•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’exemption de quarantaine fédérale frustre un homme qui veut voir mourir son frère

Dean McDonald et Chris McDonald, souriants.

Dean McDonald, à gauche, est en phase terminale de cancer. Son grand frère, Chris, à droite, tente de le voir avant sa mort.

Photo : Chris McDonald

Radio-Canada

Chris McDonald affirme qu’il lutte contre la bureaucratie canadienne afin d’obtenir une exemption de quarantaine pour pouvoir assister à la mort de son frère, prévue le 20 octobre. Il attend depuis une semaine pour savoir si une levée de la quarantaine pour des raisons humanitaires lui sera accordée.

Il détient la double nationalité américaine et canadienne et habite en Californie. Normalement, il aurait obligatoirement à se placer en quarantaine pendant 14 jours en entrant au Canada.

Or, son petit frère, Dean McDonald, est atteint d’un cancer en phase terminale. Il a prévu de recevoir l’aide médicale à mourir le 20 octobre, à Winnipeg.

Je n’ai pas vu mon frère depuis cinq ans, j’ai pu lui parler au téléphone, mais ce n’est vraiment pas assez, affirme Chris McDonald.

La semaine dernière, le gouvernement fédéral a ajouté une levée de quarantaines pour des raisons humanitaires. Ces nouvelles règles permettent à une personne de rendre visite à une personne mourante ou d’assister à des funérailles, pourvu qu’elle ne présente pas de symptômes de la COVID-19.

Les candidatures pour l'exemption ont ouvert le 8 octobre. Le lendemain, Chris McDonald a soumis le formulaire en ligne, avec une lettre de l'infirmière aux soins palliatifs de son frère et de la femme de celui-ci.

Il a pris l’avion pour Winnipeg et a commencé à s'isoler dans un chalet familial sur le lac Winnipeg, en attendant l'approbation d’Ottawa.

J'attendais patiemment au début, mais ensuite j'ai commencé à appeler divers numéros [du gouvernement fédéral] et je n'ai jamais obtenu de réponse, dit-il.

Il affirme que des représentants provinciaux lui ont expliqué que même s'il répond aux exigences provinciales pour rendre visite à son frère, il a toujours besoin de l'approbation des fonctionnaires fédéraux.

Radio-Canada a communiqué avec le ministère fédéral de la Santé le 15 octobre au sujet de cette affaire. Quelques heures plus tard, Chris McDonald a reçu un appel téléphonique l’autorisant à voir son frère.

« Trop de lacunes »

Or, il est peut-être trop tard. Mercredi, l'état de son frère s'est détérioré et il a été transporté d'urgence de son domicile au service de soins palliatifs du Centre de Santé Riverview à Winnipeg.

Ça a été très douloureux, très frustrant et déchirant. J'ai essayé de suivre toutes les règles. Je comprends que c'est une nouvelle loi, mais il y a tout simplement trop de lacunes, lance-t-il.

Même s'il a la permission des autorités fédérales et provinciales, il doit maintenant obtenir celle de l’établissement, ce qu’une infirmière du service de soins palliatifs lui a refusé. Il prévoit maintenant de s’adresser à l'administration.

Radio-Canada a demandé au ministère de la Santé si le gouvernement allait accélérer les demandes urgentes. Le ministère n’a pas répondu à la question.

Dans un courriel, un porte-parole de l’Agence de la santé publique du Canada indique que l’approbation d’une demande peut prendre jusqu’à sept jours.

Chris McDonald n’est pas satisfait. Son frère est en train de mourir. Il faut qu’ils comprennent que lorsqu’on parle d’une personne mourante, l’échéancier n’est pas particulièrement flexible, fait-il valoir.

Avec les informations de Marina von Stackelberg

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !