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Quand on est en amour, de Patrick Norman, un hymne à l’espoir au Rwanda

Patrick Norman a reçu de nombreux témoignages, certains poignants, sur l’impact de sa chanson au Rwanda.

Patrick Norman chante et joue de la guitare.

Patrick Norman lors de son passage à l'émission « Pénélope »

Photo : Radio-Canada / Julie Mainville

Cecile Gladel

La chanson du Québécois Patrick Norman est très populaire au Rwanda, tout comme son interprète. Les paroles évoquent l’espoir d’un monde meilleur pour ce peuple qui a vécu un génocide.

Patrick Norman a même reçu un poignant témoignage il y a quelques années alors qu’il était dans un restaurant. Une survivante du génocide l’a approché pour lui raconter son histoire dramatique.

Cette femme m’a confié qu’elle chantait la chanson en boucle dans sa tête, cachée, pendant que sa famille se faisait massacrer.

Patrick Norman

Évidemment, le chanteur a été bouleversé d’entendre cette histoire. C’est quelque chose! Tu ne t’attends pas à ça. On réalise que la musique est plus puissante qu’on le pense et aide beaucoup à traverser des moments graves.

C’est entre les mois d’avril et de juillet 1994 qu’au Rwanda entre 500 000 et 1 million de Tutsis et Hutus modérés ont été tués. Des militaires, des miliciens, mais aussi de simples personnes d'origine hutue ont perpétré les massacres.

De nombreux témoignages

Au fil des années, Patrick Norman a reçu plusieurs témoignages de personnes qui lui ont souligné la grande importance et la popularité de sa chanson, surtout pour les personnes qui ont survécu au génocide rwandais.

L’une d’entre elles est l’autrice Marie-Josée Gicali, arrivée au Québec en 1998, et qui a réalisé son rêve en rencontrant Patrick Norman, son idole, à l’émission La semaine des 4 Julie (Nouvelle fenêtre) le 8 octobre dernier.

Elle y a même traduit une partie des paroles de la chanson en kinyarwanda pendant que le chanteur l’interprétait. C’était fantastique, une très belle expérience. Un moment de grâce pour moi, a confié Marie-Josée Gicali.

Cette chanson a été plus qu’une chanson, ça a été un baume. Quand j’étais plus jeune, j’aimais la mélodie et les mots d’amour qui nous font rêver quand on a 14 ans. Après le génocide, j’étais une autre personne qui se cherchait et essayait de comprendre la vie. Je me suis donc accrochée aux paroles et j’ai compris qu’il y avait un message : quoi qu’il arrive, la vie continue. Ça rejoignait un proverbe rwandais qui dit la même chose.

Marie-Josée Gicali

Elle pense que ces paroles qui parlent d’amour, mais surtout d’espoir, ont séduit le peuple rwandais. La beauté et les mots n’ont pas de frontières. Ça rejoint tout le monde.

Marie-Josée Gicali pense même que cette chanson peut aider les gens à passer à travers la pandémie actuelle. Ce sont des moments difficiles, surtout pour les personnes fragiles et vulnérables. Cette chanson dit qu’il y a toujours de l’espoir. Pendant le génocide, je ne pouvais pas croire que ça s’arrêterait un jour. Ça a emporté des milliers de personnes, pourtant ça s’est arrêté et ça va mieux. C’est ça le message.

Une chanson des années 80

La popularité de Patrick Norman au Rwanda date de la sortie de Quand on est en amour dans les années 1980. Marie-Josée Gicali se souvient très bien de la fois où elle a entendu cette chanson pour la première fois.

La chanson passait souvent à la radio publique, c’était sur toutes les lèvres, en particulier des adolescents comme moi. On écrivait ça dans notre journal intime et on se partageait les paroles, se souvient-elle.

Portrait de la femme qui regarde sur le côté.

Marie-Josée Gicali lors de son passage à l'émission « Entrée principale »

Photo : Radio-Canada / Catherine Forget

Par curiosité, Marie-Josée Gicali a fait une recherche pour savoir comment la chanson a atteint le Rwanda. L'une des sources est une ancienne journaliste, Agnès Murebwayire, qui animait l’émission Samedi détente dans les années 80 au Rwanda. Je l’ai contactée et elle m’a dit que c'était simplement le centre culturel français qui leur fournissait les chansons, dont celle de Patrick Norman.

D’ailleurs, il y a une vingtaine d’années, l’humoriste Michel Mpambara avait raconté à Patrick Norman que les gens chantaient ses chansons dans les autobus. À plusieurs reprises, il a reçu des témoignages de personnes qui entendaient sa chanson au Rwanda ou qui l’aimaient beaucoup.

En 2017, alors que j’ai reçu la médaille de l’Ordre du Canada avec le sportif paralympique Benoît Huot, il m’a raconté que lors d’un voyage au Rwanda, la sonnerie du téléphone de son chauffeur était la chanson Quand on est en amour, ajoute-t-il.

Patrick Norman n’est jamais allé au Rwanda, malgré quelques tentatives qui n’ont pas fonctionné. Cependant, il ne perd pas espoir et espère bien découvrir ce pays un jour.

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