•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le ministre Champagne rencontre la cheffe de l'opposition en exil du Bélarus

Un homme et une femme portant un couvre-visage se touchent le coude en signe de salutations.

Le ministre des Affaires étrangères du Canada, François-Philippe Champagne, rencontre la leader de l'opposition du Bélarus, Svetlana Tikhanovskaya, alors que cette dernière est en exil en Lituanie, le 16 octobre 2020.

Photo : Associated Press / Mindaugas Kulbis

La Presse canadienne

Au dernier jour de sa tournée européenne, vendredi, le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a rencontré en Lituanie la cheffe de l'opposition, en exil, du Bélarus voisin.

Svetlana Tikhanovskaïa a fui son pays après l'élection du mois d'août, que M. Champagne a déjà qualifiée de frauduleuse. Le président Alexandre Loukachenko, en poste depuis 26 ans, a alors obtenu un sixième mandat d'affilée.

M. Champagne avait appelé Mme Tikhanovskaïa pour la première fois en août dernier, et il a depuis travaillé avec son homologue britannique, Dominic Raab, pour imposer des sanctions contre le président Loukachenko, sa famille et certains de ses ministres. Le ministre Champagne a raconté vendredi que Mme Tikhanovskaïa lui avait dit que le soutien initial du Canada avait été déterminant dans la poursuite de sa lutte.

C'était un moment très spécial, a déclaré M. Champagne en téléconférence depuis Vilnius. Parfois, vous faites des choses et vous ne mesurez pas pleinement leur impact. Je pense qu'elle tient le Canada et notre intervention en très haute estime dans son cœur parce que nous y étions depuis le premier jour, et nous nous sommes constamment engagés avec elle, nous nous sommes engagés avec le mouvement, en les soutenant à chaque étape.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Les États-Unis et l'Union européenne ont aussi dénoncé ces élections comme n'étant ni libres ni équitables, et ils ont imposé des sanctions contre ceux qui seraient responsables du trucage des votes et de la répression des manifestations. Des dirigeants européens, dont le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel ont déjà rencontré Mme Tikhanovskaïa.

Depuis la Lituanie où elle a trouvé refuge, Mme Tikhanovskaïa a prévenu le gouvernement de Minsk qu'elle appellerait à une grève nationale au Bélarus plus tard ce mois-ci, à moins que le président Loukachenko démissionne, libère les prisonniers politiques et mette fin à la violente répression du gouvernement contre les manifestants.

Les autorités bélarusses ont annoncé vendredi qu'elles avaient lancé un mandat d'arrêt contre Svetlana Tikhanovskaïa pour tentatives de renverser l'ordre constitutionnel et menace à la sécurité nationale. Cette annonce fait suite à des informations selon lesquelles Mme Tikhanovskaïa figurerait sur la liste des personnes recherchées en Russie. Moscou a fermement soutenu le président Loukachenko tout au long de ces deux mois de manifestations au Bélarus. Moscou a refusé de parler à Mme Tikhanovskaïa et à d'autres militants de l'opposition.

Une femme photographiée à l'avant-plan parle pendant qu'un homme l'écoute en arrière-plan.

La leader de l'opposition du Bélarus, en exil en Lituanie, lors d'une rencontre à Vilnius avec le ministre des Affaires étrangères du Canada, François-Philippe Champagne.

Photo : Associated Press / Mindaugas Kulbis

Tensions à l'OTAN

Il s'agissait de la première visite en Lituanie d'un ministre canadien des Affaires étrangères depuis 24 ans. M. Champagne y a bouclé vendredi une tournée européenne dans quatre pays, axée sur les principaux problèmes de sécurité continentale tels que la situation au Bélarus, les combats dans le Haut-Karabakh et le différend sur la frontière maritime entre la Turquie et la Grèce.

Le premier ministre Justin Trudeau travaillait lui aussi vendredi, au téléphone, afin de soutenir les efforts de M. Champagne en Europe pour amener à la table de négociations les combattants azerbaïdjanais et arméniens du Haut-Karabakh. M. Trudeau prévoyait également de transmettre ce message au président turc, Recep Tayyip Erdogan, et il s'est entretenu vendredi avec le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, pour lui offrir son soutien.

Les relations entre le Canada et la Turquie, un allié de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), sont également tendues, parce que le gouvernement Trudeau a suspendu les permis d'exportation militaires vers la Turquie au début du mois. M. Champagne a ordonné une enquête pour savoir si un instrument de ciblage fabriqué par une société ontarienne et vendu à la Turquie serait utilisé à bord de drones azerbaïdjanais dans des attaques contre des civils arméniens.

Le Canada prêt à s'engager davantage

M. Champagne s'est aussi rendu en Grèce plus tôt cette semaine et a accepté d'aider à trouver une solution dans l'impasse avec la Turquie sur une frontière maritime contestée dans l'est de la Méditerranée.

Le Canada était au cœur de toutes les discussions clés en Europe cette semaine, a soutenu M. Champagne. Vous verrez le Canada s'engager davantage avec un certain nombre de pays de l'Union européenne pour s'attaquer à certains de ces problèmes très complexes et aux points chauds que nous avons vus émerger.

Au dernier jour de sa tournée européenne, vendredi, M. Champagne a aussi rencontré ses homologues de Lituanie et ses voisins baltes au nord, l'Estonie et la Lettonie. La veille, il était à Bruxelles pour s'entretenir notamment avec le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, et il a eu un entretien virtuel avec Josep Borrell, le haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères. Il était mercredi à Vienne, en Autriche, siège de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !