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L'Arménie accuse l'Azerbaïdjan d'avoir violé la nouvelle « trêve humanitaire »

Entourée des trois membres des services de secours, une vieille femme prend à témoin le photographe au milieu des ruines.

Des équipes de secours s'affairent dans les ruines de maisons détruites à Gandja, deuxième ville du Haut-Karabakh.

Photo : Reuters / Umit Bektas

Radio-Canada

Une semaine après un premier cessez-le-feu, conclu mais jamais respecté, entre Azerbaïdjan et Arménie au Nagorny Karabakh, une nouvelle « trêve humanitaire » est entrée en vigueur samedi à minuit mais Erevan a accusé Bakou de l'avoir aussitôt violée.

Quelques heures plus tard, la porte-parole du ministère arménien de la Défense, Shushan Stepanyan, a affirmé sur Twitter : L'ennemi a effectué des tirs d'artillerie en direction du nord entre 00h04 et 02h45 et a lancé des roquettes vers le sud entre 02h20 et 02h45. L'Azerbaïdjan n'a pas immédiatement réagi.

C'est la deuxième fois que les deux parties tentent de parvenir à un cessez-le-feu après trois semaines de combats qui ont fait des centaines de morts au Haut-Karabakh.

L'annonce intervient alors que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'est entretenu au téléphone dans la soirée avec ses homologues arménien et azerbaïdjanais et a insisté sur la nécessité d'un respect strict du cessez-le-feu conclu samedi dernier à Moscou, selon le ministère russe des Affaires étrangères.

L'Azerbaïdjan a obtenu des gains territoriaux ces trois dernières semaines sans pour autant remporter de bataille décisive. Bakou n'a pas jusqu'ici révélé le coût du conflit, ne publiant aucun bilan militaire, matériel ou humain.

Les séparatistes affirment avoir tué des milliers d'hommes, reconnaissent avoir dû reculer mais assurent contrôler la situation. Officiellement, ils ont perdu environ 700 hommes, et la moitié des 140 000 habitants ont été déplacés.

Outre une potentielle crise humanitaire, la communauté internationale craint une internationalisation du conflit, la Turquie soutenant l'Azerbaïdjan. L'Arménie, qui soutient financièrement et militairement les séparatistes, est elle dans une alliance militaire avec la Russie.

Le président français Emmanuel Macron a salué samedi soir cette trêve humanitaire, a indiqué l'Élysée dans un communiqué.

Accusations mutuelles

L'Azerbaïdjan et l'Arménie se sont mutuellement accusés, samedi, de nouvelles attaques dans le conflit autour du Haut-Karabakh, région séparatiste azerbaïdjanaise peuplée majoritairement d'Arméniens, une semaine après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu sans effet sur le terrain.

L'Azerbaïdjan affirme que 13 civils ont été tués et plus de 50 blessés par des tirs de missiles arméniens sur une zone résidentielle de Gandja, la deuxième ville du pays. Une vingtaine de bâtiments ont été touchés dans cette attaque, selon les autorités azerbaïdjanaises.

L'Arménie a rejeté ces accusations et fait état de son côté d'une poursuite des bombardements azerbaïdjanais. Le président azerbaïdjanais a accusé l'Arménie de crime de guerre avec ce bombardement sur Gandja.

Ils en porteront la responsabilité […] Si la communauté internationale ne punit pas l'Arménie, nous le ferons.

Ilham Aliev, président de l'Azerbaïdjan

Il a ajouté que l'armée azerbaïdjanaise avait pris le contrôle total de deux régions auparavant tenues par les forces séparatistes du Haut-Karabakh, Fizuli et Jabrayil. Nous dominons le champ de bataille, a affirmé Ilham Aliev, assurant que l'armée azerbaïdjanaise ne visait jamais des installations civiles.

Il a répété que l'Azerbaïdjan ne cesserait son offensive qu'avec le retrait de l'Arménie du Haut-Karabakh.

À Gandja, des secouristes s'affairaient au milieu des décombres de bâtiments samedi matin, a constaté un photographe de Reuters. Certaines maisons étaient quasiment entièrement détruites.

Victimes civiles

Nous vivons dans la peur depuis des jours […] Nous souffrons beaucoup. On préférerait mourir. J'aimerais que nous soyons morts, mais que nos enfants survivent, a dit une habitante de 58 ans, Emina Aliyeva, à des journalistes.

Le ministère arménien de la Défense a rejeté les accusations de bombardements sur des villes en Azerbaïdjan et a accusé Bakou de continuer à pilonner des zones habitées au Haut-Karabakh, y compris la principale ville de la région, Stepanakert.

Trois civils ont été blessés par des tirs azerbaïdjanais, a dit le ministère arménien des Affaires étrangères. Un caméraman de Reuters à Stepanakert a dit avoir entendu plusieurs explosions vendredi soir et samedi matin.

L'Arménie a aussi accusé l'Azerbaïdjan d'avoir attaqué des installations militaires et endommagé des infrastructures civiles sur son territoire à l'aide de drones.

L'Azerbaïdjan a fait état samedi de 60 civils tués et 270 blessés de son côté depuis le début de ces combats au Haut-Karabakh le 27 septembre. Il n'a pas fourni de bilan concernant son armée.

Le Haut-Karabakh avance pour sa part un bilan de 633 morts au sein de ses forces armées et de 34 civils tués.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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