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Un tanneur amoureux des animaux

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Marc Szymansky en compagnie de sa femme taxidermiste, à la Tannerie Taxidermie BSL, située à St-Narcisse, dans la région de Rimouski.

Marc Szymansky, un tanneur de Rimouski, en compagnie de sa femme, taxidermiste.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Jennifer Boudreau

Marc Szymansky est propriétaire d'une des seules entreprises de tannerie et de taxidermie dans l'Est-du-Québec, la Tannerie Taxidermie du BSL.

Depuis 40 ans, il travaille le cuir et la fourrure des animaux en provenance des quatre coins du monde, avec respect et passion.

Les peaux d'ours sont nombreuses à tanner cette année en raison de l'augmentation des activités de chasse en pleine pandémie.

L'entreprise Tannerie Taxidermie BSL est l'une de seules entreprises spécialisées dans ce domaine dans l'Est-du-Québec.

Photo : Radio-Canada / Jennifer Boudreau

Dans son atelier, les peaux d'ours, de loup et de loutre sont tendues au milieu des cadres de bois, en attente d'être traitées.

La majorité des peaux qu'on fait ici, c'est de l'ours, du trappage. On fait aussi beaucoup d'animaux de l'Afrique, c'est-à-dire du koudou, des antilopes, des impalas. On fait beaucoup de cougars, de l'ours polaire, du crocodile, précise-t-il.

On fait presque de tout. Il n'y a qu'une seule chose que j'ai essayée mais que, ouf! C'est un hippopotame! Ça non, ha ha, non! Je n'ai jamais vu un cuir comme ça. C'était quelque chose, ajoute-t-il en riant.

Marc Szymansky travaille la peau d'un ours dans sa tannerie, située à Saint-Narcisse.

Un tanneur de Rimouski travaille la peau d'animaux des quatre coins du monde depuis 40 ans.

Photo : Radio-Canada / Jennifer Boudreau

Un savoir transmis de génération en génération

Originaire de la France, c'est à l'âge de 50 ans qu'il décide de quitter son pays natal pour démarrer une entreprise de tannerie et de taxidermie à Saint-Narcisse, dans la région de Rimouski.

Depuis maintenant 10 ans, il est l'un des rares tanneurs de la région qui préparent encore les peaux d'animaux pour les rendre imputrescibles. Il y travaille en compagnie de sa femme, taxidermiste.

Ce savoir lui a été transmis par son père, qui lui, l'avait appris pendant la guerre d'Algérie, par des Berbères, un groupe ethnique autochtone d'Afrique du Nord.

Ce sont des heures, des heures et des heures à amincir les peaux.

Marc Szymansky, tanneur, Tannerie Taxidermie BSL

Après, on doit tout passer dans des produits, de l'acide formique pour tuer toutes les bactéries, après le neutraliser. Nous, on a une crème de tannage, donc il n'y a pas de rejet dans la nature.

Ensuite, on l'huile, avec de l'huile qu'on achète localement ou qu'on fait nous-mêmes. Après, et bien, c'est du barattage avec du bran de scie, pour nettoyer le cuir et le poil, précise le tanneur.

Un métier exercé avec un énorme respect pour les animaux

Tout au long de sa carrière en France, Marc Szymansky affirme avoir fait face à plusieurs groupes anti-chasse et une diminution importante de la demande en taxidermie.

C'est une des raisons qui l'ont poussé à venir s'installer au Québec avec sa femme.

Je n'ai jamais chassé, je n'ai jamais tiré sur un animal.

Marc Szymansky, tanneur, Tannerie Taxidermie BSL
Des crânes d'animaux en restauration pour la fabrication de décorations murales.

Le propriétaire de la Tannerie Taxidermie BSL restaure aussi les crânes des animaux, pour en faire des décorations murales.

Photo : Radio-Canada

Ce qu'on fait, c'est qu'on donne une deuxième vie à l'animal. Au lieu de tout jeter ou de ne récupérer que la viande et jeter le restant et bien, au moins, ça donne une deuxième vie à l'animal, précise-t-il.

Les chasseurs plus nombreux en temps de pandémie

Selon le tanneur, depuis le début de la crise sanitaire, les gens sont de plus en plus nombreux à s'initier à la chasse et à vouloir récupérer la peau ou le crâne de l'animal chassé.

Les gens sont sortis de chez eux, ils sont partis dans le bois.

Marc Szymansky, tanneur, Tannerie Taxidermie BSL
Marc Szymansky prépare une peau d'ours à la Tannerie Taxidermie BSL, située à St-Narcisse.

Les gens sont de plus en plus nombreux à s'initier à la chasse en temps de pandémie.

Photo : Radio-Canada / Jennifer Boudreau

Voilà, ils sont partis tuer un ours et ils ont fait une peau. On a vu cette année plus de monde que c'était la première fois qu'ils allaient à la chasse à l'ours, explique-t-il.

Une relève difficile à trouver

Si Marc Szymansky songe maintenant à la retraite, il affirme que la relève est extrêmement difficile à trouver.

Il faut qu'on trouve une personne pour reprendre, là, mais c'est du travail, beaucoup de travail physique.

Marc Szymansky, tanneur, Tannerie Taxidermie BSL

En attendant de trouver la perle rare, Marc Szymansky est bien occupé à résoudre à court terme des problèmes très précis.

Je devrais avoir un béluga, la peau fait 380 kilos... Je ne sais pas encore où je vais le faire tremper, mais bon, ajoute-t-il en riant et haussant les épaules.

Selon lui, ces résolutions de problème font partie de la beauté du métier.

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