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Communistes, séparatistes et évangélistes : ces petits partis qu'on connaît peu

Les logos de 7 petits partis : Wexit BC, CHP BC, Conservative BC, Communist Party of BC, BCV, BC Libertarian Party et Rural BC Party.

Sept petits partis tenteront de faire élire des candidats le 24 octobre prochain en Colombie-Britannique.

Photo :  Radio-Canada / Mylene Briand

Libertariens, conservateurs religieux, partisans d’un Wexit, communistes : des candidats de pas moins de 7 petits partis, en marge des 3 partis principaux, tenteront de séduire les électeurs en vue du 24 octobre.

Souvent méconnus, comptant peu de candidats, et boudés par les médias, les tiers partis souffrent du mode de scrutin uninominal à un tour, qui privilégie les organisations plus rodées et plus visibles.

Pourtant, Elections BC compte 23 organisations dûment enregistrées (Nouvelle fenêtre), dont les écosocialistes, le Parti Excalibur et le Parti Vancouver Island, qui vise à faire de l’île de Vancouver une province à part entière.

Nous avons depuis longtemps une histoire politique colorée et très polarisée, souligne le politologue Hamish Telford, de l’Université de la vallée du Fraser. Cela s'explique en partie par des règles d'Elections BC facilitant la présence de ces petits partis.

Souvent, les étudiants me disent que tous les politiciens sont les mêmes, qu'il n'y a pas assez de choix, mais ce n'est pas vrai, dit-il, il y a en fait une vaste gamme de choix.

Toutefois, plusieurs ont été surpris par le déclenchement hâtif des élections. En tout, seulement 10 partis tentent de faire élire un ou plusieurs candidats aux élections du 24 octobre. À cela s’ajoutent 24 candidats indépendants.

Fondé en 2018, le parti Rural BC caressait l’ambition de présenter 23 candidats aux élections de 2021. En raison des élections anticipées, il n’en présente finalement qu’un seul, Darcy Repen, dans Stikine. L’ancien maire de la municipalité de Telkwa, à l’est de Smithers, cherche à mettre en place une approche plus collaborative entre les différents groupes politiques.

Le parti du Wexit, pendant britanno-colombien du mouvement albertain visant à faire en sorte que les provinces de l’Ouest se séparent du reste du Canada, présente deux candidats.

De son côté, le slogan du parti Vision BC, Une vision, Un monde, ne s'entendra que dans trois circonscriptions de Surrey.

Or c'est ni plus ni moins qu’un appel à des changements révolutionnaires que lance l'organisation. Un vote pour BC Vision est un vote pour du changement positif, dit-on sur le site du parti. Un changement qui donnera à nos enfants l’avenir magnifique et prospère que nous envisageons tous.

Des libéraux conservateurs

À surveiller particulièrement cette année : le Parti conservateur et ses 19 candidats. Leur leader, Trevor Bolin, a été conseiller municipal à Fort St-John. Son parti propose notamment l’abolition complète de la taxe sur le carbone et la fin du monopole de l’ICBC.

Selon Hamish Telford, la course à la direction du parti conservateur fédéral, qui s'est terminée récemment, pourrait mousser la popularité de son équivalent provincial. Certains des candidats les plus conservateurs ont bien fait en Colombie-Britannique et je pense que cela a dynamisé certains électeurs conservateurs, dit-il.

Le fait que le seul parti majeur de centre droit en Colombie-Britannique porte le nom de Parti libéral pourrait jouer un rôle. Il y a des gens qui sont conservateurs et, s'ils voient conservateur sur le bulletin de vote, c'est ainsi qu'ils voteront, ajoute le politologue.

Le fait que les libéraux, malgré leur ancrage régional, aient un chef qui vit à Vancouver pourrait aussi être un facteur important pour les conservateurs. Andrew Wilkinson n’est pas seulement un chef urbain, c’est un médecin et un avocat, ce qui ne va peut-être pas attirer les électeurs des régions, explique Hamish Telford.

Sans remporter de sièges, les conservateurs pourraient diviser le vote et faciliter l’élection de candidats néo-démocrates.

Anti-COVID et droite religieuse

Les libertariens, eux, misent sur les mesures de confinement adoptées par la province, qu’ils jugent excessives, pour s'attirer les faveurs de l'électorat.

Avec ses 25 candidats, le parti, représenté par Don Wilson, un avocat de New Westminster, dit se battre pour les droits fondamentaux de chaque citoyen.

La droite religieuse est plutôt représentée par le parti Christian Heritage of BC. Ce parti compte 5 candidats, la plupart dans la vallée du Fraser, la Bible Belt (ceinture biblique) de la Colombie-Britannique. Comme son nom le laisse entendre, le parti fait la promotion des valeurs chrétiennes.

Laura-Lynn Thompson.

La chef du Christian Heritage Party, Laura-Lynn Thompson, affirme être membre du seul parti ayant le courage de se battre pour les valeurs familiales.

Photo : Radio-Canada

Sa chef, Laura-Lynn Tyler Thompson, présentée comme une personnalité populaire de la télévision, affirme avoir reçu, en 1999, un appel de Dieu qui l’a menée à animer différentes émissions sur le Christian Broadcasting Network, une chaîne de télévision évangélique américaine.

Laura-Lynn Tyler Thompson, qui est également une ancienne candidate du Parti populaire du Canada, a fait les manchettes en 2018 pour avoir faussement prétendu que plus d’une centaine d’élèves d’une école d’Abbotsford avaient quitté en bloc un auditorium pour dénoncer une présentation sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

Pro-vie, contre le mariage entre conjoints de même sexe et pour l’élimination de la dette nationale, le Parti de l'héritage chrétien a obtenu 0,17 % du vote en 2017.

Le député Laurie Throness.

Le député libéral Laurie Throness a tenu des propos controversés sur les thérapies de conversion.

Photo : John Lehmann

Toutefois, le retrait de la candidature de Laurie Throness, du Parti libéral, dans la circonscription de Chilliwack-Kent, après qu'il a comparé la contraception gratuite à de l’eugénisme, pourrait donner un certain souffle au parti dans la région.

Des électeurs chrétiens pourraient penser qu’il n’y a plus de place pour eux au sein du Parti libéral de la Colombie-Britannique, juge Hamish Telford.

Laura-Lynn Tyler Thompson n'a d'ailleurs pas tardé à commenter son départ. Le Parti libéral a forcé un de ses meilleurs membres, Laurie Throness, à démissionner, a-t-elle écrit sur Facebook. Il y a très peu de raisons de croire qu'un vote pour un de leurs candidats soit différent [d'un vote pour le] Nouveau Parti démocratique ou le Parti vert.

Sans élu depuis 1945

À l’autre bout du spectre, les communistes promettent notamment une réduction du salaire des députés à un niveau représentant le salaire moyen d’un travailleur en Colombie-Britannique, une hausse des impôts pour les plus riches et le retrait du financement de la police.

Avec seulement cinq candidats, les chances du parti de faire son entrée à Victoria sont toutefois bien minces. Mais la persévérance est la principale caractéristique de cette organisation, qui existe depuis 1945. Lors des dernières élections, en 2017, les communistes ont récolté 802 votes à l’échelle de la province.

Hamish Telford fonde peu d’espoir sur les chances de ces tiers partis. Je parierais davantage sur les chances qu’un candidat indépendant soit élu avant quiconque provenant d’un de ces partis, conclut-il.

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