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Québec demande aux citoyens de réduire encore leurs contacts

Les Québécois devront faire un petit effort de plus s'ils veulent se sortir de la deuxième vague de COVID-19, indiquent les scénarios de l'Institut national de santé publique.

Une femme subit un test de dépistage de la COVID-19.

« On ne reviendra pas à la normalité du mois d'août », affirme le ministre de la Santé, Christian Dubé au sujet du défi des 28 jours durant le mois d'octobre.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le nombre de nouveaux cas de coronavirus est repassé au-dessus de la barre du millier vendredi. Le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, demande aux citoyens de diminuer de 25 % leurs contacts sociaux.

Actuellement, les contacts sociaux des Québécois sont de cinq à six personnes par jour, en moyenne. On pourrait avoir encore plus d’impact en éliminant un de ces contacts, dit le ministre Dubé.

Les données qu’on voit aujourd’hui montrent clairement que les sacrifices qu’on fait actuellement fonctionnent, ajoute M. Dubé en référence aux nouvelles études de santé publique dévoilées vendredi.

En effectuant une réduction supplémentaire de 25 % de nos contacts quotidiens, on pourrait être dans une situation idéale, affirme le ministre de la Santé et des Services sociaux.

Ces efforts accrus viendraient alléger le système de santé : la marge de manoeuvre dans les hôpitaux en ce moment, on n'en a aucune, poursuit Christian Dubé.

Ce peut être dans notre milieu de travail, ou quelqu'un qu'on reçoit à la maison [...], a cité le ministre Dubé en guise d'exemples de contacts auxquels il faut provisoirement renoncer. On a vu en mars ce qu'était le confinement, et on ne veut tellement pas retourner là, a-t-il plaidé.

Les gens très isolés et qui n'ont pas de contacts ne sont pas ceux que l'on vise, a précisé Horacio Arruda, directeur national de santé publique du Québec. On vise tout le reste de la population qui est active.

On s'en allait vers un mur

La réduction des contacts préconisée par le ministre Dubé est une recommandation de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Pour aplatir la courbe et stabiliser le nombre d’infections, d’hospitalisations et de décès, les Québécois doivent réduire de 25 % leurs contacts, affirme l'organisme.

Avant la pandémie, les Québécois avaient en moyenne entre 7 et 8 contacts par jour. Au printemps, lors du confinement, ce chiffre est tombé à 3. En septembre, le nombre de contacts quotidiens a augmenté à une moyenne de 5.

Si le gouvernement n'avait pas mis de mesures en place pour freiner la propagation, l’INSPQ estime que la croissance des cas, des hospitalisations et des décès aurait augmenté de façon exponentielle. On s’en allait vers un mur, affirme Jocelyne Sauvé, médecin spécialiste et vice-présidente associée aux affaires scientifiques à l'INSPQ.

Les mesures introduites le 1er octobre dernier par le gouvernement semblent avoir eu un impact et devraient, selon les modèles de l’INSPQ, ralentir la propagation de la COVID-19. Toutefois, même si ces mesures sont maintenues, les modèles de l’INSPQ montrent que le nombre de cas, d'hospitalisations et de décès continuera d’augmenter au cours des prochains mois.

Le train de mesures semble avoir porté fruit, mais ce n’est pas suffisant pour aplatir la courbe, dit Jocelyne Sauvé. Ça prend un effort supplémentaire de la population pour réduire encore les contacts non essentiels et pour maintenir la distance de deux mètres.

L’avenir est incertain, dit pour sa part Marc Brisson, professeur titulaire à l'Université Laval et directeur du Groupe de recherche en modélisation mathématique et en économie de la santé liée aux maladies infectieuses.

M. Brisson affirme qu’une meilleure adhésion aux mesures de distanciation, une réduction des contacts et un meilleur traçage des contacts de personnes infectées sont essentiels pour aplatir la courbe.

L'évaluation du risque à l'école

En point de presse vendredi, le Dr Arruda a expliqué pourquoi d'une école à l'autre, les mesures varient lors de la déclaration de cas de coronavirus.

Je comprends les parents d'être exaspérés, a admis le directeur national de santé publique devant les différences qui se manifestent d'une école à une autre.

C'est que le risque est évalué pour chacune des classes en cause, et non pour toutes les classes globalement.

Les facteurs influençant les mesures prises sont les suivants :

  • l'enfant était-il contagieux lorsqu'il était présent en classe?
  • quand la contamination a-t-elle eu lieu?
  • les élèves étaient-ils distanciés dans la classe?
  • certains des enfants de la classe présentent-ils des facteurs de risque particuliers?

Chaque cas est individuel, a expliqué Horacio Arruda.

Stabilisation

Vendredi, le Québec a enregistré 1055 nouveaux cas de COVID-19, soit 86 de plus que la veille. On déplore par ailleurs 13 décès de plus.

Un décès est survenu jeudi. À ce nombre, Québec en ajoute 11 survenus entre le 9 et le 14 octobre et 2 survenus avant le 9 octobre.

À noter toutefois que le total s'élève à 6018 décès, puisque 1 décès avait été précédemment attribué à tort au coronavirus.

À l'heure actuelle, ce sont 507 personnes qui sont hospitalisées en raison de la COVID-19, une augmentation de 14 par rapport à jeudi. Ce nombre correspond à 59 nouvelles hospitalisations et 45 sorties. Cette précision démontre à quel point notre système de santé est sollicité, souligne Christian Dubé.

Le nombre de personnes aux soins intensifs a augmenté de 4, et s’élève maintenant à 87.

Assez de lits d'hôpital, selon les modèles

Tout comme les modèles de l’INSPQ, de nouvelles projections de l’Institut national d'excellence en santé et services sociaux (INESSS) démontrent que les mesures prises pour limiter la propagation du virus semblent porter fruit. 

Leur modèle suggère que le nombre de nouveaux cas semble se stabiliser (en baisse de 12 % dans la semaine du 5 au 11 octobre). Ainsi, les capacités hospitalières devraient pouvoir répondre aux nouvelles hospitalisations liées à la COVID-19 au cours des quatre prochaines semaines.

Parmi les nouveaux cas confirmés au cours de la semaine du 5 au 11 octobre, 351 présentent un risque élevé d’hospitalisation. Le nombre de nouvelles infections augmente particulièrement chez les personnes de 70 ans et plus. 

Pour la région métropolitaine de Montréal, le nombre de nouvelles hospitalisations devrait continuer à augmenter, mais l’INESSS indique que cette hausse est moins importante que celle anticipée. Si le taux de transmission demeure constant, l’institut estime qu’un dépassement des capacités hospitalières pour la métropole est peu probable.

Ailleurs dans la province, les projections suggèrent une stabilisation des hospitalisations et il semble peu probable que les régions à l'extérieur de Montréal manquent de lits d’hôpitaux d'ici un mois.

L'Halloween, pour les enfants

Jeudi, le premier ministre du Québec, François Legault avait annoncé qu’il sera possible, pour les enfants, de passer l’Halloween, tout en respectant certaines consignes.

Les jeunes et ceux qui leur distribueront des friandises sont invités à rester à deux mètres les uns des autres. Les jeunes devront en outre circuler en compagnie de gens qui habitent la même résidence qu’eux.

Les adultes, quant à eux, devront renoncer aux partys d’Halloween, a prévenu le premier ministre.

Les chances qu'on célèbre Noël en famille et entre amis sont bonnes, a laissé entendre le premier ministre. Mais si tel est le cas, ce devra être fait en cercles restreints.

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