•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

John Horgan : le chef néo-démocrate qui rêve d'une majorité

John Horgan regarde vers la droite dans un rayon de soleil.

John Horgan est devenu chef du Nouveau Parti démocratique en 2014 après la défaite surprise du parti aux élections de 2013.

Photo : CBC / Ben Nelms

John Horgan a fait le pari bien calculé de lancer une campagne électorale au moment où il jouit d’une popularité pour sa gestion de la crise sanitaire de la COVID-19, en Colombie-Britannique. Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) bénéficie également de l’avantage d’être bien connu des Britanno-Colombiens et d'avoir déjà mené son parti à la tête de la province.

D’après un sondage paru en août dernier, John Horgan était le premier ministre canadien ayant le meilleur taux d’approbation. Le politicien n’a pas raté l’occasion de lancer la province dans une campagne électorale, malgré les critiques l’accusant de faire preuve d’opportunisme politique en pleine pandémie, notamment de la part de la nouvelle chef des verts, Sonia Furstenau.

John Horgan soutient pour sa part avoir hésité à déclencher des élections et en prendre toute la responsabilité.

Il estime toutefois que la population britanno-colombienne avait fini par oublier que la province était menée par un gouvernement minoritaire parce que ce dernier a pu agir comme si ce n’était pas le cas en collaborant au sujet de plusieurs enjeux avec le Parti vert et, parfois, avec le Parti libéral. Il affirme que la pandémie a changé la donne et qu’il est important de pouvoir agir rapidement dans ce contexte.

Le leader du Parti vert Andrew Weaver (à gauche) et son homologue néo-démocrate John Horgan (à droite).

L'ancien leader du Parti vert, Andrew Weaver (à gauche), et son homologue néo-démocrate, John Horgan (à droite), quand ils ont conclu une entente pour créer une alliance en 2017.

Photo : Reuters / Kevin Light

Les relations avec le Parti vert, avec lequel le NPD s’était entendu en 2017 pour former une coalition jusqu’en 2021, ont aussi évolué, notamment depuis la démission d’Andrew Weaver comme chef de la formation politique. Ce dernier, qui siège comme indépendant depuis le début de l’année, ne brigue pas un nouveau mandat, mais, surtout, il n’a pas donné son appui à la nouvelle chef du Parti vert, Sonia Furstenau. Andrew Weaver a plutôt indiqué qu’il souhaitait que le NPD continue de diriger la province.

Député depuis 2005

Lors d’une entrevue en 2017, John Horgan avouait ne s'être jamais vu comme un acteur de premier plan en politique. Il a travaillé pour des députés à Ottawa et au bureau du premier ministre de la Colombie-Britannique avant de mettre sur pied une firme de consultants pour des organismes privés et publics en 2001.

Il confie qu'il a décidé de se lancer en politique après avoir vu à la télé que des traversiers de BC Ferries allaient être construits en Allemagne. Cette nouvelle l’avait mis en colère parce que la construction ne créait pas d’emplois dans la province. Un ami de son fils qui était présent lui avait alors demandé ce qu’il allait faire à ce sujet. John Horgan a répondu qu’il se présenterait aux élections.

Le chef néo-démocrate a été élu pour la première fois à l’Assemblée législative en 2005, pour représenter la circonscription de Juan de Fuca, sur l’île de Vancouver. Il a remplacé Adrian Dix à la tête du NPD en 2014, après la défaite du parti lors des élections provinciales de 2013, malgré des sondages qui le donnaient vainqueur.

En 2017, quand le NPD et le Parti vert ont conclu une alliance, ils ont mis fin à un gouvernement libéral de 17 ans en Colombie-Britannique.

Si le NPD remporte les élections, John Horgan sera le premier des premiers ministres néo-démocrates à remporter deux élections.

Le saviez-vous?

John Horgan est né en 1959 et est le plus jeune de quatre enfants. Il s'est marié en 1984 et a eu deux fils.

Un bilan à défendre

Le NPD de John Horgan a respecté 79 % des promesses qu’il avait tenues lors des dernières élections, selon un recensement effectué par CBC.

Au chapitre de celles qui n’ont pas été respectées se retrouve, entre autres, le fait que le NPD n’est pas arrivé à mettre en place un système de garderies à 10 $ par jour. Il n’a pas non plus remplacé les classes modulaires par de vraies salles de classe dans la ville de Surrey. De plus, les tarifs de BC Hydro n’ont pas été gelés, et l’objectif de construire 114 000 loyers coopératifs en 10 ans est loin d’être atteint.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan.

John Horgan a été critiqué par le chef libéral, Andrew Wilkinson, et la chef du Parti vert, Sonia Furstenau, pour avoir déclenché des élections anticipées.

Photo : Reuters / Chris Wattie

La crise des opioïdes a aussi marqué le mandat du NPD de John Horgan. Le parti a essuyé de nombreuses critiques pour ne pas avoir réussi enrayer cette autre pandémie qui a coûté la vie à des milliers de personnes en Colombie-Britannique. Nous avons fait beaucoup de choses pour la crise des opioïdes , affirme toutefois le premier ministre sortant.

Nous avons été la première province du pays à avoir un ministère pour la Santé mentale et les Dépendances, ajoute-t-il. Nous avons fait des progrès jusqu’à ce que la pandémie [de COVID-19] frappe. John Horgan rappelle également les appels lancés à Ottawa pour la décriminalisation de même que l’accès à des traitements et à des drogues sécuritaires.

Le conflit avec des chefs wet'suwet'en : un moment difficile

John Horgan, qui avait été salué pour l'adoption de mesures législatives visant à inscrire la Déclaration des droits des peuples autochtones des Nations unies dans le droit de la Colombie-Britannique, avoue que le conflit avec les chefs héréditaires wet’suwet’en, l’hiver dernier, a été un des moments les plus difficiles de sa carrière politique jusqu’à maintenant. On n'élimine pas près de 200 ans de colonialisme durant un hiver. Nous avons fait des progrès en matière de réconciliation, d’ententes avec les Premières Nations et le processus de traité, conclut le premier ministre sortant.

Avec des informations de Tanya Fletcher, CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !