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Archives

Les nombreux combats dans l’histoire d’Asbestos

Groupe de mineurs avec leurs habits qui descendent à la mine.

Mineurs de la région de l'Amiante dans les années 1940. Photo tirée d'un reportage de l'émission Zone Libre, 12 février 1999.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La ville d’Asbestos, située en Estrie, dont le nom signifie amiante en anglais, devient Val-des-Sources. À travers nos archives, découvrez comment ce minerai a façonné l’histoire et la géographie de la ville, pour le meilleur et pour le pire.

Asbestos a connu la prospérité durant les 130 ans où l’amiante était extrait de son sol. Une mono-industrie qui a fait vivre des centaines de familles, mais qui en a détruit plusieurs également, notamment en raison de la dangerosité de la ressource.

1949 - La grève des mineurs aussi appelée la grève à Duplessis

Ce grand reportage de Guy Gendron diffusé à Zone libre le 12 février 1999 donne la parole aux acteurs de la grève minière d’Asbestos de l’hiver 1949.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Zone libre, 12 février 1999

Un arrêt de travail qui visait à mettre fin aux conditions déplorables dans les mines.

Moi je suis entré dans la mine à 12 cents de l’heure. Il y avait des câbles au plafond et des grosses poches dessous. On mettait l’amiante là-dedans et on sautait là-dessus à la journée, fallait en rentrer 100 livres par poche.

Léo Dussault, gréviste en 1949

À la suite de défaites en arbitrage, les travailleurs miniers de la Johns-Manville n’ont plus confiance dans les arbitres nommés par le gouvernement de Maurice Duplessis pour régler leurs différends avec l'employeur.

Le 13 février 1949, quelque 5000 travailleurs de l’amiante d’Asbestos et de Thetford Mines déclenchent la grève.

Le premier ministre de l’époque envoie alors des centaines de policiers à Asbestos et retire au syndicat son accréditation.

Monsieur Duplessis avait les idées sociales d’un notaire de campagne de 1875 et on était au milieu du 20e siècle. Il ne voulait pas qu’il y ait de règlement parce qu’il ne voulait pas qu’une grève dite illégale ait apporté quelque chose aux ouvriers.

Gérard Pelletier, journaliste

La grève prend fin le 1er juillet 1949, après une brutale répression policière. Les travailleurs obtiennent une augmentation de 10 cents l’heure et la garantie qu’ils seront réembauchés.

La grève des mineurs laissera des séquelles à l’intérieur même de la communauté d’Asbestos, où briseurs de grève et grévistes ne se réconcilieront jamais. Le conflit a marqué l’histoire sociale du Québec. Il est considéré comme un des événements précurseurs de la Révolution tranquille.

1971 et 1975 - Des glissements de terrain qui modifient le paysage

L’exploitation de l’amiante a façonné la géographie de la ville d’Asbestos. La mine Jeffrey, autrefois mine Johns-Manville, est exploitée de 1879 à 2012. Cette mine à ciel ouvert s’étend sur une superficie de 6 km2 et possède une profondeur de 350 mètres.

En 1966, la mine s’agrandit et plusieurs familles sont relocalisées.

En janvier 1971, une partie de la ville est engloutie par un glissement de terrain du flanc de la mine. Le même événement se produit le 21 janvier 1975 emportant maisons et commerces, comme nous pouvons le voir sur ces images d’archives du 3 février 1975.

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Actualité 24, 3 février 1975

Indéfendable amiante

Durant les années 1970 et 1980, la production de l’amiante atteint son apogée. En 1973, la production canadienne atteint un rendement de 1,8 million de tonnes. Le Canada produit alors le quart de la production mondiale d’amiante, un matériau ininflammable et léger prisé pour l’isolation de plusieurs produits.

Aussi polyvalente soit-elle, l’amiante représente un réel danger pour la santé. De plus en plus d’études démontrent le lien entre l’amiante et différentes maladies pulmonaires et de cancers comme le mésothéliome, un virulent cancer du poumon.

Durant les années 1990, on assiste au bannissement graduel de l’amiante un peu partout dans le monde. La demande dégringole, emportant avec elle les emplois et les fonds de pension de nombreux travailleurs.

Le 3 mars 2003, des milliers d’Asbestriens se rassemblent pour demander au gouvernement du Québec de leur venir en aide.

Ces personnes s’inquiètent pour l’avenir avec la fermeture de l’usine Magnola qui n'aura été ouverte que deux ans et l’agonie de la mine Jeffrey.

La journaliste Stéphanie Tremblay présente un reportage au Téléjournal qui démontre la solidarité des habitants d’Asbestos qui refusent de voir mourir leur région.

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Téléjournal, 3 mars 2003

Des élus municipaux, des commerçants, des représentants de la chambre de commerce et des travailleurs souhaitent trouver des solutions pour relancer l’économie de leur région.

Depuis la fermeture définitive de la mine Jeffrey en 2012, Asbestos a procédé à une diversification de ses activités économiques.

L’hôpital, les services gouvernementaux et autres établissements de santé emploient la majeure partie de la population.

Des mesures ont été mises en place pour attirer des entrepreneurs dans la région. Pour ses entrepreneurs, le nom Asbestos était lourd à porter et nuisait parfois aux relations d’affaires.

Le 29 juin 2020, la ville annonçait la construction d’une usine de production de magnésium. Alliance magnésium souhaite créer quelque 200 d’emplois.

Le magnésium léger produit à partir des résidus de l’amiante servira entre autres aux constructeurs de véhicules électriques et aux alumineries.

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