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Traité New Start : les États-Unis rejettent la proposition russe

La Russie et les États-Unis détiennent plus de 90 % des armes nucléaires dans le monde.

Topol M, un missile russe intercontinental.

Un missile russe intercontinental Topol M

Photo : The Associated Press / Alexander Zemlianichenko

Agence France-Presse

Les négociations sur une prolongation du traité de désarmement russo-américain New Start, qui expire début 2021, sont de nouveau dans une impasse, vendredi, après le rejet par les États-Unis d'une proposition de la Russie.

Durant une réunion de son Conseil de sécurité, Vladimir Poutine a proposé de prolonger l'accord actuel sans condition pendant au moins un an afin d'avoir la possibilité de mener des négociations nourries sur un nouveau traité.

Cela repousserait jusqu'à février 2022 la validité de l'accord, alors que les négociations n'ont pas abouti jusqu'ici et que la présidentielle américaine du 3 novembre pourrait rebattre les cartes.

Inacceptable, a répondu le conseiller du président américain Donald Trump pour la sécurité nationale, Robert O'Brien, appelant Moscou à revenir sur sa position avant une course aux armements coûteuse.

Or, trois jours plus tôt, c'est la Russie qui avait jugé inacceptable une offre américaine visant à prolonger le traité d'un an, mais avec un gel des arsenaux nucléaires des deux puissances.

Cela aurait été une victoire pour les deux camps, et nous pensions que les Russes étaient prêts à accepter cette proposition quand j'ai rencontré mon homologue à Genève, a déploré Robert O'Brien.

Le traité New Start, conclu en 2010, maintient les arsenaux des deux pays bien en deçà de leur niveau de la guerre froide, limitant à 700 le nombre de lanceurs nucléaires stratégiques déployés et à 1550 le nombre de têtes nucléaires.

La disparition de ce dernier grand accord bilatéral régissant une partie des arsenaux des deux adversaires géopolitiques, négocié à l'époque des présidents Barack Obama et Dimitri Medvedev, laisse craindre la résurgence d'une course aux armements. La relation entre les deux géants risque aussi de se déliter encore davantage dans un secteur hautement sensible.

La Russie et les États-Unis détiennent toujours, à eux deux, plus de 90 % des armes nucléaires dans le monde, selon le dernier rapport de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).

Depuis des mois, Washington et Moscou négocient âprement pour trouver un terrain d'entente.

Nouvelles armes russes « invincibles »

Lors de la réunion avec Vladimir Poutine, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, s'est même dit favorable à la prolongation pure et simple de l'accord actuel pour cinq ans.

Il est néanmoins disposé à négocier un nouveau document, et affirme avoir transmis des propositions concrètes à Washington.

Le président russe a lui estimé qu'il serait extrêmement regrettable que le traité arrive à terme sans être remplacé, saluant un accord ayant permis, selon lui, de limiter la course aux armements.

D'autant que son homologue américain a déjà renié le traité INF sur les missiles terrestres de moyenne portée, et le traité Ciel ouvert, ou Open Skies, visant à vérifier les mouvements militaires et les mesures de limitation des armements des pays signataires.

Concernant New Start, les États-Unis insistent, jusqu'ici sans succès, pour que le traité qui sera appelé à lui succéder concerne aussi la Chine.

Et ils veulent que le document traite également des armes nucléaires tactiques ainsi que des nouveaux types d'armement que la Russie se targue d'avoir développé.

Il est clair que nous avons de nouveaux systèmes d'armement que les Américains n'ont pas, du moins pour le moment. Mais nous ne nous refusons pas de discuter cet aspect de la question, a assuré Vladimir Poutine.

La Russie a développé, ces dernières années, une nouvelle génération d'armes, parmi lesquelles des missiles présentés par le président russe comme invincibles car hypersoniques, sur fond de tensions envenimées avec Washington.

Pour l'expert militaire russe Vassili Kachine, les Américains proposent un accord radicalement différent de New Start, ce qui en l'état est inacceptable pour Moscou.

Dès lors, un prolongement de l'accord d'un an serait à ce stade la variante idéale, selon l'expert.

C'est une chance de sauver l'accord avant une élection présidentielle américaine incertaine, estime-t-il.

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