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Autour de Disney, la magie n’opère plus

La région d’Orlando, où l'on retrouve de nombreux parcs d’attractions, peine à attirer les touristes en raison de la pandémie. Le taux de chômage en Floride centrale atteint jusqu’à 15 %.

Une peluche de Minnie Mouse, près de Disney, en Floride.

En raison de la pandémie, Disney a adopté des mesures sanitaires, revu ses horaires et procédé à des compressions.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

« Un monde où vos rêves deviennent réalité ». Ces jours-ci, le slogan de Disney reflète bien mal le quotidien de nombreux travailleurs du secteur touristique d’Orlando, confrontés à des compressions et des mises à pied.

En septembre, Disney World, qui a annoncé sa réouverture au cours de l’été, a annoncé une réduction de ses heures, faute de visiteurs.

On se sent presque isolés, constate Ashley, une Floridienne rencontrée à Disney Springs, une agglomération commerciale à l’entrée de l’un des parcs d’attractions, où la prise de température et le port du masque sont requis.

Si elle est heureuse d'y faire des emplettes sans se retrouver dans une foule de touristes, cette habitante d’Orlando est bien consciente que ce décor inhabituel est synonyme de difficultés économiques pour sa région.

Disney Springs, le quartier commercial près des parcs d'attractions.

Les visiteurs sont peu nombreux à Disney Springs, le quartier commercial près des parcs d'attractions.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Il y a trois semaines, Disney a annoncé la suppression de 28 000 postes aux États-Unis, principalement dans ses parcs d’attractions situés en Californie et en Floride.

À Orlando, près de 9000 employés à temps partiel ont appris au début du mois qu’ils perdraient leur emploi.

Parmi eux, Charissa Ward-Spencer, serveuse dans un restaurant du parc Hollywood Studios, dont les quarts de travail étaient suspendus depuis le printemps.

Ça fait quinze ans que je travaille pour Disney, ce n’est pas comme si c’était un petit emploi temporaire, explique la mère de trois enfants.

Le poste de son conjoint Tarik a également été supprimé. Pour survivre, la famille mise maintenant sur la petite entreprise qu’il a récemment créée et sur les rares aides financières provenant du gouvernement.

Ce sera une période stressante. Il y a une limite à vivre de son épargne.

Charissa Ward-Spencer

Charissa Ward-Spencer est à la recherche d’un nouvel emploi, une mission presque impossible dans une région où l’économie est dépendante du tourisme.

Charissa Ward-Spencer a travaillé pendant 15 ans dans un restaurant de Disney.

Charissa Ward-Spencer a travaillé pendant 15 ans dans un restaurant de Disney.

Photo : Gracieuseté

En septembre, par exemple, Universal Studios, l’autre grand parc thématique de la région, annonçait prolonger la mise à pied de plus de 5000 employés.

Bien sûr, les pertes d’emploi proviennent directement de ces parcs, mais ça touche tout ce qui est autour. Pensez aux hôtels et aux restaurants, souligne le professeur de sciences politiques à l’Université de la Floride centrale, Aubrey Jewett.

Dans les comtés d’Osceola et d’Orange, où vivent bon nombre des employés des grands parcs d’attractions, le taux de chômage en août se situait d’entre 11 % et 15 %, alors qu’au niveau de l’État, ce taux était d’environ 7,5 %.

Même si le gouverneur républicain de Floride a annoncé la levée de nombreuses mesures de confinement liées à la COVID-19, Aubrey Jewett ne s’attend pas à ce que la situation économique s’améliore rapidement dans sa région.

Tant que les gens ne seront pas à l’aise, ils ne viendront pas. Beaucoup de personnes ne sont pas encore prêtes à prendre un avion, à conduire sur une longue distance ou à demeurer dans des hôtels.

Aubrey Jewett, professeur de sciences politiques à l’Université de la Floride centrale

En attendant l’aide du Congrès

En Floride, État-clé des élections présidentielles, les prestataires de l’assurance-emploi comme Charissa Spencer-Ward ne reçoivent que 275 $ par semaine, et ce pour une période allant de 12 à 23 semaines.

Ça ne couvre même pas l’hypothèque. Et j’ai aussi un paiement de voiture, la nourriture, l’électricité, explique-t-elle.

Au printemps, Charissa pouvait compter sur une aide supplémentaire venue de Washington. Pour répondre à la crise économique causée par la pandémie, démocrates et républicains se sont entendus sur un plan qui assurait le versement de 600 $ par semaine aux Américains ayant perdu leur emploi.

Charissa Ward-Spencer devant sa maison de la région d'Orlando.

Charissa Ward-Spencer n'est pas retournée au travail depuis le mois de mars.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Ce programme est arrivé à échéance à la fin de l’été et les négociations visant son renouvellement n’ont toujours pas abouti.

Au début du mois, Donald Trump a annoncé avoir mis fin à ces négociations avec les démocrates, dont les républicains jugent les demandes exagérées, promettant plutôt d’approuver un projet d’aide après les élections. Depuis, le président s’est de nouveau dit ouvert à discuter.

Charissa Ward-Spencer blâme les représentants des deux partis à Washington pour l’échec des pourparlers.

Ça ne nous aide pas et nous avons besoin d’aide maintenant. Pas après les élections, lance cette ancienne travailleuse de Disney, consciente que les prochains mois n’auront rien à voir avec un conte de fées.

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