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Les piétons ont-ils assez de trottoirs en Abitibi-Témiscamingue?

Plusieurs maisons sont construites sur la rue qui n'a aucun trottoir ou démarcation sur le sol pour les piétons ou cyclistes.

Certaines rues de Rouyn-Noranda n'ont tout simplement pas de trottoir pour les piétons.

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

Plusieurs villes et municipalités encouragent leur population à adopter des modes de transport collectifs et actifs, mais les rues sont-elles réellement aménagées pour les piétons?

Pour que les gens aient envie de marcher, leur expérience en tant que piéton doit être positive. Cela passe notamment par leur sécurité, en particulier celle des usagers vulnérables, comme le souligne le professeur titulaire à la faculté de l’aménagement à l’Université de Montréal et directeur de la Chaire en paysage et environnement Sylvain Paquette.

Entre marcher sur un boulevard avec un trottoir très étroit versus marcher sur une rue qui est plus fortement végétalisée, qui est peut-être plus étroite et qui a une place plus confortable pour les piétons, les cyclistes, et bien ça, c’est plus attrayant pour les populations, note-t-il.

L'asphalte n'est pas encore en place, mais le trottoir est nouvellement aménagé.

Un seul trottoir est aménagé dans cette rue en développement.

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

En Abitibi-Témiscamingue, plusieurs rues ne comportent pas de trottoirs. Par exemple, à Rouyn-Noranda et à Val-d’Or, il est prévu que les rues résidentielles et locales n’aient pas de trottoir, puisque la circulation automobile y est moins importante. Cela peut cependant influencer la motivation des piétons, explique le professeur à Polytechnique dans le département de génie civil et expert des transports Owen Waygood.

Quand les rues sont plus larges, normalement, on trouve que d’avoir un trottoir augmente les probabilités que les personnes marchent parce que, dans cette situation, les trottoirs fonctionnent comme un espace désigné aux piétons. Ils savent que, normalement, il n’y a pas de voitures sur les trottoirs et qu’ils peuvent être libres, c’est-à-dire de ne pas toujours rester sur leurs gardes, souligne-t-il.

Si on ne baisse pas la vitesse et qu’on ne met pas de trottoirs, c’est peu probable que les personnes trouvent que c’est sécuritaire de marcher dans la rue. Donc, si la ville ne veut pas mettre de trottoirs, il faut baisser la vitesse et aussi ajuster le design de la rue pour s’assurer que la vitesse soit respectée.

Owen Waygood, professeur à Polytechnique dans le département de génie civil et expert des transports

Les trottoirs dans les villes en Abitibi-Témiscamingue

Selon le plan du réseau routier à Val-d’Or, on aménage deux trottoirs sur les artères principales, un sur les rues collectrices, et, sur les rues locales, seulement des bordures. Le maire Pierre Corbeil affirme qu’en cas de réfection d’une rue, on peut ajouter ou retirer un trottoir, ou maintenir le statu quo, selon le plan.

Au fur et à mesure que l’on corrige des situations, on a toujours cette préoccupation du transport actif, que ce soit à pied ou à vélo, affirme-t-il.

À Rouyn-Noranda, la directrice de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, Josée Banville, affirme que chaque fois que l’on répare et construit de nouvelles rues résidentielles, on effectue une réflexion. Règle générale, on n’y aménage pas de trottoir.

C’est sûr que ce sont des choses que l’on va peut-être revoir, mais il y a des coûts rattachés à la mise en place d’infrastructures de trottoirs, tant quand on le construit que lors de l'entretien, souligne-t-elle. Pour ce qui est des artères, des rues collectrices, des rues avec des commerces et des institutions publiques, on installe un trottoir de chaque côté de la rue.

Selon l’organisme Piétons Québec, 14 523 piétons ont été heurtés par un véhicule entre 2011 et 2015 au Québec, ce qui équivaut à 8 piétons par jour.

Du côté d’Amos, il n’y a pas de plan ou de politique précis pour l’aménagement des trottoirs. Le maire Sébastien D’Astous nuance que la Ville a adopté une orientation selon laquelle certains nouveaux tronçons sont considérés comme des artères de transport actif.

Dans les artères où c’est plus passant, c’est vraiment dans ces endroits-là qu’il faut sécuriser le transport actif, et c’est là qu’on va faire des aménagements qui vont être sécuritaires, précise-t-il. Généralement, on va sortir cette voie active de la rue parce que oui, faire un marquage au sol, c’est bien, mais dans certains cas, on veut aussi créer une barrière d'aménagement, une pelouse, un arbre ou au moins une bordure de ciment.

Ville-Marie et La Sarre n’ont pas répondu aux demandes d’entrevue à ce sujet. La Ville de La Sarre a toutefois souligné qu’elle prévoit effectuer, à long terme, une révision de l’aménagement des trottoirs.

Mis à part les trottoirs, la réduction de la vitesse des automobilistes représente un autre facteur clé pour améliorer l’expérience des piétons. Sylvain Paquette insiste sur les mesures d’apaisement de la circulation, et pas seulement sur les limites de vitesse.

On va placer des objets, des obstacles pour faire en sorte que ce ne sera pas une conduite rectiligne, mais une conduite où les automobilistes vont pouvoir bifurquer à différentes reprises pour contourner ces obstacles-là. Ça peut être du mobilier urbain, ça peut être un banc, ça peut être un pot de fleurs, même des saillies de trottoir, énumère-t-il.

Une voiture circule sur une rue nouvellement revampée. Les gens peuvent circuler sur un passage pour piétons afin de traverser la rue.

La première phase de revitalisation du centre-ville de Val-d'Or a permis de procéder à la réfection des trottoirs sur la 3e Avenue entre la 9e Rue et le Boulevard Lamaque.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

À Val-d’Or, le maire Pierre Corbeil mentionne par exemple des avancées de trottoir effectuées dans la première phase de revitalisation du centre-ville. À Rouyn-Noranda, Josée Banville décrit la nouvelle rue Murdoch, qui comportera des trottoirs plus larges, des bandes cyclables de chaque côté de la rue et des bandes de végétation.

Autant à Val-d’Or qu’à Rouyn-Noranda et Amos, on soutient que la municipalité a une constante préoccupation d’encourager les citoyens à emprunter davantage des modes de transport collectifs et actifs.

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