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En Nouvelle-Zélande, victoire triomphale de la première ministre sortante, Jacinda Ardern

Cette victoire permet au Parti travailliste d'obtenir une majorité de sièges au Parlement, une première depuis que le pays a adopté un système proportionnel mixte en 1996.

Jacinda Ardern en train de prononcer un discours.

La première ministre sortante, Jacinda Ardern, a remporté une victoire écrasante aux élections générales, avec 49 % des suffrages.

Photo : Reuters / STRINGER

Agence France-Presse

La première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, a remporté samedi une victoire éclatante lors des élections générales, son Parti travailliste étant bien placé pour rafler la majorité absolue au Parlement, grâce aux succès du gouvernement dans la lutte contre la pandémie.

Au total, le Parti travailliste de centre-gauche de Mme Ardern a remporté 49,1 % des voix, ce qui lui permettra de contrôler 64 des 120 sièges du Parlement en lui assurant une rare majorité parlementaire.

Le Parti national, parti d'opposition de centre-droit, a remporté 26,8 % des voix lors du scrutin de samedi, soit seulement 35 sièges à l'assemblée.

Jamais un parti néo-zélandais n'est parvenu à avoir la majorité absolue depuis la réforme du système électoral en 1996, ce qui fait que tous les premiers ministres qui se sont depuis lors succédé ont dû gouverner en coalition.

Justin Trudeau a félicité la première ministre néo-zélandaise pour sa victoire, et a souligné la « profonde amitié [entre les deux pays] qui repose sur des liens étroits entre leurs populations et des priorités communes ».

Merci à toutes ces personnes qui nous ont donné leur voix, qui nous ont fait confiance pour continuer à piloter la relance de la Nouvelle-Zélande, a déclaré Mme Ardern aux militants travaillistes en liesse.

Après ce résultat, nous avons un mandat pour accélérer notre réponse et la relance, et nous commencerons demain, a-t-elle dit à des journalistes qui l'interrogeaient sur ses réformes en matière sociale et environnementale.

Des partisans du Parti travailliste en train de célébrer la victoire.

Des partisans du Parti travailliste célèbrent la victoire de leur chef, Jacinda Ardern.

Photo : Reuters / STRINGER

Avant même les résultats définitifs, la cheffe de l'opposition conservatrice a publiquement concédé sa défaite.

Félicitations à la première ministre Jacinda Ardern, à qui j'ai téléphoné, parce que ce sont, je crois, des résultats extraordinaires pour le Parti travailliste, a déclaré la cheffe de file du Parti national, Judith Collins.

La cheffe du parti de centre gauche, Claire Szabo, a fait l'éloge de la campagne de la charismatique première ministre, qui avait déjà bénéficié en 2017 d'une extraordinaire vague de sympathie, surnommée « Jacindamania », qui lui avait permis de conquérir le pouvoir contre toute attente.

Il ne fait aucun doute que le leadership très fort de Jacinda Ardern est une des raisons principales de tout cela, a déclaré Mme Szabo au télédiffuseur public, TVNZ.

Succès contre la COVID-19

Mme Ardern, qui a eu 40 ans cet été, avait surnommé le scrutin les « élections de la COVID-19 », axant à fond sa campagne sur son bilan très solide dans la lutte contre la pandémie. La Nouvelle-Zélande – cinq millions d'habitants – a enregistré 25 décès dus au coronavirus et la stratégie du gouvernement a été saluée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Mme Ardern avait maintes fois insisté sur la nécessité de « se serrer les coudes dans les périodes incertaines », une façon de rappeler que la seconde moitié de son mandat a été marquée par une succession de crises sans précédent dans l'archipel.

La force de caractère de la première ministre a notamment été éprouvée en mars 2019 lors de la pire attaque terroriste de l'histoire néo-zélandaise, quand un suprémaciste blanc a froidement abattu 51 fidèles dans deux mosquées de Christchurch, au sud du pays.

Mme Ardern avait alors impressionné par son attitude, sa compassion vis-à-vis des victimes, et sa réaction politique très vive, notamment sur la question du contrôle des armes et sur celle de la nécessité de pousser les réseaux sociaux à sévir contre la propagation des discours de haine.

À ce drame avait succédé une éruption volcanique ayant fait 21 morts et des dizaines de personnes grièvement brûlées en décembre et, cette année, la pandémie.

Quelle que soit la crise que je traverse, vous aurez toujours l'assurance que je donnerai tout ce que j'ai [...], même si cela implique un énorme sacrifice, a-t-elle affirmé cette semaine.

Coudées franches

Sur le front de la politique intérieure, la dirigeante travailliste avait vu ses réformes sociales en matière d'accès au logement ou de réduction de la pauvreté infantile freinées par les blocages opérés par un de ses partenaires de coalition, le mouvement populiste New Zealand First (NZF) de Winston Peters.

Cet obstacle devrait être levé lors de son second mandat, grâce à son écrasante majorité parlementaire.

La codirigeante des verts Marama Davidson, qui appartenait aussi à la coalition sortante, a estimé que la première ministre avait un mandat clair pour mettre en œuvre le changement.

Ces résultats montrent à quel point les Néo-Zélandais veulent un gouvernement fort et véritablement progressiste, a-t-elle dit.

Les électeurs étaient aussi invités à se prononcer sur deux référendums, le premier sur l'usage du cannabis à des fins récréatives, le second sur l'euthanasie. Les résultats de ces consultations ne sont pas attendus avant le 30 octobre.

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