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Au Yukon, un fossile de chat à dents de sabre livre ses secrets

Un chat à dents de sabre chassant un cheval.

Reconstitution d'un homotherium latidens, un chat à dents de sabre, en pleine partie de chasse.

Photo : Faculté de santé et de sciences médicales de l'Université de Copenhague

Des chercheurs de l’Université de Copenhague, au Danemark, se sont basés sur un fossile d'homotherium, un type de chat à dents de sabre, trouvé au Yukon pour en apprendre plus sur les habitudes et la vie de cette espèce qui semble avoir vécu dans une société complexe.

Un long os trouvé par des mineurs du Yukon est à l’origine d’une étude publiée le 20 décembre prochain dans la revue Current Biology, mais disponible en ligne depuis le 15 octobre. En analysant l’ADN, on a pu confirmer qu’il s’agissait d’un homotherium, ou chat cimeterre, relate Michael V. Westbury, chercheur postdoctoral à l’Université de Copenhague et co-auteur de l'article.

Un spécimen vieux d’au moins 50 000 années

Malgré les techniques de datation performantes, il est difficile de donner un âge à ce spécimen d’homotherium, ou chat à dents de sabre, qui a vécu sur le territoire canadien. Selon le scientifique, la datation au radiocarbone, la technique utilisée dans ce cas-ci, ne peut remonter au-delà de 50 000 ans. Il semble bien plus vieux que ça, mais tout ce qu’on peut dire c’est qu’il a au moins 50 000 ans, avance Michael Westbury.

Alors que les scientifiques pensaient que l’espèce était relativement peu commune, l’étude du fossile a laissé apparaître une autre histoire. En comparant l’ADN de la mère et du père du spécimen trouvé, ils se sont rendu compte que de nombreux individus vivaient ensemble dans une même population.

Ce que nous avons découvert, c'est que la mère et le père étaient plus éloignés l'un de l'autre que ce que nous nous attendions à trouver chez beaucoup d'autres espèces vivantes de grands félins. Donc l’espèce était probablement plus abondante que ce que les fossiles laissent entendre, explique le Dr Westbury.

En faisant un séquençage génomique, les auteurs de l’étude se sont aussi penchés sur les différences entre cette espèce et tous les autres types de chats vivants. Ils ont trouvé que l’homotherium semble se détacher de ces espèces depuis environ 25 millions d’années. À titre de comparaison, les lions et les chats ont divergé il y a environ 10 millions d’années, précise le scientifique.

Chasseur de grosses proies

Les gênes ont également révélé que ce félin était plutôt diurne et qu’il avait tendance à être très endurant et donc à courir sur de longues distances, épuisant ainsi ses proies avant de les dévorer. Les chercheurs ont aussi mis à jour une certaine complexité des relations sociales chez l’espèce étudiée, affirmant qu’elle partage avec les humains des gènes communs.

Il ajoute que si la communauté scientifique a longtemps cru que l’espèce avait disparu il y a environ 300 000 ans, en Eurasie, un fossile trouvé au début des années 2000 dans la mer du Nord laisse croire que les chats à dent de sabre parcouraient encore la surface du globe il y a 25 000 ans.

Leur extinction comme pour de nombreuses espèces est liée à la disparition de leurs proies. Le mammouth laineux, les rhinocéros laineux, les grands chevaux nord-américains, ils se sont tous éteints en même temps. Donc l'homotherium, pendant que sa proie était vivante, a eu beaucoup de succès parce qu'il était parfaitement adapté, analyse le chercheur qui précise que l’espèce n’était pas adaptée pour chasser de petites proies.

Si les fossiles n’ont pas fini de parler, Michael Westbury et son équipe s’enthousiasment de leur récente découverte, la première à concerner un génome qui ne soit pas celui d'un humain issu de spécimens aussi anciens. Cela repousse donc les limites de ce que nous pouvons faire sur le plan technologique, s'enthousiasme-t-il.

Nous établissons de nouveaux protocoles et nous espérons qu'à l'avenir, nous disposerons de génomes provenant de beaucoup plus d'espèces éteintes et que nous en saurons beaucoup plus sur ce qui se passait avant la fin de l'ère glaciaire, fait-il comme voeu.

Avec les informations de Elyn Jones

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