•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Toujours des inquiétudes après la fermeture d'un centre d'injection supervisée en Alberta

Sept personnes font une chaîne humaine devant une grande tente orange.

Selon les signataires d'une lettre ouverte, la politique du gouvernement provincial en matière de dépendances est « insensée, imparfaite et coercitive ».

Photo : Bryan Labby

Radio-Canada

Des professionnels de la santé et des groupes communautaires critiquent la fin du financement par le gouvernement albertain du centre d’injection supervisée de Lethbridge. Lors d'une conférence de presse, jeudi, ils ont dit qu'ils avaient adressé une lettre ouverte au ministre adjoint à la Santé mentale et aux dépendances, Jason Luan.

Ce n'est pas la première fois que des voix s'élèvent pour dénoncer cette décision.

Nous avons du mal à comprendre pourquoi ce gouvernement choisit de faire du mal à la population albertaine, peut-on lire dans la lettre ouverte.

Selon les signataires, en décidant d'arrêter de financer l’organisme ARCHES, qui gérait le centre d’injection supervisée de Lethbridge, ouvert en février 2018, le gouvernement empêche la population d’avoir accès à des soins médicaux. Les médecins ont l’obligation de fournir un certain niveau de soins. Une réduction des risques, notamment grâce à une consommation [de drogues] sécuritaire, fait partie de ces soins, avancent-ils.

Susan Adelmann, qui est médecin de famille, fait partie des signataires. Je suis fatiguée que les gens déshumanisent mes patients, a-t-elle raconté au cours de la conférence de presse, ajoutant devoir faire face à de nombreux obstacles lorsqu'elle veut aider ses patients, notamment un manque de ressources.

Cela touche tout le monde, nous devons en parler plus. Plus nous enterrons ces faits, plus nous faisons semblant que [le problème] n’existe pas, plus la situation empirera.

Susan Adelmann, médecin de famille

Selon les données les plus récentes, au cours des 6 premiers mois de 2020, Lethbridge avait le plus fort taux de morts par surdose d’opioïdes en Alberta, soit 42,4 morts pour 100 000 personnes. C’est une fois et demie la moyenne provinciale et près de deux fois le taux enregistré à Calgary.

Une solution temporaire

Cet été, à la suite de la fermeture du centre géré par ARCHES, le gouvernement a ouvert un centre d’injection supervisée mobile.

Selon les signataires de la lettre ouverte, avec 2 cabines, contre 13 précédemment, le centre d'injection supervisée mobile n’est absolument pas adapté. Il est ouvert 17 heures par jour, au lieu de 24 heures sur 24 comme l'ancien centre, ce qui est également insuffisant.

Des personnes vont donc consommer ailleurs, ce qui augmente le risque de surdoses et le risque de maladies en cas d'échange d’aiguilles, sans compter tout ce qui risque de se retrouver dans les rues ou dans les parcs.

La Dre Susan Adelmann.

La Dre Susan Adelmann fait partie des signataires de la lettre ouverte adressée au ministre de la Santé mentale et des dépendances.

Photo :  CBC / Bryan Labby

Selon le ministère de la Santé, le service mobile est plus qu’adapté . Il dit que de 40 à 60 personnes y viennent chaque jour, alors que sa capacité maximum est de 200 visites quotidiennes. Selon l’organisme ARCHES, durant l’hiver 2019, le centre enregistrait 800 visites par jour. 

Nous travaillons actuellement avec la Municipalité, des prestataires de services et d’autres instances pour trouver une solution à long terme et avoir un centre permanent de prévention des surdoses à Lethbridge, ajoute le gouvernement provincial.

Tensions dans la communauté

Trois semaines après la fermeture du centre, des groupes communautaires ont monté un centre d’injection supervisé non autorisé à Lethbridge. Chaque soir, durant quelques heures, ils installent une tente dans les jardins Galt, un parc décrit comme l’épicentre de la crise des opioïdes à Lethbridge. 

Un ancien employé d'ARCHES, qui gère le centre non autorisé, Tim Slaney, raconte que les intervenants ont reçu des contraventions, qu’ils sont accusés d’avoir enfreint le règlement municipal qui impose d’avoir un permis pour installer une tente dans un parc et qu’ils risquent de devoir payer des milliers de dollars d’amende. Il affirme également que les patrouilles de police sont de plus en plus fréquentes quand ils sont là.

Jeudi, une femme qui s'opposait à la conférence de presse des groupes communautaires, Sarah Villebrun, a commencé à arracher la tente installée pour le point de presse, en expliquant qu’elle ne voulait pas la voir à proximité de l'arrêt d'autobus de ses enfants, tout en appelant la police. Les organisateurs ont dû lui expliquer que la tente était là pour le point de presse et non pas pour servir de centre non autorisé.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !