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L'intégration de l'art public, au cœur du plus grand chantier de l'histoire de Rimouski

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La sculpture métallique érigée à l'entrée du palais de justice.

Présenté en concours en avril 2017, le projet devait investir trois lieux précis : à l'avant du bâtiment, à l'arrière ainsi qu'à l'intérieur, dans l'atrium, explique Mme Rochette.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Le palais de justice de Rimouski a rouvert ses portes cette semaine après trois ans et demi de travaux de réfection. Cet imposant chantier a également donné vie à trois sculptures grand format de l’artiste Hélène Rochette. Incursion dans le monde de l’art public.

L’imposante sculpture métallique érigée à l’entrée du palais de justice fraîchement modernisé attire l'attention depuis quelques mois déjà : c'est l'une des trois grandes œuvres réalisées par Hélène Rochette, sculptrice de Québec.

La réfection du palais de justice, qui s'est achevée au coût de 70 millions de dollars, fait de ce chantier le plus imposant de l'histoire de Rimouski.

Élaborées en parallèle, les trois sculptures d'Hélène Rochette, dont l'ensemble s'intitule Mouvements et Destinées, a bénéficié d'une enveloppe d’environ 200 000 dollars : une somme rarement accordée à Rimouski, pour un projet d'art public. Il est issu de la Politique d'intégration des arts à l'architecture et à l'environnement des bâtiments et des sites gouvernementaux et publics.

Les défis techniques sont d’ailleurs dignes de ce budget de taille.

L'artiste montre ses patrons installés à même le tube suspendu à l'horizontale.

Des plaques anodisées ont été installées sur ce tube en aluminium brossé, suivant un patron bien précis.

Photo : Radio-Canada

Rencontrée dans un atelier de Saint-Jean-Port-Joli à l’été 2019, Hélène Rochette travaillait déjà depuis des mois avec ingénieurs, dessinateurs techniques, artisans : elle aura collaboré avec une vingtaine de personnes tout au long du processus.

Il y a toujours ce défi-là. Il y a le budget, trois sculptures, l’installation, tout est là-dedans. Et avec les techniques, qu’est-ce qu’on peut arriver à faire, en industrie? Parce que quand on fait de grandes œuvres, on est rendu dans l’industrie. Alors comment on les fait? Qui choisir? Qu’est-ce qu’ils font?, illustre Mme Rochette.

Le travail d’Hélène Rochette est donc loin de s’arrêter à l’élaboration d’une maquette. Il s’apparente véritablement à celui d’un contremaître de chantier.

[Avec ce budget,] on fait trois sculptures, on les installe, on fait les bases de béton, on achète les matériaux, on paie les gens qui travaillent le métal, ce qui coûte cher, et c’est tout le temps des pièces uniques. Je pense que le plaisir, c’est de toujours inventer une nouvelle œuvre, et il y a toujours de nouveaux défis, indique l'artiste.

Difficile donc d’évaluer tout le temps qu'on accorde à un projet de cette ampleur, et quel salaire on parviendra à se verser une fois les œuvres achevées et installées.

De grands tubes métalliques fixés au sol, derrière le palais de justice de Rimouski.

L'artiste Hélène Rochette enseigne à la Maison des métiers d’art de Québec.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Avant même la réalisation du projet, participer aux concours lancés en art public comporte également son lot de difficultés. Oui, c’est le fun d’être appelé, mais des fois, on en fait plusieurs, et on n’est pas choisi. Des fois, ça dépend de peu…

On fait un petit deuil à chaque fois. [...] Je pense que pour faire ça, ça prend beaucoup de résilience.

Hélène Rochette, artiste
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L'œuvre Le Chemin des étoiles d'Hélène Rochette a été suspendue au-dessus de l'atrium du palais de justice de Rimouski.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Mais quand un projet est finalement sélectionné en concours, après de nombreuses semaines de travail, c’est un cadeau, affirme Hélène Rochette.

Je trouve que l’art public, c’est la présence de quelqu’un, quelque part, que ce soit un artiste ou un autre dans une ville qui fait une œuvre.

Quand on est en présence, en relation avec cette œuvre-là, c’est comme l’esprit de quelqu’un qui est là.

Hélène Rochette, artiste

Pour elle, c’est d’ailleurs un privilège d’avoir obtenu un contrat comme celui du palais de justice de Rimouski, lui permettant d’élaborer des œuvres occupant de grands espaces, et de pouvoir donner des expériences différentes au public.

C’est comme une grande toile immense, on arrive devant une tache de couleur, mais qui est surdimensionnée. Il y a un effet qui se produit. C’est très intéressant.

Hélène Rochette, artiste

Comme analogie au fleuve, à la navigation, à la justice et aux difficultés rencontrées dans nos vies, prend forme cette trilogie imaginée par Hélène Rochette : Les Livres de lois, La Houle et Le Chemin des étoiles.

Mesures sanitaires obligent, l'artiste de Québec n'a pu voir ses œuvres qu'en photos, une fois l’ensemble du chantier du palais de justice achevé. Mais elle se dit fière du travail accompli et souligne la collaboration exemplaire des entrepreneurs de Pomerleau, chargés de la réfection du bâtiment.

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