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Depuis octobre 1960, Cuba est confronté à un embargo économique américain

Gros plan sur le visage de Fidel Castro, en entrevue.

Les États-Unis ont imposé un embargo économique contre Cuba en octobre 1960.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Depuis 60 ans, Cuba est soumis à un embargo économique de la part des États-Unis. Ce blocus économique a été décidé par Washington pour affaiblir le gouvernement révolutionnaire dirigé par Fidel Castro. Des reportages de Radio-Canada rappellent cet événement.

Un geste pour briser la révolution de Fidel Castro…

Le 11 novembre 1964, l’émission Champ libre diffuse une entrevue réalisée par la journaliste française Édith Sorel avec le chef de la révolution cubaine Fidel Castro.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Champ libre, 11 novembre 1964

Castro y parle pendant plusieurs minutes de l’embargo économique que font subir les États-Unis à l’île de Cuba.

Le révolutionnaire affirme que l'embargo est une action inacceptable et que Cuba a le droit de commercer avec les nations qui veulent bien faire des affaires avec lui.

L’embargo économique américain est aujourd’hui en place depuis 60 ans.

Le 19 octobre 1960, le président américain Dwight D. Eisenhower l’impose à l’île de Cuba.

Toute exportation de biens industriels américains vers la république antillaise est interdite.

Washington n’accorde des exceptions que pour les médicaments et la nourriture en conserve.

La décision américaine fait partie d’une bataille à finir avec les révolutionnaires de Fidel Castro qui ont pris le pouvoir à Cuba le 1er janvier 1959.

Immédiatement, les politiques du gouvernement de Fidel Castro heurtent de plein fouet les intérêts économiques des États-Unis.

Cuba nationalise notamment l’industrie sucrière, largement dominée par des compagnies américaines, ainsi que les industries du textile, les chemins de fer et le secteur bancaire.

Aucune compensation n’est envisagée pour dédommager les compagnies américaines que le gouvernement castriste considère comme ayant exploité le peuple cubain.

Pour garantir l’asphyxie de la révolution castriste, Washington bloque le flot commercial avec Cuba. Les États-Unis exigent aussi que les autres États cessent de commercer avec Cuba.

En 1962, le président John F. Kennedy durcit le blocus économique américain.

Un rapport des Nations unies évaluait qu’en 60 ans, le blocus économique américain avait retranché 130 milliards de dollars à l’économie cubaine.

… qui ne plaît pas au Canada

Ottawa se refuse à emboîter le pas de Washington aux fins de la consolidation du blocus. Le premier ministre en a donné l’assurance.

André Dufour, 1960

Lors des nationalisations des banques, le gouvernement castriste a épargné la Banque Royale du Canada et la Banque de Nouvelle-Écosse.

Cette exception s’expliquait par les bonnes relations qu’entretenait le gouvernement du Canada avec le gouvernement de Fidel Castro.

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Caméra 60, 23 octobre 1960

Le 23 octobre 1960, le journaliste André Dufour confirme à l'animateur de l’émission Caméra 60 Jacques Fauteux que le gouvernement du premier ministre John G. Diefenbaker entend poursuivre ses liens économiques avec Cuba.

Le journaliste nous rappelle que plusieurs industriels et commerçants canadiens ont tissé des relations solides avec les autorités cubaines.

Le Canada procurera par exemple des pièces de rechange, notamment pour l’industrie sucrière et les véhicules cubains, que refusent de vendre les États-Unis.

De l’équipement canadien sera aussi exporté à Cuba pour développer le secteur hydro-électrique dans l’île.

Le refus canadien de participer à l’embargo économique américain contre Cuba s’est révélé par la suite un constant point de désaccord dans les relations entre Ottawa et Washington.

… et regretté par certaines administrations américaines

Le secrétaire d’État Henry Kissinger a organisé pendant 18 mois d’intenses négociations avec le régime castriste au milieu des années 1970.

Julie Miville-Dechêne, 1994
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Téléjournal, 8 septembre 1994

Le 8 septembre 1994, la correspondante de Radio-Canada à Washington, Julie Miville-Dechêne, nous fait part de révélations contenues dans des documents secrets récemment déclassifiés.

Julie Miville-Dechêne nous apprend qu’au milieu des années 1970, l’administration du président Richard Nixon avait secrètement entrepris des négociations pour renouer les relations avec le régime de Fidel Castro.

Le reportage de la correspondante de Washington est présenté au Téléjournal qu'anime Michèle Viroly.

C’est le numéro un de la diplomatie américaine, Henry Kissinger, qui lance une perche vers Cuba.

Kissinger affirme à ses assistants qu’il faut jouer franc jeu avec Fidel Castro et que les États-Unis changent de direction envers Cuba.

Ces pourparlers secrets auraient été annulés en 1976, lorsque Fidel Castro a envoyé des soldats en Angola pour appuyer le régime communiste qui menaçait de s’écrouler.

Encore plus étonnant, on apprend que le président John F. Kennedy s’était rendu compte dès 1963 que l’imposition de l’embargo contre la révolution cubaine avait été une erreur.

Selon l’attaché de presse de John F. Kennedy, Pierre Salinger, le président comprenait que l’embargo pouvait jeter Fidel Castro irrémédiablement dans les bras de l’Union soviétique.

Ces révélations ont été faites en 1994 pour convaincre l’administration du président Bill Clinton de changer son attitude intransigeante en ce qui concerne Cuba.

Par la suite, si le président Barack Obama a assoupli certaines dispositions de l’embargo, le président Donald Trump les a durcies à son arrivée à la Maison-Blanche.

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