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Un départ à la chasse entre plaisir et prudence

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Une file devant une station-service.

Plusieurs kilomètres dans les chemins forestiers attendent les chasseurs qui ne manquent pas de faire le plein et même d'apporter des réserves d'essence.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

C’est le début de la chasse à l'orignal à la carabine en Gaspésie. Cette période d’évasion attendue avec impatience par les mordus sera teintée par une série de précautions dictées par la santé publique qui craint une flambée de nouvelles infections au coronavirus avec la proximité des chasseurs dans les camps, notamment.

Si bien des activités ont été annulées cet automne en raison de la pandémie, la chasse à l’orignal a été épargnée, au grand soulagement des chasseurs.

Samedi, dès l’aube, ils seront des milliers, dont 10 000 provenant de l'extérieur de la région, à parcourir les chemins forestiers de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent.

L’an dernier, Québec a vendu près de 25 000 permis de chasse à l’orignal dans la seule zone 1, qui s’étend de Mont-Joli jusqu’à Gaspé en passant par la Matapédia.

La santé publique est donc aux aguets et implore les chasseurs de suivre rigoureusement les mesures d’hygiène et de distanciation physique afin d’éviter la propagation du virus.

Éviter le mélange des familles

À Gaspé comme un peu partout sur le territoire, des conseillers de la santé publique, comme Louis-Philippe Rainville, ont profité de la dernière journée de préparatifs pour arpenter les stationnements des épiceries et des dépanneurs afin de sensibiliser les chasseurs. On cible aujourd’hui et les jours où ils entrent en forêt parce que c’est plus facile de les joindre. On les invite à la prudence, dit-il.

Si la chasse est une activité de plein air, les camps de chasse sont souvent des lieux exigus et mal ventilés.

Un homme debout dehors avec un masque

Le conseiller à la santé publique, Louis-Philippe Rainville

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Le mélange de personnes provenant de familles différentes dans ces petits espaces pourrait avoir des répercussions importantes sur la dispersion et la contagion du coronavirus dans l’ensemble de la province. Les ménages, qu’ils viennent de différentes régions ou de l’intérieur de la région, c’est le même risque de transmission, soit d’une famille à l’autre, d’un milieu de travail à l’autre. Il y a quand même beaucoup de cas actifs dans la région. C’est le mélange qu’on craint, explique M. Rainville.

Un homme debout dans une remorque où se trouve un véhicule tout-terrain.

Ils seront 25 000 au cours des prochains jours dans les forêts gaspésiennes.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Un des objectifs de la santé publique est de sensibiliser les chasseurs à ce risque. S’ils sont plusieurs dans un camp de chasse, on les invite à s’en rendre compte et à ne pas ramener ce risque à la maison et à être plus prudents au retour, explique le conseiller en santé publique.

Des messages entendus

Yves Cloutier, qui se prépare à partir en forêt, a bien retenu les leçons de la santé publique. Cette année, la chasse sera une affaire exclusivement familiale. Il traquera l’orignal avec sa conjointe et ses deux fils. On reste dans la même bulle, il n’y a pas de problème à ce niveau-là.

Un homme masqué avec dans une main un calepin et dans l'autre son permis de chasse.

Wayne Sainte-Croix est prêt à partir

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

La situation est plus complexe pour Wayne Sainte-Croix, de Gaspé, qui fait partie d’un groupe important de chasseurs. On s’est divisés en deux. Une première partie du groupe rentre aujourd’hui, l’autre va rentrer mercredi ou jeudi de la semaine prochaine pour qu’on puisse faire notre distanciation et faire attention, explique le chasseur.

Le groupe a aussi pensé à se procurer des ustensiles et des couverts jetables.

D’autres ne se contenteront pas du port du masque, mais ajouteront à l’équipement de protection des lunettes et des gants.

Et on va éviter aussi les contacts avec les autres camps. Il n’y a personne qui va pouvoir entrer dans notre camp, à part les personnes de l’équipe de chasse, commente Yves-Daniel Garnier qui se demande si Québec a prévu plus de mesures.

On se fie beaucoup à l’individu alors qu’on sait que le contexte de chasse est un contexte où l’alcool coule à flots, c’est effectivement très inquiétant.

Yves-Daniel Garnier, chasseur
Un homme dehors près d'une corde de bois

Yves-Daniel Garnier se prépare à partir à la chasse à l'orignal

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Bien conscient de l’étroitesse de son camp de chasse, Yves-Daniel Garnier entend apporter une cloison qu’il installera entre deux lits qui sont un peu trop près l’un de l’autre.

D’ailleurs, Louis-Philippe Rainville conseille aux chasseurs qui seront plusieurs à dormir dans le même endroit d’éloigner les lits le plus possible.

Enfin, les partys et les rassemblements sont complètement à proscrire, surtout à l’intérieur. C’est une bonne façon de se rendre malade et de ramener ça chez vous après, souligne le porte-parole de la santé publique.

Enfin, la santé publique recommande aux chasseurs de ne pas ignorer d’éventuels symptômes qui se déclareraient durant la chasse et d’utiliser la ligne d’information sur la COVID-19 en cas de doute.

Avec les informations de Martin Toulgoat

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