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La COVID-19 a bouleversé le quotidien des personnes itinérantes

Un homme étendu sur un banc avec des couvertures.

Avec l’arrivée de la deuxième vague de COVID-19 et la multiplication des cas dans la région, La Piaule a resserré davantage ses mesures sanitaires. (archives)

Photo : Radio-Canada / Guy R. LeBlanc

Alors que des activités soulignant la Nuit des sans-abri se dérouleront vendredi soir à Rouyn-Noranda, Amos et Val-d’Or, les organismes en itinérance continuent de multiplier les efforts pour éviter la propagation de la COVID-19 au sein de la clientèle.

À Val-d’Or, La Piaule invite la population à venir faire don d’un masque réutilisable, entre 18 h et 21 h, en plus d’assister à une exposition de photos sur la réalité de l’itinérance en temps de pandémie.

Pour Stéphanie Quesnel, directrice générale de La Piaule, la crise sanitaire a permis à bien des gens de mettre des visages sur le phénomène de l’itinérance.

C’était marquant au début de la première vague, souligne-t-elle. Y’a des moments où les rues étaient désertes parce que les gens avaient peur. Les seules personnes qu’on voyait, c’était eux. Alors qu’avant on passait à côté sans les remarquer tout à fait. Ça a mis en lumière la précarité et les difficultés qu’ils rencontrent à tous les jours, encore plus en période de pandémie.

Mme Quesnel se réjouit de voir la population itinérante épargnée jusqu’ici par le virus, mais elle rappelle que le quotidien de ces gens a été grandement bouleversé par les mesures sanitaires mises en place dans les organismes. La Piaule a notamment dû ajuster son horaire de repas et prévoir un deuxième site d’hébergement, à l’autre bout de la ville.

Il a fallu réinventer nos façons de faire et n’est pas facile à implanter dans une population qui vient et qui part et qui n’a pas nécessairement la compréhension du risque, explique-t-elle. Il leur a fallu réapprendre une routine. Mais je dirais qu’on s’en est plutôt bien sorti jusqu’ici, grâce à notre équipe de cœur et au partenariat avec les autres organismes.

Solidarité entre eux

Stéphanie Quesnel estime que le message de santé et sécurité passe plutôt bien chez les itinérants, même si leur priorité demeure de trouver à se nourrir et se loger.

Je ne pense pas qu’ils ont peur de la COVID, mais en même temps, plusieurs ont déjà des troubles de santé importants et ils ne consultent pas, note-t-elle. Par contre, quand on leur demande de respecter les règlements pour le bien de leur famille de la rue et de notre équipe, on a une belle réponse. Il ne sont peut-être pas conscients du danger pour eux, mais il faut saluer leur désir de faire des sacrifices pour les autres.

Stéphanie Quesnel et Mathieu Simard posent devant la piaule, des photographies encadrées dans les mains.

Stéphanie Quesnel, directrice générale, et Mathieu Simard, intervenant de milieu à La Piaule

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Intervenant de milieu à La Piaule, Mathieu Simard dit faire beaucoup d’éducation sur la COVID-19 auprès des personnes itinérantes, mais des consignes simples sont parfois difficiles à appliquer dans la rue.

Ils comprennent les mesures, mais c’est parfois beaucoup pour eux. Par exemple, on en voit qui se prêtent les masques entre eux. C’est sûr que l’objectif n’est pas atteint, mais en même temps, ils le font par survie, pour pouvoir entrer quelque part. Même chose pour le respect de la distanciation et de la bulle familiale. Leur famille, c’est le monde de la rue. On doit passer des messages d’hygiène et de limiter les contacts, mais ce sont parfois des choses qui s’oublient. L’hiver approche et pour eux qui n’ont pas de foyer, se tenir proches des autres, c’est parfois la seule source de chaleur.

Se préparer pour une éclosion

Avec l’arrivée de la deuxième vague de COVID-19 et la multiplication des cas dans la région, La Piaule a resserré davantage ses mesures sanitaires. L’objectif de l’organisme demeure de pouvoir maintenir les services en cas de crise.

Avec l’arrivée du froid et du gel la nuit, on a toujours de l’inquiétude de pouvoir rester à flot et d’avoir le personnel pour rester ouvert, rappelle Stéphanie Quesnel. Cette année, en plus, on doit se préparer au cas où il y aurait une éclosion dans le milieu de l’itinérance. On sait que la propagation pourrait être rapide. On travaille sur les scénarios avec nos partenaires pour s’organiser. On ne peut pas simplement fermer du jour au lendemain parce qu’il y aurait une éclosion.

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