une femme avec une soupe en main.

Dorian Denault savoure la soupe que Denise a préparée.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Afin que ses convives se confient, Mme Daguerre a développé différentes techniques.

Pour se parler, il faut s’asseoir, dit-elle. C'est pour cette raison qu’il y a toujours une dizaine de chaises de façon à former un cercle dans sa maison. Quand tu es assis en rond, on s’écoute et tout le monde peut se relancer la balle facilement.

Des gens autour d'une feu.

Quand le soleil n'est pas de la partie, la famille Daguerre invite leurs convives dans la maison autour du foyer.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Cette première technique, elle l’a peaufinée pendant bon nombre d’années en enseignant aux classes de jardin et de maternelle.

La native de Val-Gagné a toujours une soupe sur le rond et une cafetière à portée de main afin d'appliquer sa deuxième technique. Les échanges se font [toujours mieux] autour d’un repas. Dans ma jeunesse, le souper était l’occasion d’entendre les histoires de nos frères et sœurs.

Un cœur à la bonne place

Sa joie de vivre lui vient de son père, dit Mme Daguerre. C’est l’héritage de nos parents, je viens d’une famille de onze enfants qui a grandi sur une ferme. Il y avait donc toujours quelqu’un qui arrivait pour venir acheter du lait, de la crème ou du beurre. S’il n'y avait personne à l’étable, les gens rentraient dans la maison , se remémore-t-elle.

Puisqu’on vit dans une petite communauté, les gens arrivent sans invitation. Mon père disait toujours : tire-toi une bûche et assis-toi. Mon mari et moi, on a bâti une maison bois rond, la phrase de mon père prend tout son sens maintenant.

Denise Daguerre

Denise et son mari Henri Daguerre ont trois enfants sous leur toit avec des besoins particuliers.

En connaissez-vous bien des gens de 74 ans qui adopteraient un jeune enfant autiste? Denise et Henri viennent de le faire avec Jérémie qui a 14 ans.

Carole Decaire
Une famille devant une maison en bois rond.

Henri et Denise Daguerre ont bâti une maison en bois rond sous laquelle ils habitent avec 2 de leurs enfants qu'ils ont adoptés.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

[Mme Daguerre] donnerait sa dernière piastre, tu ne pourrais jamais la payer pour tout ce qu’elle fait, raconte Dorian Denault.

Denise raconte bien humblement avoir prêté sa maison en bois rond pendant une semaine à des inconnus, comme il n’y a pas d’hôtel à Val-Gagné.

Elle est généreuse avec tout le monde, ça ne fait pas de différence de qui il s’agit.

Norman Denault
Une famille fait un casse-tête.

Denise Daguerre aime bien recevoir des casse-têtes de ses visiteurs, un passe-temps qu'elle aime bien faire avec ses enfants.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Le bonheur n’est pas dans le matériel, mais dans les rencontres humaines qu'on fait, conclut la principale intéressée.

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