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La CSN critique le plafond salarial des préposés aux bénéficiaires au privé

Un représentant syndical porte le maillot de la CSN.

Les syndiqués croient que les travailleurs des milieux de vie privés méritent la même reconnaissance que ceux des milieux de vie publics.

Photo : Radio-Canada / Félix Lebel

Radio-Canada

La Fédération de la santé et des services sociaux (FFSS-CSN) craint un exode des préposés aux bénéficiaires qui œuvrent dans les résidences privées pour aînés (RPA) et dans les institutions religieuses, maintenant que le gouvernement a restreint l’accès aux primes salariales.

Depuis août, la prime temporaire de quatre dollars l’heure ne peut faire augmenter le salaire des préposés au-delà d’un plafond salarial établi à 21,27 dollars l’heure.

Auparavant, le préposé pouvait atteindre un salaire supérieur à la nouvelle limite et également bénéficier de la prime temporaire.

La restriction salariale a fait l’objet d’une directive administrative et non d’une annonce publique, ce qui a causé une surprise parmi les employés et le syndicat, selon Nancy Legendre, présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CCBSL-CSN).

Une insulte pour les travailleurs de la santé, selon le CCBSL-CSN

Cette restriction, qui ne s’applique pas aux résidences publiques pour aînés, fait craindre une migration des employés vers le réseau des CHSLD, dont la demande de main-d’œuvre est constante, selon le syndicat.

Il faut dès maintenant régler ce problème. Bien des gens qui travaillent dans les résidences privées pour aînés et les institutions religieuses ont quitté leur emploi dans les derniers mois et on se retrouve avec encore moins de monde sur le plancher pour faire face à la deuxième vague, explique Nancy Legendre.

Elle estime aussi que la baisse des revenus imposée aux préposés aux bénéficiaires pourrait pousser certains employés à entreprendre un second emploi et ainsi augmenter le risque de contamination.

Ils ont tenu à bout de bras la première vague et ce qu’on vient leur dire aujourd’hui, c’est qu’"on considère qu’on a plus besoin de vous en donner une, prime". C’est quoi la différence avec la première vague ? Il n’y en a pas, alors à la limite, oui, je trouve ça insultant, s’indigne-t-elle.

Des personnes ont monté une tente en plein milieu de la rue Belzile à Rimouski à côté du Manoir les Générations.

Le Syndicat des institutions religieuses de Rimouski a pris la rue le 16 octobre devant la résidence privée pour personnes âgées, le Manoir les Générations.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Mme Legendre croit que la prime salariale a aidé à l’embauche de nouveaux employés. Toutefois, les préposés aux bénéficiaires plus expérimentés, qui ne verront plus leur salaire augmenter au-delà du nouveau plafond salarial, seraient plus à risque de quitter la profession.

Craintes chez les institutions religieuses

La présidente du Syndicat des institutions religieuses de Rimouski, qui représente les travailleurs de la santé du couvent des Sœurs du Saint-Rosaire, Liette Ross, ajoute que la perte de main-d’œuvre causée par cette nouvelle disparité de salaire augmente la charge de travail sur les employés.

Selon elle, une telle surcharge pourrait avoir un grave impact sur les soins et sur la rétention des employés dans les résidences qui hébergent les religieuses.

Il y a un manque de main-d’œuvre qui vient poser problème sur le terrain. Les soins en sont de plus en plus affectés. De là notre crainte de voir de la démotivation chez nos employés qui travaillent de main de maître à tenir le fort pendant la deuxième vague, souligne Liette Ross.

Les préposés aux bénéficiaires et les infirmières du réseau de la santé québécois ont quant à eux une prime salariale de 8 % depuis le début de la pandémie. Les autres employés qui ne pratiquent pas de soins ont droit à une prime de 4 %.

Avec les informations de Denis Leduc et de Félix Lebel

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